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Les Innommables

Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 03:00


Monsieur le Président,

De ci de là festoyant,

Je vous sais fort occupé

Acceptez mon audace,

Pardonnez mon insolence…

 

Avant qu’il ne soit plus temps,

Faites preuve de patience,

Donnez moi une place,

Lisez donc mon poème.

 

En partance vers d’autres rivages,

Enfant de bohème,

Poussière sur les rives de l’âge,

Simplement de passage,

Je vous écris dans l’urgence…

 

Je suis la misère

Celle qui a toujours faim,

Celle dont la prière

Dérange les ventres pleins…

 

Je suis l’âme des rues

Précaire, je rode sans logis,

Je suis l’autre visage,

La honte de ce pays…

 

Je suis la conscience

De ceux qui n’ont rien,

Je parle du douloureux silence

De ceux qui n’attendent rien…

 

 

 

 

Je suis l’innommable,

L’inénarrable clameur…,

J’habite rue du sordide,

Venez donc partager mon destin.

 

Je vous invite à mon festin,

Nous ne ferons point de baise main,

Point besoin non plus d’habits de gala,

Amené plutôt votre repas…

 

Je vous convie à la pauvreté,

Au bal des maudits,

Puissiez-vous entendre battre son cœur,

Ce qu’il en reste encore d’humanité,

Venez l’entendre geindre

A moins, que cela ne vous fasse peur…

 

…………………..

 

 

 

 

 

 


 

Que sais-tu de moi,

Toi qui ! Me juge certain ?

Folle, est ta certitude,

Quand à l’ultime porte

Toque la faucheuse,

Nous partons tous,

Puissants ou misérables

Dans la même solitude,

De l’injuste, le ciel se purge !

 

 

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poetes Maudits
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 02:52


 

L’uniforme étranger, sinistre matador,

Séquestre l’horizon au creux d’un mirador,

A chaque pas, la haine érige son outrage,

O ! Funeste terreur, regarde ton ouvrage…

 

D’une ardente froideur, d’un tison sans chaleur,

L’écharde, dans ma chair, triture la douleur,

La blessure du corps n’est qu’une ombre visible,

La coupable laideur s’éternise indicible…

 

Dans mon regard, la peur me fait voir autrement,

J’éprouve, sans répit, un sombre sentiment,

Distillant dans mon cœur l’ineffable détresse,

L’horreur ne dit pas tout, le silence m’oppresse…

 

En cette ère barbare, insoumise au hasard,

Intraitable la mort affûte son poignard,

Qu’ai-je donc entrepris pour subir la torture ?

Quel est donc mon péché, dites moi sa nature… ?

 

De mon humanité dois-je faire abandon ?

Me faut-il expier pour trouver le pardon ?

Amour te souviens tu de nos nuits de bohème

Où sur l’olivier s’inscrivait le poème… ?          

 

L’atrocité présente étreint le souvenir,

L’avenir est en sang, qu’allons nous devenir ?

La crosse du fusil, son écho terroriste,

Hante mon cauchemar, plus rien d’autre n’existe…

 

……………………………… 

 


 

 

J’ai fouillé du regard les couloirs du hasard,

Longuement, j’ai marché solitaire et hagard,

Je me suis enfermé dans un rêve bizarre,

Et je suis resté seul sur le quai d’une gare…

 

 

    


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 02:46

 

L’orange au firmament se fane tristement,

Par l’humaine fureur continûment punie,

De sa beauté d’antan ne reste qu’asthénie,

De son martyr, l’esprit se moque éperdument…

 

Ne peut-on point survivre autrement que dément ?

O ! Chagrin, amertume, absous l’acrimonie !

Complice, en vérité témoin de l’agonie,

Je contemple, effaré, l’indigne châtiment…

 

L’ineffable bêtise allaite le pillage,

De jour en jour s’étend l’indécent gaspillage,

Le ciel, la mer, la vie en subissent l’affront…

 

Source et racine, ô Terre ! Apostrophe l’immonde,

Désigne le fautif, fait lui courber le front,

Enseigne à son Ego le respect de ce monde… !

 

………………………………..

 

 

 

 

Les roses du bitume ont la racine amère,

J’ai rencontré l’enfer, si triste est notre terre,

Tout le sel de l’espoir, je l’achète à crédit,

Que m’importe le prix chaque jour est maudit…

Pour libérer le ciel de sa douleur nocturne,

J’errerai dans l’aven pour décrocher la lune…

 


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : au fil des mots
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 01:35

 

J’aime l’intimité des venelles sordides,

Du maigre et du fluet, les fragrances fétides,

La misère engluée aux goulets saturés,

Ces borgnes fenestrons par le vice, obstrués,

Qui ne laissent passer que secrètes lueurs

Dont j’invoque ravi les coupables chaleurs

 

J’aime l’obscurité, sa promesse infidèle,

Qui me laisse entrevoir tout un peuple rebelle,

Ironique, oublieux du conforme et du beau,

Du modèle établi dépravant le flambeau,

Eructant bruyamment son refus de ce monde

Et pissant sa douleur sur les pieds de l’immonde…

 

J’aime tous ces enfants mis au banc en ces lieux,

Ils épanchent leur soif autrement que mielleux,

D’une saine colère, embrasant les banlieues,

Leur courroux, d’un écho, rebondit à cent lieues…

Laissant coi le pouvoir moribond et hagard,

Comme est belle la peur oppressant son regard…

 

J’aime les insoumis, cette ardeur anarchique

Etripant l’injustice et son ordre hiérarchique…

Exhibant sa laideur, sa triste vérité,

La misère est un lien, comme une identité,

De l’aven ressurgit la fièvre salutaire,

De l’imminent chaos, je serai solidaire…

 

……………………………

 

 



 

Ai-je vraiment vécu ? Le temps est illusoire…

Ai-je vraiment vécu ? La gloire est accessoire…

 

 

 


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 01:22

                          

Quand ténébreux, le ciel trace des métaphores,

Quand d’un linceul de plomb s’obscurcit l’horizon,

Lorsque orageux, le temps transforme la saison,

Sur la Terre, les dieux renversent des amphores…

 

Quand de l’aven surgit barbare, l’aquilon,

S’élèvent de partout des clameurs fratricides,

Lorsque l’esprit se pend à des silex perfides,

La haine dans les cœurs évase son sillon…

 

Au contact des regards s’hérisse l’épiderme,

D’étranges sentiments maintiennent la stupeur,

Lorsque la zizanie alimente la peur,

L’infâme, lentement, enracine son germe…

 

Il suffit de bien peu, d’un numéro d’acteurs,

D’une frustration naît la belligérance,

Toujours prête à jaillir couve l’intolérance,

Rodent dans les esprits d’odieux prédateurs…  

         

Quand  le doute devient roi ! S’étend l’imposture, 

Fille de la rancœur, d’un mensonge bénin,

Sournoise la rumeur diffuse son venin,

Sous un masque pervers s’étend la dictature…

 

Alors des profondeurs, les hommes de pouvoir

Surgissent de l’abysse et montrent leurs visages,

Prêcheurs ou bien guerriers aux sanglants arbitrages,

Complices de l’abject sans même s’émouvoir…

 

Plus de nuit, plus de jour, l’immonde s’éternise,

Par le fer, dans le sang, d’innommables catins,

Astreignent l’univers et de chairs font festins,

Crucifié, l’amour, longuement, agonise…

 

Charognards et vautours s’élisent souverains,

Sans larme ni remords, bâtisseurs de misères,

L’or noir, l’appât du gain, font monter les enchères,

De la mort, l’on entend les tragiques refrains…

 

Il flotte une indicible effluence fétide,

De l’Eden de naguère il ne reste plus rien,

L’on dit que c’est la guerre, il pleut au quotidien,    

Mais aucun de connaît l’agent du génocide…

 

Partout du Nord au Sud et plus au sud qu’au nord,

Terribles, l’on entend des plaintes meurtrières,

De partout des titans creusent des fondrières,

Le faible, de subir, ignore d’autre sort…

  

Ignorant de la paix les vertus salutaires,

Sans race ni couleur par le feu, décimé,

Se traîne dans l’effroi tout un peuple opprimé

L’innocent en subit les dictats arbitraires…

 

De perfides valets s’engraissent du larcin,

De la vie à la mort, d’un honteux privilège,

Famine et pauvreté suivent l’hideux cortège,

Sur la Terre s’épand le terrible assassin…

 

De douleurs et d’horreurs se nourrit la vermine,

Insensible à autrui, l’Ego concupiscent    

Essaime le malheur et s’en moque indécent,

De son œuvre, orgueilleux, il se dit légitime…

 

De l’ouest jusqu’à l’est, l’inhumaine raison,

Endeuille l’oasis, l’orient est en flamme,

D’un écho, la rancune émorfile sa lame,

Il n’est plus de refuge autre que sa prison…

       

D’hallucinants oiseaux, d’une noirceur d’ébène,

Emplissent tout l’espace, affamés de martyrs,

Cannibale, le ciel assassine à loisir,                   

Il se ronge les sangs et sa peau se gangrène…

 

O ! Prophète oublié regarde le bourreau,

Il invoque ton nom pour s’absoudre du crime,

Écoute-le prier sur le bord de l’abîme :

Comment lui pardonner de souiller ton tombeau… ?


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les artistes engagés
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