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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:23

Nous avons enduré les affres de la guerre.

Nous avons tout perdu, nos maisons de naguère.

Contraints, nous avons fui, le cœur plein de remords,

Notre patrie en ruine, abandonnant nos morts.

Bravant les éléments de la route incertaine

Nous rêvions à tord d’une oasis lointaine…

Méprisés, décriés par des écervelés,

À présent nous voici cernés de barbelés.

Vaincus par l’indifférence, âmes dans la détresse,

Terrible et maudit sort qui nous poursuit sans cesse,

La peur d’être expulsés, renvoyés vers l’enfer,

Il nous faut accepter ces grillages de fer 

Qui nous cloîtrent ici, pétris d’incertitude.

Sous nos tentes le soir, tristesse et solitude

Enténèbrent l’espoir de ces autres matins

Quand nous avons confiés, à la mer, nos destins.

Dans nos bras, nos enfants pleurent à bout de force.

Les plus fiers d’entre nous, front haut, bombent le torse 

Pour ne pas succomber au chagrin oppressant

Qui les prend à la gorge, à chaque pas naissant,

Quand ils vont quémander du pain pour leurs familles

Et implorent le ciel de les laisser tranquilles.

 Traités comme des chiens à peine débarqués,

Entassés, enfermés, comme des rats parqués,

Oubliés, délaissés dans des camps de fortune,

Fleurissent dans nos cœurs des graines d’amertume…  

 

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Published by Philippe Lemoine - dans Les migrants...
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