Présentation

Recommander

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Texte Libre

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Les Innommables

Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 18:01

O ! Souffrance, ô chagrin ! Agaçant châtiment,

Aux quatre coins du vent se répand l’ecchymose,

Lactescent, ton visage en reflète la chose,

Flageolant mon orgueil d’un moindre sentiment…

 

Je suis l’homme arrogant, du fléau, le ciment !

Complice du démon, avec lui, je compose,

Endeuillant l’horizon, d’un glaive sanglant, j’ose,

D’un soupir, insolent m’absoudre du tourment…

 

Essartant la nature, au gré de mes caprices,

J’asservis sa splendeur l’entachant de varices,

Le ciel, la mer, la terre en essuient le mépris…

 

Ne me déjugez point ! L’intérêt prédomine,

Coupable, que nenni ! Vous n’avez rien compris,

Mon Ego, d’un désir, lentement m’extermine…

 

………………………….

 

 

 

 

 

Mon cœur, vois là bas, cette longue cohorte,

Cette foule en lambeau s’estomper dans la nuit,

Vois ! Blasé ce soldat sur le fil de l’ennui,

Vois, partir ce wagon, c’est l’amour qu’on emporte…

 

 

 

 


Holocauste…  

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : La voix du coeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 17:53

 

 

Epris d’égalité, je voulais son baiser,

Comme cible l’amour, j’ai cru l’apprivoiser,

Des hommes sont venus condamner mon audace,

Ils m’ont roué de coups me désignant ma place…

 

C’est le prix du délit, le verdict sans crédit,

Le retour de l’affront, rêver est interdit…

La commune raison limite la prière,

De hauts murs de granit signalent la frontière…

 

Je n’ai pas accepté la laideur du taudis,

Je n’étais qu’un naïf aux espoirs inédits,

Du précepte divin, de la sainte écriture,

Je me suis baptisé d’une égale nature…

 

J’ai décliné mon nom, invoqué le flambeau,

A genou, j’ai prié le solennel tombeau,

De la fraternité proclamé les racines,

J’ai brandi le recueil venu des origines…

 

A l’aquilon haineux, le charbon de ma peau

Proclame sa couleur, porte fier son drapeau,

Sur le front de l’abject j’incruste ma souffrance,

La beauté de mon sang face à l’intolérance…

 

En retour, j’ai reçu…, l’offrande du maton,

L’entrave du collier, l’âpreté du bâton,

Le regard de Caïn, le procès de l’outrance,

Le calvaire et sa croix, la fin de l’espérance…

 

Dans le blême matin, je quitte le cachot,

Etranger au bourreau, je monte à l’échafaud,

Je marche vertical lorgnant la guillotine,

Le tranchant de l’acier entrave ma poitrine…

 

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poetes Maudits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 00:50

 

Captifs d’univers clos, en d’obscures cités,

Au seuil de l’abandon, témoins de l’ostracisme,

Sur le fil du rasoir, des enfants dépités

Déambulent sans nom, victimes du racisme…

 

Hideuse, sur les murs, fleurit l’iniquité,

Dans la marge, exilés, les exclus du partage

Apostrophent d’un cri l’injuste société,

De leur lieu de naissance, ils deviennent l’otage…

 

Oubliant en chemin son vœu d’égalité,

Bâtisseur d’âpretés dont nul ne peut s’absoudre,

Indifférent le monde enfouit sa pauvreté,

Défaillant, il s’assoit sur l’énigme à résoudre…

 

L’exclusion nourrit l’aigreur du sentiment,

L’avenir est en deuil, en quête d’espérance

Tout un peuple précaire erre continûment,

L’incendie à venir en clame la souffrance…

 

D’une escarbille éclos la terrible rumeur,

Pas à pas, la mer gagne et l’horizon s’embrase,

De l’aven en béton s’élève la clameur,

Ecoute sa rancœur, c’est l’amour qu’elle écrase…

 

……………………………………

 

 

 

 

 

De la bonté à la trahison,

De l’habitude à la passion,

De l’espérance au naufrage,

De la lâcheté au courage,

De la haine à l’amitié,

La raison pour folie

Et de raisons et de folies unies,

Aux creux de nos poitrines,

Au-delà de nos tristes mines,

D’un besoin d’amour,

L’étoile brille toujours…


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : La voix du coeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 00:44

Guernica mon enfant, sans remords les oiseaux,

Découpent l’horizon à grands coups de ciseaux,

Manhattan est en sang, l’Amérique est en larmes,

Le verbe est orphelin quand mugissent les armes…

 

Oradour mon amour, le funeste taureau

Réveille la douleur du sinistre carreau,

Revoici l’infamie ! Un souvenir posthume

Emporte vers Madrid son wagon d’amertume…

 

Jérusalem ma mie, en ton sein tourmenté,

Des étoiles de sang se fanent sans beauté,

D’un effroi, l’araignée en ton cœur s’éternise,

Sous le joug du canon ton espoir agonise…

 

De Kaboul à Groznyï fleurissent des ghettos,

L’intolérance émoud de tragiques couteaux,

Egoïste, l’esprit instaure la censure,

L’étau du cauchemar évase la césure…

 

Le factum du goulag, le faubourg de l’horreur

S’échappe des recueils, victime de l’erreur,

Sur le fil du hasard un martyr se balance,

Le cri de l’innocent épaissit le silence…

 

Des sanglots du pendu, de l’enfant sans tombeau,

Du calvaire des camps, du sinistre flambeau,

D’Igor et de Lévy, fantômes de l’histoire,

Ma pauvre Anne, pardon ! Le monde est sans mémoire…

 

Fraternité ma sœur, le souffle du démon

Ensevelit ta chair dans l’aven sans limon,

Le garrot des terreurs alourdit la contrainte

Et l’homme de ton nom édulcore l’empreinte…

 

............................................




 

Triste et brumeux, le jour s’annonce épouvantable,

De suie et de crachin le ciel rode en lambeau, 

Sinistre et nasillard s’époumone un corbeau, 

Dans l’aube s’insinue une voix détestable…

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : poésie en vrille et en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 03:05


Sous un magma de fer, de béton et de cendres,

Des œillets rouge sang endeuillent les cœurs tendres

Le train des innocents n’ira plus autre part,

Les oiseaux migrateurs ont raté le départ…

 

Plus un rêve ne part, nos poitrines sont vides,

Les wagons sont en feu, nos lèvres sont livides,

Des fantômes de trains rodent dans nos regards,

Dans l’aurore…, esseulés, tous nos pas sont hagards…

 

Nos rires sont partis sur le quai de la gare,

Nous irons à Madrid cueillir une fleur rare,

Etrange carriole où sommeillent les morts,

Un sinistre taureau l’empale sans remords…

 

Sombre matin de mars, au sillon d’une larme,

Voyez cette catin ! Nouer le fil du drame,

Elle cherche un amant dans le vil charnier,

Par sa main, garrotté…, l’amour prisonnier…

 

Nous irons à Madrid cueillir une fleur rare,

Nous irons à Madrid pleurer dans cette gare,

Nous n’irons pas ailleurs, nous prendrons le départ,

Du chagrin de Madrid nous prendrons notre part…

 

Nous irons à Madrid prendre part au silence,

Nous irons à la gare éprouver sa souffrance,

Nous partirons en train allons nous recueillir,

Nous partirons en train afin de nous vieillir…

 

Nous n’oublierons jamais Madrid, tous ses visages,

Sa gare et puis ses trains absents de nos rivages,

Nous n’oublierons jamais les yeux de son martyr,

A chaque mois de mars vivra le souvenir…

 

Nous irons à Madrid pour répondre à l’outrage,

Tous les trains pour Madrid sont des trains de partage,

Nous verrons la famille et ses enfants perdus,

Nous verrons, un par un, les amis disparus…

 

  Nous irons à Madrid avec une fleur rare,

Du sel de nos sanglots nous fleurirons sa gare,

Nous partirons en train dans le sombre matin,

Nous irons au tombeau pour en faire un jardin…

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés