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Les Innommables

Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 12:39

 

 


Terrible messager, saumâtre charognard,

O ! Sinistre corbeau délivre ton message,

Crachouille ton venin et quitte mon rivage,

Je sais déjà Pluton aiguiser son poignard…

 

Pitoyable destin que l’espoir fracassé,

A quoi bon contempler ce morne paysage,

Immuable Charon, ouvre-moi le passage,

Puisqu’il faut en finir, abrogeons le passé… !

 

Emporté par le fleuve, à ce monde, étranger,

De l’insondable aven, je franchis le portique,

Egaré dans l’ennui, sur l’encre désertique,

Immobile, je vogue autrement naufragé…

 

Condamné, sans pardon aux flammes de l’enfer,

Plutôt que de courber, humilié, l’échine,

Arrogant, le front haut, provocant la vermine,

Avec tous mes démons, je croiserai le fer…

 

Styx, monstrueux serpent aux neuf anneaux maudits,

D’avoir par tes yeux vu la belle Proserpine,

Je déclame, le cœur percé par une épine,

L’imputrescible soif des plaisirs interdits…

 

…………………………..

 

 

 

 

 

L’imaginaire comme lieu de passage,

Comment accepter l’indicible naufrage… ?

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 12:18

 

Et, claque le fouet ! Sur la peau de l’esclave,

O douleur ! De l’injure offre-moi l’abandon,

Du parjure, absous moi, permets moi le pardon,

Ne courbe pas mon front, enlumine l’enclave…

 

Et, claque le fouet ! Cogne, bourreau, plus fort !

O courage ! Apprends-moi l’essentielle distance,

Que je puisse apaiser l’asthénie en silence,

Qu’en mon honneur sauvé, je trouve réconfort…

 

Et, claque le fouet  de l’humeur fratricide !

Regardez, ô ! Seigneur, le carmin de mon sang,

Coule-t-il autrement que celui du passant ?

Pourquoi, dois-je en subir le prix de l’homicide… ?

 

Et, claque le fouet ! Dans la main de Caïn,

D’où vient cette rancœur, ne suis-je pas son frère ?

Tout au fond de son cœur, c’est l’amour qu’il enterre,

Du ferment du délit, je n’en comprends aucun…

 

Et, claque le fouet ! Le fer de l’ignorance,

Humilié, battu, j’en encaisse le prix,

D’être né différent, je connais le mépris,

De mon humanité viendra la délivrance…

 

………………………..

 



 

Vouloir juste que l’on m’accepte,

Juste vouloir que l’on me respecte… !

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 12:34

 

 

Ecoute la clameur, son souffle génocide,

Elle enfle, elle grandit, colporte la terreur,

Des mamelons de terre en racontent l’horreur,

Sans cesse, s’accomplit le geste infanticide…

 

Comment survivre encore…, autrement que lucide ?

Sans raison ni remords, sinistre procureur,

L’homme est un animal, comme pris de fureur,

Tout le long de l’histoire il n’est que fratricide…

 

Dans les yeux de l’enfant s’éternise la peur,

Hypocrite, le monde énonce sa stupeur

Et repart au combat…Oublieux, il s’accuse…

 

A quoi bon se leurrer, nous sommes des damnés,

Incapable d’amour, c’est la paix qu’on récuse,

Pourvoyeurs de tourments, nous naissons condamnés…

 

……………………………………

 

 

 

 

 

Glanant d’un effluve, le pollen d’un parfum,

Je m’éloigne du vécu, de sa morne façade,

Accueillant le désir d’un arôme de thym,

D’un songe, énamouré, mon espoir se ballade…

 

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Inspirations poétiques
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 02:52

 

D’où vient cette araignée étendue en étoile,

La vie, in extenso, s’est prise dans sa toile…

Contemplez, ô ! Seigneur, cet animal velu

Broder le liseré de ce gouffre absolu

Et…, l’encre, trace d’or de la sainte écriture,

N’émousse pas le cri de l’homme qu’on torture…

 

Moribond, le soleil s’épuise dans la nuit,

Las, le geôlier baille, indolent, son ennui,

En observant l’oiseau s’époumoner d’une aile…

Peux-tu t’en souvenir ? Elle était pourtant…, belle

Dans sa robe, au printemps, s’envolant sans corset,

Liberté ! Me dis-tu ? J’ai cru l’apprivoiser…

 

Sous l’étreinte de fer, au creuset de l’enclave,

Liberté ! Liberté ! Crient les mains de l’esclave,

Liberté, mais il vient…, te l’offrir le démon,

Liberté de souffrir dans l’oued sans limon,

Il passe le voleur comme un buffle sauvage

Et libre tu seras ! Dans la mort sans visage…

 

Sans cesse aiguillonné, le souffle de la haine

Infecte les esprits de sa putride haleine,

Dans l’âpre chuchotis d’un antique refrain,

Il revient au matin aux espoirs mettre un frein,

Dans l’aquilon cruel je cherche l’étincelle,

Cette femme aux yeux verts que l’on dit éternelle…

 

.............................................

 

 

 

Le monde s’agite

De tout ce qui m’habite,

Sur le tranchant de l’abîme,

Je cherche la cime…


Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 02:36

 

Tuberculeux, le temps s’annonce épouvantable

Et…, de l’aube en haillons, visqueux suinte l’ennui.

Les poumons encrassés de salpêtre, la nuit

Crachote des fragments d’une aigreur détestable…

 

Je supporte le poids d’une époque innommable,

La terreur et les cris de l’humaine clameur,

J’ai beau prier, pleurer, se répand la tumeur,

La honte sur mon front m’en dit l’insupportable…

 

Le monde indifférent se moque de l’outrage,

Dédaigneux, d’une moue, ignore l’agoni,

Le poète comprend, continûment puni,

Il se sait asservi, réduit en esclavage…

 

Le félibre exilé par l’immortel enrage,

O ! Père infanticide, entends fort mon déni,

Pourquoi donc me voici de l’olympe, banni ?

Quel est donc mon délit… ? J’en refuge l’adage !

 

J’égrappe, énamouré, des embruns de blessure,

D’un chétif doigt de craie au creuset du berceau,

D’une empreinte de sang je chemine sur l’eau

Et souille le feuillet d’obscures flétrissures…

 

Triste, l’âme s’instruit sur l’objet de la chose,

Solitaire, enquiert l’oracle du tombeau,

Son murmure se lève en quête d’un flambeau,

Ai-je vraiment vécu ? Le ciel est si morose…

 

Se dépose en mon cœur l’écho démoniaque,

Je gémis mon effort vers l’amour, infléchi,

Je contemple le jour que l’horizon blanchi,

Dans le gris de mes yeux brille le zodiaque…

 

             

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Coeur de poète
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