Je traque aux quatre coins de moi ce que le vent
Chaparde et puis emporte en des lieux sans histoire,
Feuilles ocres, l’amour toupille sous l’auvent
Où le fil du passé s’accroche à ma mémoire…
Parvenu sur le seuil des vieilles nécropoles,
Sans âge, seul et nu face à l’immensité,
L’âme rêveuse, assis parmi les herbes molles,
Entiché d’une femme et par elle habité,
Je regarde la lune, étrange sentiment,
Bohémienne, elle glisse en jupon de dentelles
Sous des voiles de soie et donne au firmament
L’hédoniste clarté de ses lèvres rebelles…
Fugaces froissements à la morte saison,
Enluminant l’automne et ravivant la cendre,
Dans mon cœur, une voix fredonne une chanson,
Mélopée à la fois mélancolique et tendre,
C’est un refrain tzigane, un air venu d’ailleurs,
Un accord de guitare, un souffle de tendresse,
Finement ciselé par des mains d’orpailleurs,
C’est un baiser céleste, une douce caresse…
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