Au pinacle de l’effroi, le laid que rien n’encombre, Étayant ses verdicts d’arguments contrefaits, Se nourrit de la chair du juste et des parfaits, Sur les ruines du temple arrive le jour sombre… ...
Ultimes survivants, complices du pillage, Dans l’espoir d’y cueillir des miettes de raison, Irons-nous sur la berge ausculter l’horizon Et du temps épurer l’amertume sans âge… ? En silence et ...
Insensible instrument, subvenue en charogne, De la douleur du monde elle fait un festin, Qu’importe l’argument, maîtresse du destin, Sans âme, elle accomplit simplement sa besogne… Arbitraire ...
Longuement, j’ai rodé contemplant l’éphémère, Esseulé, j’en parcours la perfide clameur, Sous son faste et ses chants se cache la rumeur, Aux détours d’un couloir j’ai croisé la misère… Je l’ai vu ...
Comme partent les trains lorsque l’aube est blafarde, Ta présence s’éloigne et me laisse esseulé, Sur le fil du destin je titube, harcelé ; Dans mon cœur le chagrin a planté son écharde… Et ton ...
Lors d’une étrange nuit dans la pâle clarté D’un printemps vieillissant prémices de l’automne, Sous un ciel sans étoile et d’un gris monotone, J’éprouvai du chagrin l’étonnante beauté… Comme venu ...
Je n’entends plus ta voix, suave mandoline, Sur la pointe des pieds, sans souffle intempestif, Chaque jour, doucement, glisse ton pas furtif ; Tu t’éloignes de moi délicate et féline… Toujours ...
De douceâtres vapeurs de musc et de santal Dérivent sous la lune, entoilent son visage, Cotonneuse, la nuit estompe le rivage, Sur la mer, mon esprit muse sentimental… Lambinent dans mon cœur des ...
A l’axe des chemins, par la grâce fauché, Délicate inconnue, exquise et cabotine, Dans mes yeux papillonne une ombre libertine ; Emerge un sentiment impalpable et caché… Ivresse du regard, je ...
L’un à l’autre adossés, peuplant l’immensité, De petits moutons blancs, comme des enfants sages, Dessinent dans l’azur un atoll sans rivages ; Du céleste mon cœur éprouve l’unité… Je perçois, de ...
A l’écart de la ville, aux limites du vide, Plus banni qu’oublié, territoire interdit, Le béton du ghetto, que l’on nomme maudit, Par le rythme et le tag se soustrait du sordide… Ecoutez la ...
L’un estime la valse infiniment trop lente, Cet autre, se complait de son rythme lascif, L’un pressé la maudit, l’autre contemplatif S’enivre de son eau follement insolente… D’arpège en opéra, ...
Je ne peux, mon Amour, dévoiler de tes yeux, L’indicible clarté que la nuit plus encore Enlumine d’éclats et dont seule l’aurore Explicite en plein jour le présent merveilleux… Effaçant de mon ...
Plutôt que du chagrin et ses tristes cortèges, Ô ! Muses de l’amour dessinez les atours, D’un mot, j’en tracerai les délicats contours ; Laissez-moi succomber aux divins sortilèges… Du suave ...
Il pleut dans ma mémoire et le temps s’éternise, Il m’arrive parfois d’entrevoir le désir ; Cet amant désuet qui m’ignore à loisir, Que nulle émotion ni ferveur n’humanise… Viel ami de mon cœur le ...
Troubles cristaux de sel, entre les frondaisons, Du monde primitif les célestes reliques, Il est de longs soupirs, des vapeurs éthyliques Dont, sans âge, l’écho traverse les saisons… Au-delà du ...
Lorsque la vision éclaire mes paupières, Esprit régénéré, je suis la flamme et l’eau, De l’incendie autant le bois que le fourneau, Je n’ai comme pays que mes propres frontières… Je parcours ...
Fragrances d’univers au souffle irrégulier, Lorsque la vision consulte le possible, De l’œuvre transparaît la matière indicible ; Irrévocable, émerge un verbe familier… Secrète anamorphose au ...
Pour tous ceux que le monde exile du bonheur, Poète, de tes vers, compose la beauté, Chante ce lien d’amour nommé Fraternité, Apôtre de la Paix déclame avec honneur… Des sentiments obscurs le ...
Sybarite le monde est entrain de crever, Désireux d’abroger son sanglot pathétique, D’un geste salutaire, insurgé poétique, Je m’octroie humblement le pouvoir de rêver… Des souhaits de l’Ego je ...
Lorsque la prosodie exalte l’ordinaire, Monocorde, le verbe infléchit l’effusion, Désuète la règle essouffle la vision, Sous le joug des censeurs s’éteint l’imaginaire… Quand le poète extrait le ...
Inaccessible muse à la froideur mystique, La glace de ton sang et tes yeux de métal Enluminent son cœur d’un mirage fatal Transformant le poète en victime extatique… Quémandant de l’amour la grâce ...
Nature funambule au fil des sentiments, D’une main « arc-en-ciel, » le peintre, de pigments, Est libre de suspendre, au pinacle, une étoile Et du vide absolu d’enluminer la toile… Virtuose indécis ...
Il pleut, le ciel fardé d’encre mélancolique Dessine les contours de mes yeux assombris De larmes. L'aquilon emporte les débris De l’été moribond, le temps passe aphasique… Un bruissement de pas, ...
Des fragrances de suie entoilent le rivage, Le ciel, entortillé sur lui-même, est pouilleux, Saumâtre et gris le jour se lève broussailleux, D’une ecchymose, l’aube exhibe son visage… Ô ! Muses, ...
Echiné, fatigué des débauches du Moi, L’orgueil émancipé de ce mal qui le ronge, Cristalline clarté, sans jaspe ni mensonge, Des choses sans fardeau je quémande l’émoi… Sur une chaise gît ...
Intime est le chemin qui mène à la splendeur, Dont seule une âme pure invente les présages, De l’être à l’infini, les mille et un passages, La lumière, d’un fil, en tisse la blondeur… Adepte du ...
Vous, enfants du naufrage aux âmes querelleuses, Sur les rives du fleuve, ô ! Fragiles roseaux, D’une branche de thym et de plumes d’oiseaux, Assainissez le ciel de ses ombres frileuses… Qui ...
A l’heure où le crotale essaime son poison, Tandis que les vautours altèrent la lumière, Ricaneur le chacal surgit de sa tanière, Assoiffé par le sang, l’homme en perd la raison… Il cherche en lui ...
Certains contemporains prisent l’absurdité Et même si souvent ils le font par snobisme, J’en respecte l’annonce et la capacité Mais n’en saisis pas moins le manque d’esthétisme. Je ne peux, pour ...
D’instants de passion en moments de dépit, Fragments désagrégés du sublime cantique, S’égoutte inaperçu le temps énigmatique, Perdu sur son ruisseau trouble, l’homme glapit… Au passage des ans, ...
Captives de la nuit des étoiles sans tige Contemplent du chaos le divin tourbillon, Creusant à chaque pas un merveilleux sillon, Lumineuse la vie intrépide voltige… Au sein des astres morts, ...
J’harmonise des mots la musicalité, Je cisèle les sons de la noble substance Puis donne un corps vocal à chaque résonance Et délivre le sens de sa conformité… J’offre à chaque syllabe une autre ...
Anonymes défunts, tant des nôtres sont morts Rongés par la misère et le noble remords, Cette chose étonnante aux pouvoirs fantastiques Qui sans cesse revient de ses regards critiques Tourmenter le ...
Auusi forts qu’insolents, des astres monstrueux S’élancent flamboyants puis, colosses d’argile, Du vertige éprouvant la foi de l’évangile, Ils titubent grisés sur un gond somptueux… Des stupeurs ...
Ô ! Monde, qu’as-tu fait de cet art millénaire Qui du terne éclairait la sinistre fadeur, Dont le verbe effleurait l’ineffable grandeur Puis transmutait la boue en matière ordinaire… ? Nomade ...
Du doute qui l’anime enlacée à sa tige, Mon âme a le désir de sa pérennité Et de l’œuvre applaudit l’immense volonté, Le funeste est l’objet du terrible litige… Poussière d’oxygène atteinte de ...
Au-delà du visible, en demi-teinte, émane Ce que l’être imagine inscrit dans l’imminent, Le ciel a les couleurs du verbe qu’il déclame Et se métamorphose au gré du sentiment… Vision de l’esprit ...
Étrangère aux rumeurs dans son triste costume, Inscrite en filigrane, anonyme au matin, A l’aube, elle musarde en quête d’un butin, Flegmatique, la vie en chante l’amertume… Assise dans la marge, ...
Récusant du destin l’horizon broussailleux, Le front haut, libre et fier, debout face au rivage, L’homme écharpe du ciel l’âpreté du nuage Du hasard il gravit l’éperon merveilleux… De son art, ...
Derniers Commentaires