Tout près d’une rivière aux limites du monde,
Comme feuillées au vent déambulent sur l’onde,
Sur la route qui mène à l’antique pont romain,
Décryptant les sillons burinés dans ma main,
Je vais conter fleurette à la belle endormie
Qui nourrit en son sein la douleur ennemie
Mais n’attend qu’un baiser pour soudain s’éveiller
Et renaître à mon bras libre d’appareiller
Sur un nuage blanc vers cette île aux rivages
Inondés de soleil où les herbes sauvages
Batifolent en paix, elle est là devant moi…
Ne sachant contenir et la joie et l’émoi,
Troubadour éclairé par les yeux d’une femme,
Le sentiment d’amour apostrophe mon âme :
J’ai rêvé d’un château dont chaque pierre tendre
Me chuchote un secret que seul je peux entendre,
Je le sais c’est ici que les coquelicots
Dévoilent de leur cœur les brûlants calicots…
A la marge du temps dans un coin de garrigue
A sa lèvre j’ai cueilli des arômes de figue…
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