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Les Innommables

Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 02:09

 

 

En suspend, sous mes yeux, dans l’attente de naître,

Il reste tant de mots que je n’ai pas appris,

De la vie et son eau de leçons à connaître

Et tant de sentiments, de mon cœur, incompris…

 

Dans l’obscur, je le sens chante la poésie,

Zéphyr pour compagnon, enjôleur de nuages,

Du sordide et du laid s’apaise l’aphasie,

D’un écho, mon esprit s’affranchit des rivages…

 

Apprends moi ton regard, offres moi ce partage,

Dans tes yeux, je veux voir…, la lueur en amont,

Le revers du miroir, la douleur de l’otage,

L’ineffable orchidée exhaler le limon…

 

Liberté ! Mon amour, sur ta lèvre d’argile

Se brise le baiser de l’esclave enchaîné,

Mon rêve, mon rameau, sur ton aile fragile

Avance le bourreau de l’oiseau condamné…

 

Il passe le voleur comme un taureau sauvage

Emportant sur son dos mes songes d’avenir,

Éreinté, fatigué, sans ton divin breuvage,

Ma belle, ma clarté, que vais-je devenir… ?

 

Ma colombe, ma joie adoucit la venelle,

D’une ombre sur les murs apprivoise le ciel,

De l’horizon lointain consens-moi la cannelle,

Parfume ma prison d’un effluve de miel…

 

Dans ma chair, ton sillon apaise le supplice,

Tant qu’une once d’espoir m’octroiera son crédit,

De ton souffle insoumis je resterai complice,

Aux frontons des prisons j’écrirai l’interdit…

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les Grands Poètes
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 02:07


Maisons éventrées,

Les tripes à l’air

Maisons dévastées,

La vie à terre…

 

Racines brisées,

Passé défiguré,

Présent suspendu,

Rêves avortés…

 

Ruines brûlantes,

Univers à reconstruire,

Ruines à rebâtir,

Si un jour…, revient le désir…

                                

Sordide, l’ombre

Etrangle la paix,

S’envole la colombe

Et s’installe la haine…

 

Infâme, la bête

Corrode les cœurs,

Misère et terreur

En rapportent l’écho…

 

Souffrances fratricides

Que le vent emporte,

Souffles putrides

Que la vie supporte…

 

Sous la fange et la boue

Une bougie frissonne,

Les tyrans passent

Mais aussi trépassent…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 01:47

                                    

Sous le poids de l’ennui, le corps à l’abandon,

J’avais les yeux brûlés lorsque tu es venue…

Tu m’as fait l’amour, j’ai demandé pardon

Puis, d’un cri, conjuré ton ombre disparue…

                                          

Je n’ai d’autre horizon que ton souffle sous moi,

Suranné, ton baiser évase la blessure,

Dans le fait de t’aimer je recherche l’émoi,

Sur ta lèvre fleurit l’antique moisissure…

 

Dans tes bras, mon amour, je vois venir la mort,

Sans demeure, le temps a quitté ton rivage,

Sur le seuil de l’oubli je titube ivre-mort,

La noirceur de la nuit emporte ton visage…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : La voix du coeur
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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 02:44

                             

Misérable nombril, béotien paltoquet,

J’exalte de l’Ego les orgies ordurières,

J’abuse, vaniteux, de l’absurde en paquet,

Quel est donc ce poète aux mauvaises manières…

 

Ejaculant mon encre en long et en travers,

Moi ! L’amant impuissant, d’une vile arrogance,

Lubrique comme un paon, je me pâme pervers,

De mon œuvre pantois, j’encense l’ignorance…

 

J’écris comme je cours, sans grâce ni beauté,

Macule le papier d’altières diaprures,

Je me perds en chemin prêchant l’opacité,

Méprisant, me complais d’immondes tavelures…

 

Je conjugue l’obscur, j’honnis le sentiment,

Inapte procureur, je condamne la rime,

Sans répit discourtois, me voici mécréant,

Apôtre du non sens, adepte de la frime…

 

Je projette des mots sans suite ni raison,

Ne sachant être clair, l’orgueil pour nourriture,

Je me glose faraud de ma piètre oraison,

D’une prose fétide offense l’écriture…

 

Je gribouille le verbe à quoi bon m’appliquer,

Une montre pour craie, assis à mon pupitre,

Pitoyable est mon art à quoi bon s’en moquer,

Sans repentir, menteur, je ne fais que le pitre…

 

Par moi-même aveuglé, je me clame maudit,

Juché sur le pinacle, oubliant modestie,

Je dresse des gibets, intégriste inédit,

Sans procès ni verdict, j’étreins la poésie…

 

Moi ! Prince du sordide, innommable écrivain,

Je souille la beauté de cette fleur sensible,

Sous ma plume, oyez-la ! S’époumoner en vain

Et…, je ris de vous voir déchiffrer l’impossible…


Me voici souverain, m’admirant sans vergogne,

A quoi bon discourir, je n’ai pas de talent,

Laissez moi, je vous prie, à ma maigre besogne…

Pour ne point me blâmer, l’on me dit insolent,

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poetes Maudits
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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 02:37

 

                                     

Ballottés par le flot du céleste chaos,

Des effluves de chair prennent corps en échos…

Enfanté par hasard au creuset de l’abîme,

Ébrasant le néant, un visage s’anime…

 

Obscurs fragments épars, particules de sang,

De fer, de cuivre et d’eau…, d’un orgueil insolent,

Esprit incandescent, d’un nom, il se prénomme,

Aux cieux, aux dieux, à tous, il clame « je suis l’homme ! »

 

Indécent, arrogant, par lui-même…, ébloui,

Fier, le voici debout, s’adulant réjoui,

Ébahi de si peu, partout ou l’œil se pose,

Il maudit, il détruit…, épelant chaque chose…

 

Il crie, il dit « je suis ! » Sur son désir, penché,

Cloîtré dans son esprit, sur son Ego, perché,

Il soumet l’univers à sa concupiscence,

Il veut, dictant sa loi, croire à son existence…

 

Égrenant sur ses pas plus d’horreurs que bienfaits,

Il oublie, éploré, la raison des méfaits,

Il maugrée, il gémit…, face à l’intolérable,

Il s’absout des délits et plaide non coupable…

 

Despote, de lui-même à peine satisfait,

Il ne peut s’exprimer autrement qu’imparfait,

Il se noie, il se perd…, magma de solitude,

Éprouvant le regret d’aimer sans certitude…

 

Être mortel naissant d’un verbe inachevé,

De douleur en douleur, par le temps, éprouvé,

Ange ou démon tremblant, face à la mort, livide

Il enduit son tourment d’un souffle fratricide.

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poétiquement vôtre !
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