Tandis que je marchais le long d’une rivière
Et sur l’eau regardais sautiller la lumière
Qui semblait sur la rive effleurer les roseaux,
Dans un nid de verdure où chantaient des oiseaux,
À l’écart des rochers, parmi les herbes folles,
Des papillons bleutés en maintes farandoles
Egayaient le chemin qui s’ouvrait sous mes pas.
Arc-en-ciel frémissant en robes d’apparats,
De bosquets en buissons, aux contours du rivage,
La nature m’offrait ses trésors en partage…
La vie, enluminée, exaltait ses couleurs,
Sur l’instant j’oubliais la mort et ses douleurs,
Tout n’était que douceur, souvenir et tendresse
Et mon cœur retrouvait son ancienne jeunesse.
En ce lieu de mémoire à la marge du temps,
Résonnait dans ma tête une valse à quatre-temps,
Merles et sansonnets d’infinis babillages
Embaumaient la futaie. À l’abri des feuillages,
Sous un ciel immobile, un beau matin d’été,
Sur tapis de fleurs, je me suis alité…
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