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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 00:45

J’ai suivi le chemin qui devant moi s’évide,

Aux pourtours de mes yeux soupire un filament,

J’apprivoise le pas du trouble sentiment

Mais l’étoile s’enfuit fléchissant vers le vide…

 

Vois, sur ma peau plissée, une larme s’évide,

Son empreinte séchée étreint le filament

De l’intime blessure, ultime sentiment

Sanglotant sur lui-même aux frontières du vide…

 

Océan oublié l’âme du temps s’évide,

Mince frisson passé la vie en filament,

D’une aile s’époumone absente au sentiment ;

Chimérique le deuil s’installe au puits du vide…

 

Comme un fruit nécrosé puisque l’amour s’évide

 De toute raison d’être, infime filament

Tenu par une épingle au dos du sentiment

Malingre l’espoir suinte enténébrant le vide…

 

Entre mes doigts crispés la bobine s’évide,

Fils, j’effile le fil fragile filament

Dont j’ai perdu l’écrin utile au sentiment,

Mon cœur est un désert où résonne le vide…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Inspirations poétiques
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /2010 16:02

J’aime sentir captifs les regards envoûtés

Se poser sur ma robe et contempler sa trame  

Où des reflets nimbés d’ambre et sombres clartés

Jouent avec la lumière enluminant ma larme…

 

Affleurant sur les bords du cristal biseauté,

À qui sait entrevoir les contours de mon âme,

Là, dans les yeux soudain mon étrange beauté,

 Se révèle à celui qui décrypte ma flamme…

 

Ce que l’œil prophétise, exalte les senteurs,

Les arômes subtils de ma terre natale,

Des limons argileux j’ai reçu les faveurs

Dont l’odorat perçoit l’ampleur sentimentale…

 

L’amalgame fleuré sublime l’horizon

Du nez qui sous l’emprise évidement vacille

Sur l’aile des tanins octroyant à foison     

   Les parfums éthérés que mon souffle distille… 

 

Puis vient l’instant béni, de l’amer au sucré,

J’épouse de mon corps liquide, toute entière,

La bouche, mâchouillé d’amoureuse manière,

Je révèle au palais mon univers secret…

 

La richesse complexe enfantée avec soin

De ma chair liquoreuse excite les papilles

Et donne consistance à ces maintes grappilles

Qui comblent du plaisir l’ineffable besoin

 

Longuement attendu par les sens aiguisés

De l’homme qui le verre à la main détermine

De mon identité le caractère intime,

J’éprouve le bienfait des désirs apaisés…

 

Sous le charme présent, extase et volupté

Délivrant ma chaleur d’une douce caresse

 Tissent en chœur la joie immanente à l’ivresse

Pour laquelle, je suis, moi le Vin, adulé…

 

Prodige arrive enfin l’émérite union ;

Je coule dans la gorge et de mon sang j’inonde

Le corps de l’être aimé qui, délivré du monde,

Vacille sous l’effet de la communion…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : In Vino Véritas - Communauté : Poésie Passion
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /2010 15:33

A jamais désertés, nos temples sont pillés

Par l’esprit mercantile assoiffé de lumière  

Et lorsque l’un de nous entonne sa prière,

  Ne restent sur la croix que de vieux clous rouillés…

 

Sans doute assassinés nos prophètes sont morts

Et dans nos cœurs fleurit la sombre indifférence,

Vivants ou bien défunts qu’elle est la différence ?

Sans cesse nous tuons sans avoir de remords… 

 

L’on a bâti des murs, cloisonné les humains

En guise de doctrine aiguillonné les haines,

Tant de frères captifs croupissent sous les chaînes,

L’injuste et la misère écrouent nos lendemains…

 

 N’attendez point de nous la moindre charité,

Ultime résultat du cynique abattage

Enfants des temps futurs voici votre héritage :

Une terre mourante, un monde dévasté…

 

A jamais baptisés fils de l’obscurité

Nous ne pourrons jamais devenir des apôtres,

Déclinant tout pardon, moi qui suis l’un des vôtres,

Complice du méfait j’avoue en vérité :

 

Que m’importe l’enfer que peut-il condamner

Qui ne le soit déjà par l’humeur délétère ?

Chaque jour grandissant je le vois sur la terre ; 

Puisse Dieu me maudire et le ciel me damner !…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poetes Maudits
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /2010 15:29

Des rives de la mer jusqu’aux flancs des coteaux,

Sur la plaine et les monts, de maisons en châteaux,

Sur chaque arpent de terre argileuse ou calcaire,

Quel que soit le canton du plus riche au précaire,

Sur les corps, les esprits, le plus mince sentier

Et sur l’arbre et la pierre ou la fleur d’églantier,

Jusqu’aux troncs des feuillus, l’eau vive des rivières

Ou la mare endormie, aux tréfonds des ornières,

Essaimant sur ses pas le bonheur, la beauté

Inscrite en filigrane en la moindre clarté

L’indicible présence étendue en étoile,

Sans frontière, aérienne enlumine la toile

   Sur les ailes d’Éole et la trame des cieux,

Quel puisse être le nom de la chose ou des lieux,

Estampille du Sud, l’âme du vin voyage

Et porte l’allégresse au cœur du paysage…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : In Vino Véritas - Communauté : Revue poésie et nouvelles
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /2010 15:22

 Attachée au sarment, sinople chevelure,

A la neuve saison, le cep échevelé

Folâtre guilleret sous le souffle étoilé

De la brise enivrant le terroir d’un murmure…

 

Annonces du printemps, de la fleur en garrigue,

Joyeuse ritournelle en guise d’oraison,

Le chant de l’hirondelle embaume sa toison,   

Exhalant les saveurs dont la terre s’irrigue

 

Bruissements furtifs aux creux des paysages,    

Le bourgeon ressuscite et aux flancs des coteaux

S’éveillent des parfums, des arômes nouveaux ;

Intrépide la vie envahit les feuillages…

 

L’espérance fleurit dans les nids, dans les têtes

Quand, d’un rire de femme ou bien d’une chanson

        Soudain l’amour revient égayer l’horizon ;

La vigne a les couleurs que chantent les poètes…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : In Vino Véritas - Communauté : Poésie Passion
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