Terrible messager, saumâtre charognard, O ! Sinistre corbeau délivre ton message, Crachouille ton venin et quitte mon rivage, Je sais déjà Pluton aiguiser son poignard… Pitoyable destin que ...
Et, claque le fouet ! Sur la peau de l’esclave, O douleur ! De l’injure offre-moi l’abandon, Du parjure, absous moi, permets moi le pardon, Ne courbe pas mon front, enlumine l’enclave… Et, claque ...
Ecoute la clameur, son souffle génocide, Elle enfle, elle grandit, colporte la terreur, Des mamelons de terre en racontent l’horreur, Sans cesse, s’accomplit le geste infanticide… Comment survivre ...
Puisqu’il est dit que tout assurément expire, Qu’aucun signe ne peut raviver la saison, Puisque du ciel ne vient plus aucune oraison, Est-il autre option que d’accueillir le pire… ? Puisque sans ...
Si l’ombre, mon ami, convoite ton désir, Si la femme d’ébène autour de toi musarde, Plutôt que de pleurer sur toi-même, regarde ! Embrasant l’horizon, le ciel brille à loisir… Poète prend ton ...
Le félibre, assis face au fleuve limoneux, Contemple l’étendue. Inspiré par l’obstacle, Le ciel comme témoin et son cœur pour oracle, Il cherche dans l’obscur le verbe lumineux… Emane de l’aven un ...
Ballotés par l’élan du farouche géant, Intrépides marins, survivants du naufrage, Devant vous, la tempête apaise enfin sa rage, Vos rêves de grandeurs sombrent dans le néant… L’aube semble ...
D’où vient cette araignée étendue en étoile, La vie, in extenso, s’est prise dans sa toile… Contemplez, ô ! Seigneur, cet animal velu Broder le liseré de ce gouffre absolu Et…, l’encre, trace d’or ...
Tuberculeux, le temps s’annonce épouvantable Et…, de l’aube en haillons, visqueux suinte l’ennui. Les poumons encrassés de salpêtre, la nuit Crachote des fragments d’une aigreur détestable… Je ...
L’obscurité saumâtre essouffle ma mémoire, Avare, le destin referme son grimoire, J’entrevois, dans la nuit, un sanglant matador, Là bas, quelqu’un m’attend au bout du corridor… Là, devant moi, ...
J’ai glissé, longuement, jusqu’aux fontaines mères, S’il m’arrive, parfois songeur, d’en butiner Les embruns de cristal, comment en deviner Le mythique passage et ses embarcadères… De ce rêve hors ...
Présumer du possible, ah ! La belle aventure, Le prétendu savoir flatte ma vanité Et me fait oublier dame fatalité, L’ombre au bout de la route ornant ma sépulture… Orgueilleux, pauvre fou que le ...
L’écrivain d’aujourd’hui conjugue à l’imparfait La forme littéraire et manque d’exigence, Il maltraite le verbe, ébloui de son fait De plume, voyez le sombrer dans l’indigence… Source d’ennui ...
Lorsque la mort viendra m’embrasser sur la bouche, De rimmel, dessinez le contour de mes yeux, De velours et de soie enluminez ma couche Et recouvrez mon corps d’ornements précieux, Déversez sur ...
Elle danse en cadence, aérienne ondule, Décompose le vide, anime ce module Immobile soumis à son corps gracieux Et semble par instant s’élever vers les cieux. Arabesques de chair, de courbes ...
Lesté d’illusions, quittant le sol natal, L’aigle à la tête d’or, côtoyant les nuages, De vouloir conquérir du ciel les maints rivages ; Son cœur nourrit un rêve intrépide et fatal… Sur la céleste ...
Onirique voyage au pays des voyants, Homélie exaltée en quête d’authentique, Incroyant fantastique aux verbes flamboyants, Prendrai-je le chemin de l’exil poétique… ? Oserai-je bannir le conforme ...
Je ne puis négliger ce que mon cœur respire, Je réciterai fier mon poème debout, Qu’importe si mon cri dans vos yeux se retire, Je refuse qu’il soit un esclave à genou… Je brise l’anathème aux ...
Bannissant de mon cœur l’humaine vérité, Oublieux, je gravis le chemin amnésique, Au sommet de l’orgueil, je contemple aphasique Mon aura vaniteuse offenser l’équité… D’une ode chimérique, atteint ...
Mon cœur est si terreux, rien n’y reste vraiment, Apporte-moi l’oubli, l’espoir d’un sentiment, Dehors, il fait si froid, ne ferme pas ta porte, Étends-tu la clameur, c’est l’amour qu’on déporte… ...
O ! Souffrance, ô chagrin ! Agaçant châtiment, Aux quatre coins du vent se répand l’ecchymose, Lactescent, ton visage en reflète la chose, Flageolant mon orgueil d’un moindre sentiment… Je suis ...
Epris d’égalité, je voulais son baiser, Comme cible l’amour, j’ai cru l’apprivoiser, Des hommes sont venus condamner mon audace, Ils m’ont roué de coups me désignant ma place… C’est le prix du ...
De l’œuvre ne pouvant retranscrire l’emblème, Le désir fait son nid toujours à notre insu, Que cherchons nous en lui que nous n’ayons perçu, La chose qui rassure ou la clé du dilemme…? Flétrissant ...
Le vent, ami du sable, ensevelit profond Les ruines d’Eleusis, l’essence du félibre, Condamnée à l’exil, solitaire mais libre, Muse entre terre et marne où son cœur se morfond… Servant d’un culte ...
La poésie est l’art de saisir d’une chose L’intime et le furtif, c’est cette faculté A sentir l’au-delà, ce qui sans vérité Dévoile autant du beau, le clair que l’ecchymose… Hors du temps, sous ...
Déjà l’horizon prend la couleur de la paille, Lumineuse, l’aubade empourpre l’infini, Une escadre d’oiseaux danse en catimini, La surface du flot, d’une ride, tressaille… Contemplatif, l’esprit ...
Adossée à la nuit lueur contemporaine, Grisâtre, un candélabre oscille à l’horizon L’aube semble entoilée à l’ombre souveraine, Elle annonce à mes sens la prochaine saison… Cavalcade funèbre ...
Païens qui, sans vergogne, au nom du dieu « Profit, » Hommes puissants, vous qui, cloîtrés dans vos repaires, Altérez l’univers, d’un salubre défit, Il me plait d’offenser le nom de tous vos pères ...
Le fade et le facile et les bons sentiments Me font bailler d’ennui. D’une voix lymphatique, Les lieux communs cent fois déclamés sans critique, A foison flagornés, ne sont que boniments… D’en ...
A l’image de notre époque versatile, Frôlant l’obscénité sous leurs masques d’airain, Les canons officiels de l’art contemporain Célèbrent du non-sens la vertu mercantile. Leurs discours affectés, ...
Si je t’offre ma rime enfantant ton ruisseau, Je ne puis négliger la laideur et le sombre, De mon orgueil bannir le funeste de l’ombre, Je ne sais qu’adoucir mon ennui de ton eau… Illusoire est le ...
Rosière énamourée oscillant sur sa tige, Le vrai comme horizon, elle exalte le beau, De musique et de chants, la rime pour flambeau, De quatrains en sonnets, sur l’encre, elle voltige… De ce ...
Il ne serait qu’un tronc s’il n’avait pas une âme, Quelle chose pourrait mieux qu’elle le nourrir ? Sans sa présence en lui, le corps, prêt à mourir, Roderait dans la vie en recherchant sa flamme… ...
Du fugace au réel, le vécu pour éthique, Chose sensible à l’âge ainsi qu’au mouvement, Contenu dans l’espace, imperceptiblement, De ses sens, le corps s’ouvre au monde authentique. Ecorce d’une ...
Captifs d’univers clos, en d’obscures cités, Au seuil de l’abandon, témoins de l’ostracisme, Sur le fil du rasoir, des enfants dépités Déambulent sans nom, victimes du racisme… Hideuse, sur les ...
Guernica mon enfant, sans remords les oiseaux, Découpent l’horizon à grands coups de ciseaux, Manhattan est en sang, l’Amérique est en larmes, Le verbe est orphelin quand mugissent les armes… ...
Trouble et pourtant connu, fardé que ce visage Enténébré de bleu, comme un portrait hagard, Couché sur le miroir son fantasque regard Dessine les contours d’un autre paysage… Ondoyant, son reflet ...
Zozime, l’alchimiste, instruit par la clarté, Adepte du Grand Art, du concept hermétique, Gravit les échelons de la quête mystique ; Du plomb et du mercure extrait l’obscurité… Comme de l’or, ...
Aux limites du ciel, prodige résurgent De vapeurs et métaux, de son savoir unique, Le céleste initié combine l’organique, Art ou hasard… ? Survient le dogme contingent… Magma confus de jaune ...
Sous un magma de fer, de béton et de cendres, Des œillets rouge sang endeuillent les cœurs tendres Le train des innocents n’ira plus autre part, Les oiseaux migrateurs ont raté le départ… Plus un ...
Derniers Commentaires