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Les correspondances...

Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 14:00

 Lors d’une étrange nuit, tandis que sous les arbres

D’une triste forêt, homme seul et perdu

Sur un chemin pétré parmi les fleurs macabres,

Les ronces, les rochers, j’allais le cœur fourbu,

Tandis que les yeux clos, allongé sous un chêne,

Doucement je glissais dans un mauvais sommeil,

Doux soupir dans ma tête une voix allogène

Me parlait des oiseaux, du soleil et du ciel,

Elle disait que plus loin, au-delà des nuages,

Il était sans douleur un bien tendre jardin,

Qu’il fallait feuilleter l’épaisseur des feuillages,

Et décrypter la nuit pour trouver son chemin…  

Une femme m’attend au détour d’un poème,

Je ne l’ai jamais vu mais mon cœur la connait,

Elle habite son rêve et lui dit des « je t’aime » !

Par le charme envoûté dans l’aube qui renait   

J’ai dessiné l’ailleurs que mon âme imagine,

Vénus apparaît nue à la lisière de l’eau,

Elle sort de son bain, silhouette androgyne

Dans l’ombre en demi-teinte à côté d’un roseau…

Aux pourtours de la mare un cygne déambule,

Une biche vers elle avance à pas furtifs,

De grands saules lascifs, sous un voile de tulle,

Se balancent au vent danseurs contemplatifs…

Dans l’opale clarté d’une lune complice,

Humide de rosée, entre la frondaison,

Un sillon s’est ouvert, un elfe avec malice

Volète autours de moi préludant l’oraison :

« O ! Muse si longtemps j’ai cherché ta caresse,

Tu es là ma déesse, offres moi ton baiser,

Je veux boire à ton sein le nectar de l’ivresse,

Dans tes bras me nicher, et mourir apaisé… »

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Coeur de poète
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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 15:48

Echo de coquillage une voix m’interpelle,

Sur le sable la mer s’entortille en dentelle,

Le drap plissé de l’eau frisonne dans le noir,

Un pâle candélabre éveille son miroir,

Au firmament la lune alimente le rêve,

Souffle venu du large enfin le vent se lève…

La lagune chantonne au rythme des roseaux,

De la rive s’envole une escadre d’oiseaux…

A l’horizon lointain sur la vague d’agate,  

Vers le soleil levant navigue une frégate,

Suave mélopée, éclat confidentiel,

Résonance en tous lieux inscrite dans le ciel,

A l’oreille une brise, à la fois douce et tendre,

Me chuchote les mots que je souhaite entendre,

Sur l’encre de la nuit, d’une esquisse, d’un trait, 

Aux limites du songe un visage apparaît…

Chevelure d’ébène et regard d’améthyste,

Je me dois de l’aimer car je sais qu’il existe,

L’impérissable lien nourrit le sentiment,

Par vague le désir tisse son filament,

Sa lèvre à fleur de peau délivre son empreinte

Et mon cœur vacille emporté par l’étreinte,

Des embruns épicés de sel et poivres fins

Dérivent sur le quai comme autant de parfums

Capitaine, il est temps de hisser la grand voile,

Sans compas ni  boussole, il faut suivre l’étoile

Et trouver le chemin qui mène à l’oasis,

Une femme m’attend au royaume d’Isis...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Terre de lumiére
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 14:20

Singulier sentiment de flotter sur la houle,

Des bruits, des mots, des pas me frôlent étrangers,

Les néons sont blafards, j’en perçois les dangers,

Je marche dans la marge au pourtour de la foule…  

 

Des hommes, des enfants, des femmes, des visages

Passent autour de moi m’effleurent du regard,

Nul ne semble me voir, en demi-teinte, hagard,

Je traverse exilé de troubles paysages…

 

Le ciel bleu, le soleil et les fleurs et le rire,

Les oiseaux, les jardins m’apparaissent lointains,

Comme miroir sans tain me méprisent hautains,

A l’écart de la route un mendigot soupire…

 

Impalpable une voix dans ma tête résonne,

Que puis-je demander à ces gens aux yeux clos ?

Le monde tourne en rond en de maigres enclos,

Un vieux chien me répond : « au clocher minuit sonne… »  

 

Emporté par le temps, son flot de solitude,

J’ai sillonné la ville et le jour est tombé,

De vieux journaux fripés jonchent le sol bombé,

Une feuille s’envole et prend de l’altitude…

 

Au pied d’un crucifix le voile se déchire,

Il suffit d’une main, d’un horizon nacré,

D’une perle de sang sur un corps consacré,

D’une larme d’amour et mon âme chavire…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Revue poésie et nouvelles
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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 01:08

Rossignol fait son nid et chante son aubade,

Ritournelle, la joie en tout cœur se ballade,

Maints parfums épicés volettent dans les près,

Papillons de lumière et lutins délurés

Dansent la sarabande en ondulant des hanches ;

Il pleut de l’or liquide aux croisements des branches…

Au loin des cris joyeux troublent le paysage,

Une meute d’enfants dans la fraicheur de l’âge

Dans tous les sens s’ébroue et s’amuse d’un rien…

Sur les os de l’hiver, insouciant vaurien

Vêtu d’un treillis vert au faîte du feuillage

Lutine le printemps qui, tel l’amant volage,

De jardins en bosquets, ensemence les lits

Et laisse sur sas pas l’objet de ses délits    

Comme feuillée au vent, pétales d’asphodèles,

Se pose sur les toits un essaim d’hirondelles,

D’un clin d’œil, le soleil attise les tisons

De l’amour renaissant au creux des frondaisons...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 01:37

Ensemençant la terre à la verte saison,

Vagabond entiché d’une vierge princesse,

Ménestrel, le printemps charme la feuillaison

Et donne au verbe aimer une aune de tendresse…

 

Sous le souffle du vent, comme maints violons,

Les herbes et les fleurs semblent battre des ailes,

Des graines feu-follets, telles des papillons,

Lutinent dans les près, musiciennes et belles…

 

Chevelure fétus de paille, dans mes yeux

Bleu pers une sirène ondule avec adresse

Et m’invite à danser sous le drap blanc des cieux

Où se forge l’anneau des amants sans détresse…

 

A fleur de peau, caresse, épanchement charnel,

L’éternité s’entrouvre et dérive sur l’onde,   

Pensée au fil de l’eau, j’ai le cœur caramel,

Le baiser d’une femme enlumine le monde… 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Les Grands Poètes
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