Voyez cet homme aigri laminé par la haine, Il traîne son mal-être et crache sa rancœur, Innommable venin empoisonnant son cœur ; Surgit des profondeurs l’imputrescible chaîne. Insensible, c’est ...
Fauves couleurs d'automne aux pastels vieillissants Le paysage s'estompe, une feuille s'envole Et puis une autre encore aérienne et frivole ; Ne reste de l'été que reflets caressants... Empreintes ...
Tu passes près de moi, merveilleuse et cruelle, Ton cœur ne me voit plus, il regarde au-delà l'eau vive de la joie alors à capela J'arpente de l'ennui la blafarde ruelle... Sans un moindre regard, ...
je n'entends plus ta voix, suave mandoline, Sur la pointe des pieds, sans bruit intempestif Chaque jour, doucement, glisse ton pas furtif ; Tu t'éloignes de moi délicate et féline... Toujours plus ...
A la fois sombre et vif, d'un reflet aiguisé Comme un poignard d'argent, prémices d'un orage, Flamboyant, ton regard, enluminé de rage, Sur l'étang de mes yeux, froidement s'est posé... Sans ...
Ne laissant sur ses pas qu'un souffle de tendresse, Qu'un pétale fané doux comme le satin, Désinvolte et cruelle, une rose au matin A planté, dans mon cœur, une épine traitresse... Et j'entends au ...
Lors d'une étrange nuit dans la pâle clarté D'un printemps vieillissant aux couleurs de l'automne, Sous un ciel sans étoile et d'un gris monotone, j'éprouvai du chagrin l'étonnante beauté... Comme ...
Sans rien dire ton pas, chaussé de solitude, S'éloigne lentement...Je vois de ton chemin La grisaille et l'ennui mais ne peux de ma main, De ton âme, extirper la vaste lassitude... Il me semble ...
Amante autant que femme aux rondeurs généreuses, De ton corps tu complais mes désirs vaniteux, Sur de profonds sofas, en des bouges miteux, S'enlumine l'alcôve aux clartés paresseuses... D'un ...
De ces mots chancelants que tu ne sais entendre, Affranchir de tes yeux le sourire trompeur, M'enticher du silence au puits de ta torpeur Et m'asseoir près de toi sans cesser de t'attendre... ...
Comme partent les trains lorsque l'aube est blafarde, Ta présence s'éloigne et me laisse esseulé, Sur le fil du destin je titube harcelé ; Dans mon cœur le chagrin a planté son écharde Et ton rire ...
Un ciel gris pour linceul et l’oubli pour tombeau, Corps brisés, disloqués sans forme ni visage, Terrible alignement, comme seul paysage Ne reste de vivant qu’un sinistre corbeau… Du nécessaire ...
De l’ennui, monotone arrive la saison, Sombre et neigeux l’hiver, de givre s’encagoule, Agnostique, le ciel sur lui-même s’enroule, De grands oiseaux de proie encrassent l’horizon… Du sentiment, ...
Il pleut dans ma mémoire et le temps s’éternise, Il m’arrive parfois d’entrevoir le désir, Cet amant désuet qui m’ignore à loisir, Qu’aucune émotion ni ferveur n’humanise… Vieil ami de mon cœur le ...
Ta lèvre, sur ma peau, comme une chrysalide, Se dépose et s’envole avec légèreté, Délicat, son baiser, sans culpabilité, Me lègue son empreinte aérienne et liquide… Lorsqu’au matin tu pars dans ...
Clocher, sonne le glas ! Mon cœur est un tombeau, Une crypte ! Erodé par l’ombre, il se consume. Fétide, seul le doute encore le parfume, Sur lui, le désarroi remoule son couteau… Nul écho n’est ...
Étreint et cahoté par la main du géant, Subissant du roulis l’effroyable vertige, Du passé préservant la gloire et le prestige, Tangue et roule navire affronte le néant… Fier sous le vent, ton ...
Indicibles fragments, échos de vérité, Les jardins de mon cœur sont garnis de poussières, J’entrevois de mon art les figures grossières Et je sème les mots avec humilité… O ! Muses, de mon âme ...
Mon âme a des tiroirs encombrés de clameurs, Il suffit qu’un hasard en brise les serrures, Arômes surannés s’ouvrent mes meurtrissures, Madame, tolérez d’avance leurs humeurs… Je ne veux plus ...
L’oubli, d’un lent murmure encercle la pénombre, Douceâtres, ses vapeurs édulcorent l’ennui, Tremblant, ton souvenir s’échappe dans la nuit, De notre amour d’antan ne reste plus que l’ombre… Mon ...
Il voit passer les gens, ils viennent tous le voir Mais il ne sait pourquoi ? Son esprit s’interroge, Pourquoi cette tristesse au son de l’au revoir ? Fugace sa conscience à l’absence déroge Et ...
Esquif de papier, j’arpente le ruisseau, Ballotté par le sens, d’un point, d’une virgule Immobile et contraint, quand la rime bascule, A mon vers suspendu, je ne suis qu’un roseau… Une main me ...
Intrinsèque prélude à l’aurore première, Une flamme jaillit du vide vespéral, Emerge inachevé le monde sidéral De la fusion nait l’essentielle matière… Composé de fragments liés par la lumière, De ...
Subsistance de l’âme, ineffable à transcrire, Dont seul le cœur pressent la révélation, L’étonnant et l’espoir pour résurrection, Lorsqu’émerge l’esprit la parole chavire… De cette chose en soi ...
Comme seul un soupir sait bien se faire entendre, Fluide comme l’éther, je glisse entre deux eaux Vers ces rives sans âge où rêvent les oiseaux, Des murmures du temps ne reste qu’une cendre… Sur ...
En suspend, sous mes yeux, dans l’attente de naître, Il reste tant de mots que je n’ai pas appris, De la vie et son eau de leçons à connaître Et tant de sentiments, de mon cœur, incompris… Dans ...
Maisons éventrées, Les tripes à l’air Maisons dévastées, La vie à terre… Racines brisées, Passé défiguré, Présent suspendu, Rêves avortés… Ruines brûlantes, Univers à reconstruire, Ruines à ...
Sous le poids de l’ennui, le corps à l’abandon, J’avais les yeux brûlés lorsque tu es venue… Tu m’as fait l’amour, j’ai demandé pardon Puis, d’un cri, conjuré ton ombre disparue… Je n’ai d’autre ...
Misérable nombril, béotien paltoquet, J’exalte de l’Ego les orgies ordurières, J’abuse, vaniteux, de l’absurde en paquet, Quel est donc ce poète aux mauvaises manières… Ejaculant mon encre en long ...
Ballottés par le flot du céleste chaos, Des effluves de chair prennent corps en échos… Enfanté par hasard au creuset de l’abîme, Ébrasant le néant, un visage s’anime… Obscurs fragments épars, ...
J’extirpe de mon cœur l’ineffable tourment, Je conjugue le verbe avec parcimonie, Réfractaire aux dictats, j’étripe l’atonie, Humblement, je transcris la fleur du sentiment… Au hasard des ...
Etre avec ce qui vient en totale harmonie, De la vie à la mort et sa fatalité, Apprivoiser en soi cette dualité, Des larmes du destin tarir l’acrimonie… Libre de tout espoir, sans cérémonie, De ...
Rien ne sert de prier le céleste symbole, D’attendre du zénith le moindre assentiment, Le verbe originel, source d’entendement, De l’être en devenir calque la parabole… Humble pèlerin qui, du legs ...
Poussière d’oxygène, impalpable entité Qui libère l’esprit de la mortelle impasse, Dont le corps incertain forme la carapace Et qui, de par son art, s’ouvre à l’immensité… Aux sources du possible, ...
L’innommable pouvoir, d’un élan corrupteur, Métamorphose l’homme en sournois prédateur, Pervers, l’usurier, sous son air respectable, Érige de plein droit l’oukase inacceptable… D’anonymes tyrans, ...
Si jeunes, mais déjà le cœur plein d’amertume, Regarde ! Si chétifs les enfants du bitume, Si fluets et pourtant, le regard si rugueux, Avant l’âge éreintés, vivant comme des gueux… A la fois ...
Les bonheurs d’autrefois sont partis quelque part, Tous les trains pour ailleurs siffleront sans départ, D’un garrot, la terreur resserre son étreinte, Le front des libertés se courbe sous ...
Vivre sans crainte, libre accomplir son destin, Du livre ornementer, une à une, les pages, Des bienfaits de l’amour croire en tous les mirages, Du bonheur d’exister préserver le butin… Ivre, ...
Perverse, d’un sanglot, suspendu dans le soir, Sur la chair, l’araignée aiguise son rasoir, D’une toile en étoile encorde tout l’espace, Altéré, le silence en conserve la trace… Fourbe, l’anxiété ...
Terrible messager, saumâtre charognard, O ! Sinistre corbeau délivre ton message, Crachouille ton venin et quitte mon rivage, Je sais déjà Pluton aiguiser son poignard… Pitoyable destin que ...
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