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Vaincu par l'orage...

Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 03:09

Ô ! Femme condamnée aux châtiments barbares,

Par le fer, le fouet, la prison, la rancœur,

Des hommes insensés, sans conscience ni cœur, 

Ont mutilé ton corps de plaies et puis d’esquarres…

 

Tu ne vois plus le ciel dans les mains tortionnaires,

De les voir ricaner je ne peux que vomir,

Ta douleur et tes cris m’empêchent de dormir,

Sans pardon je maudis tes procureurs sectaires…

 

Je pleure submergé par l’humaine bêtise,

Le bête s’est éveillée et commence à gronder,

Des juges corrompus veulent te lapider ;

Frêle petit oiseau l’espérance agonise…

 

Ta vie est un enfer impossible à décrire,  

Ils ont dit que ton âme est coupable d’aimer,

Pour ce qu’ils te font puisse, un jour, Dieu les damner !

Plus fort que tous les mots que nous pouvons écrire…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Coeur de poète
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 16:23

Nourri par ma conscience, à qui voulait l’entendre,

Haut et fort, je disais les mots consensuels,

Ceux qui dans l’air du temps semblaient universels,

Balayant les sujets sans même les comprendre…

Certes de bonne foi, je clamais mes critiques

Mais j’occultais de fait certaines vérités

En demeurant aveugle à ces réalités

Que je ne voulais voir au nom des grands principes…

De toutes les laideurs les tenant responsables,    

De mille lieux communs, étayant mes propos, 

Sans gloire ni périls enivré par les mots,

J’allais le doigt pointé désigné les coupables !...

 Tandis que je bramais ma révolte bourgeoise,

Exaltant l’humanisme et hissais le drapeau

Des gens bien pensants en suivant le troupeau

Des intellectuels soudain, douce et narquoise,  

J’entendis une voix résonner dans ma tête :

« Toi, l’homme préservé des soucis quotidiens,

Tu donnes des leçons et cries avec les chiens,

D’être l’un de ceux là ; tu me déçois poète ! »

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 03:06

Va et vient incessants au sortir d’une alcôve

Des couples singuliers, en détournant les yeux,

Se croisaient au détour d’un rideau couleur fauve

Qui tout juste masquait leurs ébats licencieux…

 

La salle, elle-même, était glauqe et pesante,

Perverse, elle sentait le crime, le désir

Retenu, dépravé, l'impuissance angoissante,

le sexe consommé, vite fait, sans plaisir... 

 

Des femmes, au comptoir, exhibaient d’opulentes

Poitrines sous le nez d’hommes concupiscents

Qui ne se privaient pas, de façons insolentes,

D’explorer leurs dessous se montrant indécents…

 

Sur la scène une fille, en des poses obscènes,

Tentait, tant bien que mal, d’exciter un pigeon

Dont les intentions étaient plus que malsaines,

Le patron, quant à lui, reluquait son pognon…

 

À la porte un malfrat, aux airs patibulaires,

Se pavanait décochant des regards agressifs

Aux quidams sans le sou, les idées pas très claires,

Qui titubaient grisés va-nu-pieds et chétifs…    

 

Que vous dire de plus sur ce lieu de misère,

Dans l’attente du jour et d’un autre horizon,

Je noyais mon chagrin tout au fond de mon verre ;

Simplement j’étais là sans espoir ni maison…

  

Une nuit, égaré, dans un bouge minable,

Je buvais seul assis dans un coin malfamé,

Le vin était mauvais, le décor détestable,

L’atmosphère vulgaire et le bar enfumé…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Les Grands Poètes
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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 13:25

 Franchissant la frontière à pas de loup sans bruit,

Le visage grimé des couleurs de la guerre,

Dans la ville endormie ils sont venus la nuit

Etriper de leurs dents les espoirs de naguère…

 

Inutiles sillons éprouvés par mon cœur,

Comme roses à peine écloses sur mes lèvres,

Les mots n’ont pas d’échos, le non-sens est vainqueur,

Au loin un chien aboie et mes rêves sont mièvres…

 

Interné dans Gaza l’un dit que c’est l’enfer,

Cloîtré dans une cave un autre, à genoux pleure,

Sa  maison dévastée, un ouragan de fer

Déferle sur la ville et ce n’est pas un leurre…

 

Frêles fétus de paille emportés par le vent, 

Souvenances enfants décimés par l’orage,

Les soldats, les démons, ils reviennent souvent

Maraudeurs des bas-fonds animés par la rage…

 

Que de maisons en ruine et que d’agonisants

Allongés sur le sol nourrissant la charogne… 

Quand tombe la poussière assis près des gisants,

L’envahisseur au matin contemple sa besogne…

 

Souffles d’encre à mi-voix doucement déposés,

Chuchotés sur la page, un oiseau s’envole,

Allongés sur le sol maints petits corps brisés,

Longuement sans un cri le silence résonne…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Les artistes engagés
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Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 14:06

L’enfant arme sa fronde et la pierre ricoche,

Sans même égratigner la cuirasse d’acier

Du mastodonte armé. Feu ! Crie un officier 

Le temps est rouge sang, déjà la mort chuchote…

 

L’enfant court sous le feu nourri de la mitraille,

Soudain happé de terre il tombe lourdement

Et roule sur le sol... Le monstre  lentement

Pivote sur lui-même, il faut vaille que vaille

Qu’il réduise à néant la moindre résistance,

Dénudé de conscience, il obéit c’est tout

D’autant qu’on lui a dit : « l’adversaire est partout,

Montre-toi grand et fort prive le d’existence,

Soumets, détruis, réduis, inflige la sentence,

Pour le bien de la cause absous les sentiments,

Dans ce pays en guerre, il n’est pas d’innocents

Hommes, femmes, enfants, tous feront pénitence !... »

 

L’enfant git dans la rue au milieu des décombres,

Il manquera l’école, il expire en soldat,

Un autre prend sa fronde et poursuit le combat,

Qui subsistera tant qu’il restera des ombres… 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Les Grands Poètes
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