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Vaincu par l'orage...

Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 16:32

Sur le quai d’une gare un papillon s’envole,

La brûlure s’évase et ravive l’émoi,

Bientôt je serai nu, déjà mon sang s’affole,

Je regarde le ciel et les jours devant moi,

 La flamme, le brassier, immense l’incendie

Déferle sur mon cœur, quand tout sera brûlé,

Consumé, calciné subsistera bannie

L’empreinte du passé sur laquelle empalé

Je gémirai sans fin mon chagrin et ma peine…

J’écouterai la plainte aux mots décapités

Se briser sur les murs du silence d’ébène…

Ô limbes, profondeurs et chemins désertés,

Condanné, je suis seul les mains pleines de cendres,

Je ne peux oublier le jardin, l’oasis,

Le verger de l’amour et tous ces matins tendres

Qui fleurissaient à l’aube au temps heureux, jadis !…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : La voix du coeur
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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 03:54

Sur le sable, au hasard d’un chemin, j’ai jeté

Les runes, l’horizon sur lui-même vacille,

Il me semble entrevoir l’ombre d’une faucille

Au dessus de ma tête et je chute hébété

Dans l’abîme, le ciel, encré, sans profondeur

Ni perspective, est noir, impression étrange

De flotter sur un radeau, j’ouvre les yeux, un ange

Ou peut-être un gardien est là puis une odeur

De souffre me surprend, je vois mon corps couché

Sur les rives d’un fleuve immobile et sombre,

Pas un reflet ne vient égayer la pénombre,

Le paysage est vide et l’avenir bouché…

 

Ainsi passe la vie un jour on ouvre un œil,

On voit son quotidien et le monde s’écroule,

La tristesse et l’ennui, comme pierre qui roule,

Nous emporte loin au plus bas sur le seuil

Du néant et du rien qui le masque tombé

Nous abandonnent nus face à la solitude

A laquelle on survit d’une lâche attitude ;

Pourquoi nous faut-il croire à cet espoir plombé ?…

Lorsque dès le matin ne vient aucun désir,

Que tout nous paraît gris futile et dérisoire

Et qu’il nous faut encore inventer une histoire

Afin de se lever sans raison ni plaisir…

 

Intime confidence au nœud des vérités,

Me voici parvenu devant la porte close

Dont j’ai perdu la clef, ne reste plus grand-chose

A quoi me raccrocher sinon des fruits gâtés,

Une corde élimée, un miroir ébréché…

Je suis las, fatigué de chercher à comprendre

Cette vieille langueur pourrissante et peu tendre

Qui me fait chanceler comme un homme éméché.

L’âme et le cœur usé, je veux juste dormir,

Ne pas penser, flotter, seulement me suspendre

Ailleurs, inexistant et puis, surtout m’étendre ;

Sur le sein de Morphée à jamais m’alunir...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poetes Maudits
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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 02:10

Trop longtemps enfermée en vos cages de fer

Ou bien vos palais clos subissant vos caprices

En épouse fidèle où encore l’enfer

De vos mots, de vos coups, véritables supplices…

 

Aux tréfonds d’elle-même elle puise l’orgueil

D’exiger le respect de l’animal infâme

Qui chaque jour façonne et scelle le cercueil

Dans lequel elle perd sa jeunesse et son âme…  

 

Récusant les dictats de vos esprits étroits,

Des chaînes de la peur elle brise l’entrave,

Lasse d’être humiliée, elle affirme ses droits

Et relève la tête avec force et courage…

 

Rebelle aux compromis de ce monde brutal,

 Elle étoile les murs des vielles citadelles

Et d’un cri lacérant le silence fatal,

 Décidée à revivre elle entrouvre ses ailles…

  

Machistes de tous crins, petits chefs ou bourreaux,

Fini le temps cruel de la femme soumise,

L’hirondelle a limé vos sinistres barreaux

Et pris son envol vers la liberté promise…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Communauté poétique
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 04:27

Sous les coups incessants de cette brute infâme,

Dans sa cage de fer, prisonnière du mal,

Sans cesse rabaissée au rang de l’animal,     

Chaque jour un peu plus elle égare son âme

Et tente de survivre,  innocente victime

D’une main tortionnaire, à  l’enfer quotidien

Qui depuis qu’elle est femme est devenu le sien… 

Plus de jour, plus de nuit, sa vie est un abîme

Un sordide couloir sans la moindre ouverture,

 Personne aux alentours ne vient la secourir,

Simplement lui donner la force de courir

Loin de ce  monstre abject d’une atroce nature …

Engeance de l’espèce humaine, méprisable

Bourreau, persécuteur, homme lâche, brutal,

Capable, sans remords, du pire et du fatal,

Sur sa proie, Il commet le geste inexcusable…

De la jeune colombe il a brisé les ailes

Puis il a façonné les chaines de la peur,

Jusqu’au fond de son cœur répandu la terreur,

Et de ses yeux éteint les ultimes chandelles…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Communauté poétique
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Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 02:31

Elle frisonne au bruit du pas dans l’escalier

Et retient un sanglot, ne pas laisser paraître

La moindre émotion, trop aviné peut-être

Ira-t-il se coucher sans même l’humilier...

 

Il est devant la porte, ivre sur le palier,

Elle tremble, la peur revient inaltérable,

Que faire, se cacher ? Elle se sent misérable

Suspendue à la sombre humeur de son geôlier…

 

Soudain dans le couloir un juron familier,

Ne pas le provoquer, immobile se taire,

Surtout baisser les yeux, subir, le laisser faire,

Lui montrer des égards, toujours le remercier…

 

Il entre, la regarde et se met à crier

En guise de bonsoir, c’est ainsi, rien ne change !   

Lui servir à dîner sans lui sembler étrange :

En esclave fidèle à sa loi se plier…

 

Et puis attendre encore, appréhender le pire,

Les yeux clos de dégoût répondre à son désir,

Violée, outragée alléguer le plaisir ;

Se laver longuement cracher l’air qu’il respire…

 

Sentir au fond de soi la force de partir,

Avoir la paix, puiser un reste de courage,

Dégrafer son corset au monde hurler sa rage ; 

 Trouver la liberté simplement de mourir !…  

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : La voix du coeur
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