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Les Innommables

Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 19:27

 

 

Tous mes amours d’antan sans tristesse me quittent,

Les sentiments anciens lentement se délitent,

J’entends mes souvenirs, vénérables vieillards,

S’édulcorer sans fard sous l’aile des brouillards…

 

L’esprit enrubanné d’une écharpe jacinthe,

Emporté, bienheureux par des vapeurs d’absinthe,

Caressant du regard des horizons discrets,

Je musarde lascif en des jardins secrets…

 

Dérivant vaporeux sur le flot de l’ivresse,

De l’alcool chaleureux je reçois la tendresse,

Tout ce que j’ai chéri, conquis ou détesté,

Se pare de douceur sans aucune âpreté…

 

Merveilleuse ambroisie à la robe fleurie,

De toi, renaît l’espoir, l’infidèle égérie,

Douce métamorphose apaisant le tourment,

Tout ce qui fut s’estompe et revient autrement…

 

Humectant mon gosier de cet ambre liquide,

Côtoyant le divin, j’ai l’oubli du sordide,

De la vie effaçant le visage cruel,

Libéré, je m’envole au delà du réel…

 

………………………

 

 

Sans te regarder,

Sans même m’arrêter,

Je suis passé devant toi ;

Egoïste, je n’ai vu que moi…

              

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Inspirations poétiques
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 19:01

                  

Sous le fardeau des noms se brise l’harmonie,

Tout ce qui est uni veut sa part du festin,

D’un « Je » chacun devient un unique destin,

De la paix, de l’amour…, commencent l’agonie…

 

S’éveille lentement le regard singulier,

Ce qui, hier, était d’une même nature

Ne se reconnaît plus et se caricature,

De mot en mot, se fend le ciment séculier…

 

Quand du culte du soi vient l’incompréhension,

Sous le masque des mots se commet l’imposture,

Quand le chant devient « Dieu » survient la dictature,

De l’unité, l’Ego prêche l’abolition…

 

Quand le verbe divise au lieu de fusionner,

D’ineffables rancœurs provoquent le séisme,

Le peu d’appartenance engendre l’ostracisme,

Monte des profondeurs un souffle empoisonné…

 

De la maigreur du lien s’étend la solitude,

Sur d’aveugles récifs se perd le sentiment,

Des royaumes d’orgueil en disent le tourment,

De l’immonde clameur s’épand la servitude…

 

Quand le verbe s’impose, ô ! Vive exclamation,

C’est Narcisse qui chante, à tous êtres se nomme,

Chacun s’élit d’un son, regardez voici l’homme !

Et le monde frémit sous cette exclamation…

                                                        




………………………………         

 

 

 

Quand l’homme s’élit Dieu,

Commence la dictature !

 

 


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 18:44

 

Où es-tu ? Le sais-tu ? Déjà le vent t’emporte,

Le ciel est gris, j’ai froid, demeure près de moi !

Je n’ai que ton parfum, ne ferme pas ta porte !

J’ai la chair éveillée, apaise mon émoi…

                                                 

J’entends roder la mort, toutes les rues sont vides,

Dans ce caveau, cloîtrés nous sommes condamnés !

Déjà tu vas partir, je veux aimer tes rides !

Si tendres sont tes doigts, dans tes bras je renais…

 

Un escadron barbare embrase nos églises,

La mort se perpétue, attise mon désir !

Je ne sais plus ton nom, nos enfants agonisent,

Mon corps se désagrège, ici je peux mourir…

 

Le temps ne compte pas, je n’ai plus de racines,

Donne-moi le plaisir ! Je ne sais plus jouir,

Fais-moi rire autrement, je veux bannir les ruines,

Apporte-moi l’oubli ! Je n’ai plus d’avenir…

 

La démence de l’homme ensevelit la ville,

Hors de cette prison le fauve se repaît,

Je t’aime ! Le sais-tu ? Ton corps est si docile,

Que m’importe l’issue, en toi je suis en paix…

 

Le monde, d’une main, obture ses oreilles,

Je n’ai plus de parents, rien que toi pour présent,

Dehors est véhément, les consciences sommeillent,

Donne-moi tes baisers ! Mes lèvres sont en sang…

 

Couche moi sur ton lit, offres moi ta tendresse,

Fais-moi croire à demain, je n’ai plus d’autre espoir,

Une fois, je veux voir mon regard sans détresse,

Fais-moi l’amour plus fort ! C’est notre dernier soir…

 

 

 


 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les artistes engagés
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 18:22

                          Inutile est l’offrande, en ruine est notre église,

Sur le marbre élimé, vois cet homme allongé !

Il parait assoupi sous la rotonde grise

Mais son corps est absent au regard affligé…

 

Vois cet homme dormir ! Il a cessé de vivre,

Comme est triste la mort l’emportant sans adieu,

Ton cœur est aveuglé comme couvert de givre,

Tu passes sans le voir et tu vas prier Dieu…

 

Oublieux de l’amour par simple négligence,

Chuchotés, tous tes mots s’annoncent disgracieux,

A quoi bon, à genou, quémander l’indulgence,

Moribond est l’espoir quand se vident les cieux…

 

Plus de nuit, plus de jour, plus de terre promise,

Plus de tendres lueurs dont l’esprit est fervent,

Plus un instant de paix la douleur s’éternise,

Plus un souffle amoureux sur les ailes du vent…

 

D’une morne couleur s’installe l’habitude,

Les hommes sont ainsi sans élan ni pitié,

Le monde se flétrit broyé de solitude,

Ne reste sur la croix qu’un prophète humilié…

 



      

………………………       

              

            

Saumâtres, les égouts rejettent sur la plage,

Les saumâtres déchets gênant le paysage,

De taudis en ghettos, sans remords ni chaleur,

Ici, la société déverse sa douleur

                 

 

 


 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les artistes engagés
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 18:12

 

Saumâtre et long, le jour s’annonce lapidaire,

Vois ! La dame de pique aiguiser ses poignards

A ses jupons pendus d’innommables bagnards

Consument la lueur du divin lampadaire…

 

Sans éclat, le conforme étreint l’imaginaire,

Poète sans orgueil, de sentiments mignards,

Tu souilles la clameur de tes mots charognards ;

Valet du consensus, tu survis mercenaire…

 

Révolte, ô ! Vérité ressuscite en mon cœur,

Du lyrique et du beau fais de moi le vainqueur,

Du souffle incandescent je veux trouver l’éthique !

 

O ! Muse, ô ! Miroir, d’un verbe flamboyant,

Offrez-moi la splendeur du pouvoir poétique,

J’en serai l’insoumis, le coupable voyant… !

 

 

         
...........................................................................                                                         





Je voudrai être là-haut

 

Et…, m’envoler plus haut,

     

Plus haut que les oiseaux

 

Dans l’immensité libre

Là…, où les étoiles migrent… 

                             

 

 

 


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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