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Les Innommables

Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 02:33


                                     

J’extirpe de mon cœur l’ineffable tourment,

Je conjugue le verbe avec parcimonie,

Réfractaire aux dictats, j’étripe l’atonie,

Humblement, je transcris la fleur du sentiment…

 

Au hasard des feuillets, rodant continûment,

De ci delà, glanant des fragments d’asthénie,

Sur l’encre, je m’échine en quête d’euphonie,

J’apostrophe le sens jusqu’à l’écœurement…

 

Sans escale, le doute instruit mon ignorance,

Critique, mon regard nourrit mon espérance,

L’un à l’autre enchaînés naissent les subjonctifs…

 

J’égrappe, mot à mot, des embruns d’existence,

J’épanche ma substance au gré des adjectifs,

Délivrant mon esprit, j’abroge la sentence…

 

………………………................

 

 

 

Je monte et je descends,

J’apprivoise les vents,       

Garde un œil ouvert

Aux limites de l’univers…

Sur le fil de ma vie précaire,

J’invente des pas utilitaires,

Les gestes et les mots nécessaires

Pour garder ma raison entière…

Reste mon lien aux choses,

Parfois bleu, parfois morose,

Reste l’essentiel         

Sur les ailes du soleil…

                                                     

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : au fil des mots
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 03:35

                                       

L’innommable pouvoir, d’un élan corrupteur,

Métamorphose l’homme en sournois prédateur,

Pervers, l’usurier, sous son air respectable,

Érige de plein droit l’oukase inacceptable…

 

D’anonymes tyrans, d’un féroce appétit,

Asservissent le monde au seul nom du profit,

Sans race ni couleur, ils n’ont pour politique

Que l’enrichissement ignorant toute éthique…

 

D’une raison comptable, odieux dictateurs,

De l’humaine misère, ils sont les exploiteurs,

A quoi bon s’encombrer de préjugés factices,

Qu’importe la façon, il faut des bénéfices…

 

Apôtres sans remords de la précarité,

Inhumains, voyez les…, semer la pauvreté,

Oyez-les ! Banquiers, laquais de la finance,

A d’obscurs intérêts faire vœux d’allégeance…

 

Pourvoyeurs de conflits, pollueurs et pilleurs,

De la légalité, cyniques magouilleurs,

Le cœur sec, le cœur froid, plein de concupiscences,

D’un libéral projet créateurs d’indigences…

 

Victimes du délit, chômeurs et miséreux,

Des larmes du malheur, de ses flots désastreux,

Sans peur ni pitié, nommez les responsables,

D’un juste doigt vengeur, désignez les coupables… !

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : vos poèmes
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 03:29

Si jeunes, mais déjà le cœur plein d’amertume,

Regarde ! Si chétifs les enfants du bitume,

Si fluets et pourtant, le regard si rugueux,

Avant l’âge éreintés, vivant comme des gueux…

 

A la fois indomptés, farouchement sévères,

Ils bravent l’interdit pour combler leurs misères,

Otages des ghettos, voleurs ou assassins,

Ils posent la question de leurs tristes destins…

 

Engendrés par un monde, oublieux de l’éthique,

Ils sont la laideur que la société fabrique,

D’avance condamnés, sans pitié ni pardon,

Coupables d’être nés, ils vont à l’abandon…

 

Orphelins du bonheur, survivants des poubelles,

Le bon peuple s’émeut de leurs fiertés rebelles,

Mais aucun ne comprend leur désillusion,

N’écoute ce sanglot sans consolation…

 

Ainsi sont les humains, bâtisseurs de frontières,

Les uns sont au plus haut, les autres sans litières,

Pour les premiers le grain, pour les autres la faim,

Quand l’un monte au gibet, les nantis font festin…

 

Pour les uns le meilleur, pour les autres l’abîme

Et…, personne ne songe à écrêter la cime,

Des wagons d’opprimés languissent sur le quai,

Qu’un monde généreux leurs offre son bouquet…

 

Regarde ! Si chétifs, les enfants du bitume,

Si jeunes mais déjà, le cœur plein d’amertume,

Ils naissent comme ils vont sans espoirs avérés,

Nous avons les enfants que nous avons créés…

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Sonnets et beaux vers
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 03:26


Les bonheurs d’autrefois sont partis quelque part,

Tous les trains pour ailleurs siffleront sans départ,

D’un garrot, la terreur resserre son étreinte,

Le front des libertés se courbe sous l’astreinte…

 

Trente écus sans crédit, c’est le prix du délit,

C’est le prix du baiser, de l’amour aboli,

Trente écus sans anneau, c’est le prix en pâture,

C’est le prix des douleurs, de l’ignoble torture…

 

Les wagons pour Madrid resteront sans retour,

Orphelins, sur le quai nous ferons le détour,

Des fantômes sans nom souilleront le grimoire

Et des lys rouge sang fleuriront leur mémoire…

 

Trente écus sans un cri, c’est le prix du pendu,

C’est le prix des sanglots, du chagrin suspendu,

Trente écus, c’est le prix du terrible supplice,

C’est le prix de la mort, du démon, son complice…

 

Les enfants de Caïn se sont multipliés,

Regardez, O Seigneur ! Leurs drapeaux dépliés

Accabler l’innocent d’une transe inhumaine,

Ils portent sans regret le flambeau de la haine…

 

C’est le prix du remords du funeste pécheur,

C’est le prix du pardon de l’auguste prêcheur,

Trente écus sans salut, c’est le prix du parjure,

C’est le prix de l’agneau, du serment qu’on adjure…

 

……………………………….

 

 

 

L’irrémédiable est une vaste douleur,

Le vouloir être est le cri du cœur…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Coeur de poète
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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 13:00

       
P
erverse, d’un sanglot, suspendu dans le soir,

Sur la chair, l’araignée aiguise son rasoir,

D’une toile en étoile encorde tout l’espace,

Altéré, le silence en conserve la trace…

 

Fourbe, l’anxiété corrode les esprits,

Chacun de ses regards affile le mépris,

Apocryphe, son œil fonde la défiance,

Acerbe, son relent use la confiance…

 

L’épaule de la nuit s’adosse à la douleur,

Complices du fléau, des vapeurs sans chaleur

Dispersent les cendrons de l’âme prisonnière

Et…, des larmes de sang épousent la poussière…

 

La faucheuse conçoit de sanglants corridors

Là, s’entassent des corps aux pieds des miradors,

Tout le long du chemin court la plaie adipeuse,

Le destin déguerpit comme une ombre peureuse…

 

D’une maigre existence, interdit…, esseulé,

L’amour est une proie, un rêve émasculé,

On prétend que la guerre est un mal nécessaire,

Qu’il nous faut conquérir…, qu’importe l’adversaire… !

 

De granit ou de bois l’homme usine sa croix,

L’ostracisme pour loi…, l’humanité décroît

Oublieux du charnier…, la conscience factice,

Nos verbes sont muets pour clamer l’injustice…

 

Les peuples, tourmentés, s’observent sans bonté,

Tangible, la frayeur maintient l’opacité,

Sur les corps, la douleur burine son empreinte,

L’horrible, d’un lacet, en resserre l’étreinte…

 

Au faîte de sa gloire, écoute l’orateur !

Le terrible propos du cynique écorcheur,

La bête a fait son nid sur un terreau fertile,

Il dit que la torture est une épreuve utile…

 

Alors, l’homme, échiné, fatigué de marcher,

S’alite, exténué, bien trop las pour prêcher,

La parole se meurt percluse de souffrance,

Souveraine, la peur répand l’intolérance…

 

Son écho terroriste exalte le brassier,

L’allégresse et la paix détalent du rosier,

Il pleut de la rancœur, survient l’onde sournoise,

Sinistre est la saison, d’une effroyable ardoise…

 

O ! Misère pardon, la haine est un poison,

Rien ne peut abolir sa farouche prison,

Otage, torturé par la main mercenaire,

Agonisant le cœur respire solitaire…

 

Mais de l’âme subsiste un clandestin accord,

Le chant des opprimés possède ses voix d’or

Et tant que l’espérance aura des yeux de femme,

Aucune adversité n’en éteindra la flamme…

 

……………………………

 

 

 

Chaque aube nouvelle,

Est une miette d’espérance,

Chaque matin calme

Est un instant intense,

Chaque heure de paix,

Sans patrie ni frontière,

Est une illusion précaire…

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : La voix du coeur
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