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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 02:22

Un bruissement de vent se lève musical.
L’archer d’un violon glisse entre les futaies.
Le chant d’un rossignol, faussement amical,
Outrage mes tympans de balivernes gaies…

Ne sachant où m’enfuir, je titube aux abois.
Alors que je suis seul pleurant mes amours mortes,
Des mèches de lumière ondulent sur les toits ;
Trait bleu sur l’horizon, l’aurore toque aux portes…

Je regarde ébloui, les yeux lourds de sommeil,
La roue au firmament tourner sur elle-même.
Cascatelle d’épis, sa crinière de miel
Escalade le ciel, frétillante et bohème…

L’aubade des oiseaux, dans le soleil naissant,
Me triture le cœur, je ne vois que ténèbres ;
Plus encore je maudis l’astre assourdissant
Qui déploie, ignées, une à une, ses vertèbres…

Une ombre déambule, animal effronté,
Le long d’une mouchette un chat passe, me toise
Puis me tourne le dos sans un brin de piété.
J’ai joué, j’ai perdu, j’en réglerai l’ardoise…

Comme un éclat de verre, un rire cristallin,
D’une fenêtre ouverte, en fontaine, ruisselle ;
J’imagine une femme en chemise de lin
Lestement toupiller sur une balancelle…

Qu’attend le mal-aimé ? La vie ou le trépas,
Une oreille attentive, une main passagère ?
Que veut le mal-aimé ? Lui-même ne le sait pas !
Il rêve simplement d’une belle étrangère…

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Published by Philippe Lemoine - dans Vaincu par l'orage...
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