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Les Innommables

Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 03:58

 

 

Existe-t-il encore un coin de paradis

Où le cœur éternel palpite sans dépits ?

Existe-t-il encore un carré d’herbes tendres…,

Que l’homme a négligé de convertir en cendres ?

 

Où sont les oasis dont parlent les anciens ?

Ont-ils vraiment vécus…, ou sont ils magiciens ?

Les livres sont si pleins d’épigraphes solaires,

Reverrons-nous un jour des étoiles polaires… ?

 

Si pâle est le soleil, qu’il semble déjà vieux,

Qu’avons-nous fait du ciel dont nous sommes envieux ?

Ses purs flots de cobalt sont d’antiques reliques

Et…, nous levons vers eux nos prières pudiques…

 

La honte sur nos fronts cumule les retards,

Le chaînon s’est brisé de bien trop d’avatars,

A toujours vouloir plus, plus de biens, de richesses,

Nous n’avons récolté que laideurs et détresses…

 

Le fardeau des erreurs nous garde prisonniers,

Les herbages d’antan sont d’effrayant charniers,

Nous sommes des damnés, les survivants de l’ombre,

En exil, le printemps n’est qu’une empreinte sombre…

 

Méprisant, ignorant, d’un orgueil prétentieux,

Pastiche de faux dieu, animal capricieux,

Misérable bipède aujourd’hui tu te nommes,

Seule, l’horreur nous dit, les hommes que nous sommes !

 

…………………………

 

 

De rêves et de souvenirs,

Du passé à l’avenir,

Sur le courant qui m’entraîne,

J’en suis la rivière pleine…

 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : La voix du coeur
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Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 03:48

Je hante le pays des fièvres sans chaleur,

Tout est gris, tout est froid, d’une rude douleur,

Humble, l’herbe du pré, que la saison opprime,

S’alanguit tristement dans les bras de l’ultime…

 

Sur le gris chemin court…, la désolation,

Il pleut du grand chagrin sans consolation,

Esseulé sur un clou, l’amour, sans sépulture,

Doucement agonise au gibet sans bouture…

 

J’en recueille l’offrande en ma main de catin,

J’absorbe son sanglot sur sa peau de satin,

Sa larme m’est désir, j’embrasse sa lumière,

Dans l’écho de son cœur, j’entonne ma prière…

 

Je supplie à genou le maître de ce lieu,

J’insiste, je quémande une trêve au bon dieu,

Qu’il soit bon ou mauvais, la chose qui m’importe,

C’est qu’il veuille pour moi déverrouiller sa porte…

Que m’importe son nom, fut t’il prince romain,

Une fleur, pas un saint…, pourvu qu’il soit humain !

 

Dans un livre enterré, sous la cendre et le sang,

Sur un feuillet souillé, j’ai retrouvé l’absent,

Effaré par l’aven, je mesure l’abîme,

De  l’espace si grand…, trop lointaine est la cime…

 

Le vide constellé du Moi crucifié,

Fait de l’être perdu le nom sanctifié…

 

………………….

 

 

En quête de sens

S’épuise ma conscience

Mais, reste ma mémoire

Où s’inscrit mon histoire….

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Revue poésie et nouvelles
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Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 03:46

Indocile aux désirs de l’homme réfractaire,

Victime de sa loi prônant l’absurdité,

Niant in extenso son discours arbitraire,

Tu mènes le combat de la fraternité…

Revendiquant enfin ta quête identitaire,

Récusant clairement la féodalité

D’un pays gouverné par un clan élitaire,

T’infléchis le carcan de la fatalité…

 

Bravant les préjugés d’un monde autoritaire,

A l’ordre social atteint de cécité,

Requérant le respect du droit élémentaire,

A l’égale de l’homme, arguant la parité,

Citoyenne de fait, d’un geste salutaire,

Ton sexe clame fort l’indigne adversité…

Exigeant le retrait des décrets grabataires,

Conspuant les raisons de ta précarité,

Posant la question des privautés sectaires,

Evoquant la justice et son vœu d’équité,

De tous ses manquements, tu produis l’inventaire…

 

Debout, les pieds ancrés dans la société,

Brandissant le flambeau du livre égalitaire…

Femme ! Enfin te voilà, d’une main solidaire

Dégrafant le corset de l’inégalité…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Les artistes engagés
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Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 03:39

En ces lieux désertés, par le vent, fouetté,

Sculpté, se dresse un œil par la flamme, épointé,

Cyclope émasculé, témoin de la géhenne,

D’un fratricide choc, l’épouvantable scène…

 

Cataracte, éboulis de corps fossilisés,

D’une étreinte à jamais, pêle-mêle, enlacés,

Par la lave, figés, grimaçants en silence,

Tableau mortifié d’une âpre violence…

 

Là, d’un glaive de feu, Vulcain le forgeron,

Las de s’exténuer, lui ! L’humble tâcheron,

Exsudant nuits et jours pour un grain de misère,

Dulcifia sa faim d’un combat nécessaire…

 

Au labeur, condamné pour le plaisir des dieux,

Lui ! Trimant, affligé par la torpeur des cieux,

Cisèle les métaux sous les regards avides

D’un clan d’agioteurs par l’or, rendus cupides…

 

Longtemps, il endura…, résigné, supporta

Le caprice éhonté, l’impudeur du dictat,

Mais un jour, estimant, mesurant la récolte,

En son cœur spolié s’éveilla la révolte…

 

Par la famine, aidé, récusant son destin,

Simplement, quémandant son écot du festin,

Il posa son marteau, réclama subsistance,

Aux souverains Ego clama son exigence…

 

Le front fier, portant haut son vœu d’égalité,

Il brandit le drapeau de son cœur révolté,

Unissant en chemin les damnés de la terre,

Il maudit les puissants de cet endroit austère…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poétiquement vôtre !
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Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 03:32

Raides versants abrupts d’ardoises, constellés,

Gris raidillons jaspés, mamelons craquelés,

Titanesques rochers, dentures squelettiques,

Eboulis de granit, tumultes chaotiques…

 

Là, se dresse amputé, sans grâce, monstrueux,

Le redoutable aven d’un sommet tortueux,

Sur son flanc sculptural, quelques rares broussailles,

Aux rigueurs du climat, livrent maintes batailles…

 

Les poumons écorchés, par le souffre, éreintés,

Je gravis l’âpreté de ces lieux désertés,

Entre deux éboulis s’énonce la cassure,

Des amas de silex m’en content la blessure…

 

Rien ne vit, tout survit, tout devient étranger,

Rien ne bouge et pourtant…, l’on se sent en danger,

D’un sabre émorfilé, le vent, sournois, m’enrobe,

Le sol, à chaque pas, lâchement, se dérobe…

 

Mordu par l’aquilon, sans répit, culbuté,

Luttant, époumoné, contre l’adversité,

Replié sur moi-même, usant d’un stratagème,

J’épouse le terrain contestant l’anathème…

 

Serpentant le lacis sur toute sa longueur,

Le plus maigre épineux m’offre un petit bonheur,

Un instant de sursis où je reprends haleine,

Un asile émoussant l’exécrable géhenne…

 

En mon cœur éprouvant la beauté du débat,

J’en omets l’âcreté du terrible combat,

Coudoyant le divin, la douleur de l’abîme,

J’en arpente, ébloui, la rudesse sublime…

 

D’un effort vertueux, j’apprivoise les monts,

Des obstacles, vainqueur, j’élude mes démons,

Effleurant, échiné, l’orbite du cyclope,

Une joie euphorique, ardemment, m’enveloppe…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Inspirations poétiques
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