Lors d’une étrange nuit, tandis que sous les arbres
D’une triste forêt, homme seul et perdu
Sur un chemin pétré parmi les fleurs macabres,
Les ronces, les rochers, j’allais le cœur fourbu,
Tandis que les yeux clos, allongé sous un chêne,
Doucement je glissais dans un mauvais sommeil,
Doux soupir dans ma tête une voix allogène
Me parlait des oiseaux, du soleil et du ciel,
Elle disait que plus loin, au-delà des nuages,
Il était sans douleur un bien tendre jardin,
Qu’il fallait feuilleter l’épaisseur des feuillages,
Et décrypter la nuit pour trouver son chemin…
Une femme m’attend au détour d’un poème,
Je ne l’ai jamais vu mais mon cœur la connait,
Elle habite son rêve et lui dit des « je t’aime » !
Par le charme envoûté dans l’aube qui renait
J’ai dessiné l’ailleurs que mon âme imagine,
Vénus apparaît nue à la lisière de l’eau,
Elle sort de son bain, silhouette androgyne
Dans l’ombre en demi-teinte à côté d’un roseau…
Aux pourtours de la mare un cygne déambule,
Une biche vers elle avance à pas furtifs,
De grands saules lascifs, sous un voile de tulle,
Se balancent au vent danseurs contemplatifs…
Dans l’opale clarté d’une lune complice,
Humide de rosée, entre la frondaison,
Un sillon s’est ouvert, un elfe avec malice
Volète autours de moi préludant l’oraison :
« O ! Muse si longtemps j’ai cherché ta caresse,
Tu es là ma déesse, offres moi ton baiser,
Je veux boire à ton sein le nectar de l’ivresse,
Dans tes bras me nicher, et mourir apaisé… »
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