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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 10:04

Muses et baladins, dans la douceur du soir,

Arpentent, en dansant, des chemins de bohème 

Et composent, en chœur, un long et beau poème ;

Le rêve en bout de vers vient, tout près d’eux, s’asseoir…

 

Accueillant en leur sein tout l’ocre d’un genêt,

Estampées sur un drap soyeux couleur ébène,

Bosquets de jasmins, loin de la folie urbaine,

Tissent des quatrains pour en faire un sonnet…

 

À chaque fin de vers gazouillent des ruisseaux.

L’amour, dans l’interligne, enfante des fontaines.

Des rimes enlacées ondoient sur les futaines ;

Leurs chants mélodieux cajolent les roseaux…

 

Onirique, la lune a sorti ses pinceaux,

Ses voiles d’organdi glissent en cascatelles,

Il pleut sur les étangs des frises de dentelles ;

Sur les laisses de mer folâtrent deux oiseaux…

 

Le thym et la lavande écrivent des romans,

Fleurissent, à fleur d’eau, des mots en porcelaine.

Nuées de rossignols, sur les pas de Verlaine,  

Sifflotent, en chorus, la chanson des amants…

 

La cigale céleste entonne un madrigal.

D’un battement de cils, Vénus l’ensorceleuse

Fait frissonner les cœurs. Mutine et enjôleuse,

Elle reçoit les faveurs du grand théâtre astral…

 

Enfantant des perlots de nacre et de cristal,

La nuit, sur ses vestons, dessine un calligramme,

Musique et poésie en broche le programme ;

L’étoile soprano s’embaume de santal…

 

Et quand l’aurore épand ses doigts bleus horizon,

La belle en son boudoir soudain se fait câline, 

Des embruns de lumière entoile sa crinoline ;

Gai pinson, le soleil lui dédie un blason…

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