A quoi bon se mentir, voyons la vérité :
Nous vivons une époque insipide et brutale,
La chose matérielle apparaît capitale
Et le monde fait fi de son hérédité...
L'on ensence l'obscur et la banalité,
L'excellence n'est plus l'idéal suprême,
Plutôt que le travail l'on flagorne à l'extrême,
Complice du nons sens, la moindre absurdité...
Sur l'autel du profit périt l'humanité,
Funeste, la laideur sans fin se perpétue,
Appâté par le gain l'homme se prostitue
Et galvaude son oeuvre avec duplicité...
Il n'est plus un domaine où survit l'équité,
D'une haleine fétide éclaboussant son âme,
Le désir de richesse époumone la flamme
Et de ses bras puissants étouffe la clarté...
Qu'importe le talent, le sensible et le beau,
Inculte, l'art se vend comme une marchandise
Et l'artiste lui-même, atteint de couardise,
Pour un maigre salaire immole son flambeau...
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