En suspend, sous mes yeux, dans l’attente de naître,
Il reste tant de mots que je n’ai pas appris,
De la vie et son eau de leçons à connaître
Et tant de sentiments, de mon cœur, incompris…
Dans l’obscur, je le sens chante la poésie,
Zéphyr pour compagnon, enjôleur de nuages,
Du sordide et du laid s’apaise l’aphasie,
D’un écho, mon esprit s’affranchit des rivages…
Apprends moi ton regard, offres moi ce partage,
Dans tes yeux, je veux voir…, la lueur en amont,
Le revers du miroir, la douleur de l’otage,
L’ineffable orchidée exhaler le limon…
Liberté ! Mon amour, sur ta lèvre d’argile
Se brise le baiser de l’esclave enchaîné,
Mon rêve, mon rameau, sur ton aile fragile
Avance le bourreau de l’oiseau condamné…
Il passe le voleur comme un taureau sauvage
Emportant sur son dos mes songes d’avenir,
Éreinté, fatigué, sans ton divin breuvage,
Ma belle, ma clarté, que vais-je devenir… ?
Ma colombe, ma joie adoucit la venelle,
D’une ombre sur les murs apprivoise le ciel,
De l’horizon lointain consens-moi la cannelle,
Parfume ma prison d’un effluve de miel…
Dans ma chair, ton sillon apaise le supplice,
Tant qu’une once d’espoir m’octroiera son crédit,
De ton souffle insoumis je resterai complice,
Aux frontons des prisons j’écrirai l’interdit…
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