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Insurgé Poétique

Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 16:51

  Du vice et sans dégoût, avant que j’aboutisse,

Je laperai du fruit le nectar défendu,

Que m’importe le prix, j’en réglerai le dû ;

Que le ciel me damne et l’augure s’accomplisse !

 

Le péché pour motif que l’enfer se réjouisse,

Je connais la sentence, animal éperdu

Sur le lit du plaisir je me suis répandu ;

Maraudeur des bas fonds j’en explore l’abysse.

 

Le peuple bien pensant, hypocrite et moral,

Me destine au bûcher et me juge anormal,

De l’humaine nature il bannit les mystères…

 

Puisque du bien au mal nul esprit n’est devin,

Censeurs, épargnez moi vos procès délétères :

Laissez-moi de l’amour savourer le divin… ! 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Poetes Maudits
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 16:49

Luxure, vieille amie, admirable catin,

Toi qui, de mon Ego, libère le sordide

Et me surprends au matin aussi comblé que vide ;

Laisse-moi, dans tes bras, oublier mon destin…

 

Orgueilleux débauché, ta lèvre pour festin,

J’efface de mon front l’inévitable ride

Celle, dont les miroirs singent l’écho livide

Me désignant mortel sans espoir ni butin…

 

Puisqu’au fond du couloir s’assoupit la lanterne,

J’abhorre de l’ennui le macabre et le terne

Et m’enivre du sel de la vie à crédit…

 

Sur le fil du rasoir, ma superbe complice,

Tant pervers que gourmand, je célèbre du vice

L’insalubre vertu de braver l’interdit !

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Poetes Maudits
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 16:48

Exemplaire, ton nom écrit en majuscule,

A lui seul redonnait l’espoir aux rescapés,

A tous ceux qui, martyrs, par l’ignoble écharpés,

Subissaient de la peur l’atroce canicule…

 

Sur ton sol tolérant tombe le crépuscule

Et tu fermes ton cœur à tous ces éclopés

Qui marchent vers la mort à ta main, agrippés,

Corrompu par la nuit ton idéal bascule…

 

Ô ! France, devenue insensible aux douleurs,

Qu’as-tu fait, mon pays, de tes nobles valeurs,

Comment peux-tu nier du droit la belle éthique ?

 

D’un geste citoyen, moi pauvre puceron, 

Brandissant ton drapeau, je relève le front 

Et dénonce l’injuste et son arithmétique… 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 16:35

 

 

A ceux qui font l’effort de voir et puis d’entendre,

Penché sur le métier s’échinent rigoureux

Et cherchent la beauté seulement pour comprendre,

Appréhender le sens du monde ténébreux.

A l’inventeur perclus cheminant dans le doute

Mais qui sans compromis porte en lui l’idéal

A l’être créatif que l’inculte redoute,

          A celui qui nourrit le verbe capital.

A ceux qui, pas à pas, cheminent dans l’exigence

Et de sang et de sueur forgent par le travail

L’ancestral savoir-faire au lieu de l’indigence

Et portent le souci du plus petit détail.

A celui qui fait front en toute circonstance

Et demeure fidèle à ses rêves d’enfant,

A celui qui donne à son œuvre consistance,

 A celui qui ne peut se vendre au plus offrant.

Et enfin à tous ceux de même appartenance

Qui du ciel à la terre imaginent le lien,

Ressuscitant ainsi l’antique souvenance,

Qui libère le mortel de l’acte régalien :

Insigne clarté, l’art, résonance de l’âme,

Dévoile dans la douleur les sentiments du cœur,

Sensibles et tremblants, comme l’eau de la flamme,

Ces univers cachés dont l’artiste est vainqueur

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Poetes Maudits
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 16:33

 

 

Vêtus de longs draps noirs aux cols immaculés,

Comme un vol de corbeaux nourris par la charogne,

Orgueilleux procureurs : ils jugent sans vergogne

Et fondent leurs verdicts d’arguments éculés…

 

Imbus de leurs fonctions, par leurs rôles saoulés,

Baladins et bouffons achèvent la besogne ;

La justice bafouille et se dandine ivrogne :

La cour est un théâtre aux acteurs décalés…

 

L’arbitraire pour toise, oscille la balance,

Son peson est faussé, chacun n’a pas sa chance,

Sous l’or et l’apparat l’humain apparaît nu !

 

Ni ange, ni démon, innocent ou blâmable,

Avant le jugement considéré coupable ;

C’est le dos courbé que se tait le prévenu…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Poetes Maudits
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