Le divin aurait t’il décidé de mon sort ? Une porte s’entrouvre et m’invite, intraitable, Devant moi, un chemin se dessine, impalpable, Je sillonne, ébahi, l’indécis corridor… J’émerge, ...
Devant moi, le chemin se perd dans les roseaux, Un amas de rochers enlace la rivière, Glissant entre les joncs s’éloignent les oiseaux, Aux pieds du vert coteau, l’eau s’allie à la pierre… Sur le ...
Monte des profondeurs l’intenable marée, Flamboiement de l’attrait en quête de plaisir, D’une effleure ta peau, d’opale chamarrée, Papillonne au toucher de l’intense désir… De ton sein palpitant ...
Que font les immigrés sur le quai d’une gare… ? La valise à la main, ils guettent l’avenir, Tout le monde promis comme un vieux souvenir, L’omnibus en partance et l’étoile d’un phare… Où vont les ...
Des mes égarements, j’établis l’inventaire, Dans mon cœur, tout est froid, d’une maigre couleur, Sur d’ennuyeux chemins je rode solitaire, De mes rêves d’enfant j’ai perdu la chaleur… J’arpente le ...
Ecchymose bleutée au visage moqueur, Fêlure de cristal, j’ai gravé dans mon cœur, Songe ou réalité l’empreinte d’une femme Que mon sang bouillonnant d’un murmure réclame Douloureux vague à l’âme à ...
De toi, mon cœur résonne encore, funambule, Comme étreint par le vide, arrêté, suspendu, Je reste là saisis, sans rien dire, perdu, Un trouble sentiment doucement déambule... Fugace ton baiser me ...
Habité par ta voix, suspendu dans le rêve, J’écoute le silence immerger mon désir, Le corps en catharsis, naufragé sur la grève, Je flotte sur le temps sans ta main à saisir… Déraciné, j’attends ...
En quête d’un amour dans mon regard, niché, Immuable présence aux couleurs de mon âme, Sur les pages de l’eau longuement j’ai cherché Se reflétant dans l’onde un visage de femme… Sensuel souvenir ...
Qu’importe de la mort les mélopées funèbres, L’ombre demeure instable aux pieds de l’infini, Devant moi la lumière écharpe les ténèbres, Sans cesse je renais dans l’espace, assaini… Moi-même et ...
Ils sont venus me dire à moi, viticulteur, Certes ton vin est bon mais pas assez rentable Arrache donc ta vigne et range ton tracteur, Le métier a changé, l’époque est détestable… Nul besoin de ...
Chante cigale, chante à l’automne le vin, Grisé, chante à nouveau la figue et le raisin, Danse cigale, danse éprouve de l’ivresse La trouble volupté, de l’oubli la caresse… A l’hiver fait ton nid ...
Pendu, je suis la corde et puis la branche, l’arbre, La fumure, la flamme inscrite au cœur du marbre, Tout au bout de l’anneau, cette autre extrémité, Je me balance au gré du vent, ressuscité… Je ...
Je me suis enfermé dans un rêve barbare, Longuement j’ai marché solitaire et hagard, J’ai dépouillé des yeux les couloirs du hasard Et je suis resté seul sur le quai d’une gare… J’entendais ...
Réduit à l’esclavage, il reçoit le mépris, De son appartenance, il supporte le prix, Sous d’odieux crachats réservés aux parjures, Il tente simplement de survivre aux injures… Il apparaît fautif ...
A quoi çà sert de courir après la lumière, A quoi çà sert…, ma petite Claire, A quoi çà sert tout n’est qu’éphémère, Ton fragile sourire se fige immobile, Le soleil baille d’ennui et s’écoule ta ...
Blanche colombe Robe sanglante Maculée de sang Innocent un oiseau Volait insouciant D’un trait de folie Jaillit un éclair Et l’oiseau chuta… Chemise blanche Sanglante robe De sang maculée ...
Des jardins suspendus que mon âme dessine, L’infini m’appartient et n’attend qu’un frisson Pour soudain s’éveiller comme je l’imagine Et pour moi, de mon cœur, entrouvrir l’horizon... Le rêve me ...
L’admirable du vin, plus que tout autre chose, N’est pas la saveur mise en bouche, le goût mais Réside dans l’idée abstraite que s’en fait Chaque amateur avant même l’apothéose D’en sentir le ...
Engoncé dans sa veste, abruti de fatigue, Résultat quotidien d’un labour épuisant, Trop fourbu pour rêver, d’un pas lourd et pesant, Il marche tête basse à travers la garrigue. Trébuchant ...
Ame de ce terroir de prédilection, Cueilli, vieilli, passé le temps de la jeunesse, Mûr, le fruit donne au vin plénitude et finesse Dont le nez s’extasie en adoration… Belle architecture à l’ample ...
Ami, ce soir oublie un instant tes soucis, Tes chagrins, ton travail, ne soit pas indécis, A cette table assis, ne te prends pas la tête Chante le vin primeur, aujourd’hui c’est la fête ! De la ...
La macération et le vieillissement Achevés, le labeur d’une ancienne vendange, Jusqu’à lors préservés du moindre assentiment Connaitra le verdict : l’amère ou la louange Fruit d'un travail passé, ...
Amas de corps noueux pêle-mêle entassés Ne pouvant de leurs doigts se suspendre aux nuages Partout gisent des ceps l'un à l'autre adossés, Victimes d'une époque aux coutumes sauvages... Grave et ...
L'hiver quand l'aquilon, plus acéré qu'une lame, Écartèle son corps et fait geindre ses os, Lorsque maints craquements martyrisent son dos ; Son manteau claque au vent comme un vieil oriflamme... ...
L’œil observe, avant tout, du vin, la fluidité. Sa robe de couleur, profonde et soutenue, S’ourle d’ambre oxydé, faussement ingénue, Et se découvre intime avec limpidité… Aux pourtours du cristal, ...
Lorsque douce, l’ivresse exalte la gaité, S’estompent les soucis, le quotidien s’efface. Soulagé des fardeaux, l’esprit fait volte-face Et s’envole léger loin de l’hostilité D’un monde indifférent ...
Lors qu'arrive le temps des sanguines vendanges, Teintés de cuivre brun, d’un vieil or inédit, S’exaltent des couleurs dont le cœur s’ébaudit, Le cep offre ses fruits nimbés de cheveux d’anges… ...
Amalgame étonnant aux reflets pigmentés, Aussi puissants au nez que racés mis en bouche, Des terroirs schisteux enluminant la couche, Ils charment les palais de leurs corps charpentés… Cépages ...
La taille en elle-même est un art véritable Qui demande rigueur, soin et précaution, Le vigneron procède avec attention Pour ne point mutiler la souche vénérable… Échiné par le vent, l’hivernale ...
Merveilleux voyageur, conquérant de la terre, Racé, riche en tanins, largement charpenté, Des terroirs et caveaux, monarque incontesté, Anoblissant du vin l’auguste ministère… D’une belle stature ...
Fragrances de laurier, mélange de réglisse, D’eucalyptus, de mûre aux bouquets épicés, S’exaltent du cristal maints parfums prononcés, J’en respire déjà l’ineffable délice… Violette, une larme, ...
Arbuste légendaire aux phalanges râpeuses, L’automne flamboyant, ô ! Cep, roi des coteaux, Nimbé de pourpre et d’or, te lègue ses manteaux Et pigmente les fruits de tes grappes pulpeuses… Humble, ...
Sur l’aile des tanins, vers l’astre impétueux, Libre, je m’évapore émoustillé mais digne Éprouvant du charnel la connaissance insigne, Le nectar dans mon corps coule voluptueux… S’éveille sans ...
Nectar, le jus parfait de l’aile du divin, De précieux grenats comme d’ardeurs liquides, Coule et remplit la coupe aux cristaux translucides Dont le sang écarlate éclaire le devin… Du céleste à la ...
Anoblisant sa robe aux spectres lumineux, S’évadent les tanins, du cep, l’effluve ultime, L’odorat, de sa cuisse, avec finesse, estime Les senteurs qu’ont mûries des terroirs résineux. Alors, ...
Affable préambule au divin récital, Délicat, le poignet, de gestes circulaires, Allège le nectar de ses pigments solaires S’exaltent les senteurs de son terroir natal. D’une larme, le vin embrase ...
Du Grenache aux tanins aguicheurs de papilles J’hume le caractère immuable et boisé Dont j’encense le corps, par l’effluve grisé, Du plaisir, je ressens les maintes estampilles. En bouche, la ...
Compagnon, tourmenté par le sens de la vie, Si tu veux de ce monde acquérir le meilleur, De mille petits riens ressuscite à l’envie, A l’automne, du cep, deviens le grappilleur ! De ce buste ...
Constant et rigoureux mû par la passion, Le maître des caveaux, dans l’ombre bénéfique, Élabore en secret l’élixir mirifique Et flatte les saveurs de son émulsion… L’excellence pour règle, unique ...
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