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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 18:10

Le souffle de mon cœur, comme une guêpe prise

Au piège d’une cage en verre dépoli,

Bat des ailes en vain, bourdonne et puis s’épuise :

Ta porte reste close et l’horizon pâlit…

 

Sur le bord d’un trottoir, je retourne ma poche.

Avec soin conservé sous un mouchoir froissé,

Ramassé dans la rue, un objet plutôt moche,

Alambiqué, sans doute un vieux ressort cassé,

 Comme mon cœur, rouillé. Pas plus gros qu’un poix-chiche,

Un morceau de métal que personne ne veut

Ni voir ni posséder, devenu mon fétiche,

Lorsque le ciel est gris je lui confie un vœu…

Négligeable et commun, un peu à mon image,

Invisible à vos yeux, vagabond sans le sou,

Tout juste toléré, c’est dans le paysage

Un petit rien perdu qui ne vaut pas un clou

Raflé je ne sais où. Seulement une chose

 Avec qui je converse et délire la nuit

Quand l’envie est trop forte et mon âme morose,

   Quand l’instant se suspend aux branches de l’ennui,

Quand je vais, au hasard, me perdre, solitaire

Dans la ville et surtout, pour ne pas sangloter,

Qu’il me faut, à quelqu’un parler, ne plus me taire

Replié sur moi-même en proie à l’anxiété.

Quand mon attente est vaine et la vie incertaine,

Quand la douleur revient nourrir le sentiment ;

C’est comme une présence à qui dire « je t’aime !... »

Un ami dont j’ai fait mon dernier confident…

 

Accrochée à mes pas, nébuleuse compagne,

Les jours ont beau passer, fidèle à mon émoi,

Le temps est immuable et sa main m’accompagne,

Solitude m’exile au plus profond de moi…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 11:21

Amante, elle s’élance et capture l’espace

Entre ses bras. Du geste émane un sentiment

D’éternité. Charnel, le tangible trépasse

Et donne un corps au rêve inscrit dans l’immanent…

 

Dans l’arche de ses mains, tout bouge soudain vibre,

Se dissout puis s’anime aux pourtours des matins

Tracés. D’un pas de danse elle s’envole libre   

Et tisse l’éphémère en possibles chemins…

 

Son envol décompose à l’infini des nombres

L’intervalle incertain, l’invisible à l’œil nu,

Le mince filament qui désunit les ombres

De la lumière où naît l’instant discontinu…

 

L’imaginaire est là, contenu dans l’envie

D’harmoniser le vide à son cœur palpitant,

À chaque nouveau souffle elle enfante la vie

Et s’envole au-delà du murmure existant…  

 

Le temps n’existe pas, seuls avancent les astres,

Tout s’érode, s’éteint sans larmes ni désastres,

Tout passe, disparaît puis renaît autrement,

L’être se perpétue au fil du mouvement…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Poétiquement vôtre !
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Samedi 10 septembre 2011 6 10 /09 /Sep /2011 16:10

Songeuse, elle est là sur les rives du monde,

Elle écoute le chant des fleurs et des oiseaux,

Tous les sens en éveil, étoilés en faisceaux,  

Elle fait corps avec la nature féconde…

À la fois femme, feuille, arbre, branche et racine,

Elle devient le vent qui glisse sur sa peau

Et frisonne au toucher de l’haleine divine,

Frivoles, ses cheveux flottent comme un drapeau…

Éprouvant les bienfaits du souffle qui l’habite,

L’âme et le cœur tournés face à l’immensité

Ainsi sur le chemin à suivre elle médite  

Et découvre la clef de son identité…

 Osmose, sentiment profond d’appartenance,

À la marge du temps, de la terre et du ciel

Elle augure le lien, l’antique résonnance, 

De la vie à la mort le murmure essentiel…

Elle est libre d’aimer car tout en elle existe,

Conscience d’un bien-être à nul autre pareil

Au rythme des saisons, sa poitrine palpite ;

Elle se sait amante et fille du soleil…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Poudre d'Arc en Ciel
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 15:59

N’enfermez pas l’amour dans un sombre bazar,

Dans l’ennuyeux fracas de la vie ordinaire,

Non, ne le laissez pas s’éteindre solitaire

Sous les cendres du temps simplement par hasard…

 

Écoutez-le chanter dans le creux de vos mains,

Acceptez l’arc-en-ciel, les couleurs de son âme,

Quel que soit son humeur, n’en faites pas un drame,

Prenez-le comme il est sans peur des lendemains…

 

Allez moudre le grain qu’il attend chaque jour

Sans lequel, doucement, il perdra la parole,

Ce n’est pas une offrande et ni même une obole,

Simplement une étoile au sommet d’une tour…

 

Au rythme de son cœur, d’un pas respectueux,

En humble serviteur, aux sources des tendresses,

Emmenez-le danser la valse des caresses,

Avec lui tournoyer sous un dais somptueux…   

 

Donnez-lui des étés de braises et des nuits

Sans sommeil, de l’eau fraîche…Allez boire à ses lèvres

La lumière limpide où s’abreuvent les rêves,

À ses pieds déposez des bouquets épanouis…

 

Dans ses bras lâchez prise, éveillez du désir

Et le corps et la flamme. Entendez comme il vibre !

Au bien-être des sens, montrez-lui qu’il est libre,

Avec lui partagez l’essence du plaisir !...

 

Préservez ce joyau des soucis, des tracas,

Du quotidien banal, de la fureur des armes,

De l’hiver et du froid, du sang et puis des larmes ;

Dites-lui, chaque jour, des mots doux, délicats… 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Souffles d'encre... - Communauté : au fil des mots
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 03:38

Un sillon de cailloux nimbé d’herbes sauvages

Caché parmi les ceps, les figuiers et les pins,

Il serpente parfois aux pourtours des rivages,

L’on y croise souvent écureuils et lapins,

La terre et les étangs y mêlent leurs épices,

Dévoilant ses furtifs secrets au fil des pas,

En pente douce, il mène à de grandes bâtisses

En bois, il en est une assise, en contrebas,

Plus modeste, semblant s’échouer sur la grève,

Des comportes de fleurs charment le visiteur,

 A l’ombre, sur un banc, une chat s’étire et rêve.

L’on peut s’imaginer y voir un vieux pêcheur

Recoudre ses filets, peut-être aussi, sensible,

Un couple d’amoureux s’enlacer tendrement

Sous la tonnelle ou dort un bel enfant paisible,

Il pleut de l’or liquide en ce jardin clément,

Autours de la maison comme un parfum d’orange,

Une fontaine, un puits, des arbres, des oiseaux

Et puis au bord de l’eau cette cahute étrange

Où des elfes parfois, étoilées en faisceaux,

Semblent flotter au gré des brises occitanes,

C’est ici que souvent, seul parmi les roseaux,

En regardant danser d’ancestrales tartanes,

Je viens la nuit me perdre en des mondes nouveaux…

 Ballade en d’autres temps, j’enfante des histoires,

Nul n’en saura jamais le juste sentiment,

Je puise l’utopie en des lieux de mémoires,

L’endroit que je décris n’existe pas vraiment…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Intime confidence... - Communauté : Inspirations poétiques
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