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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 04:48

Elle, câline silhouette,

Semble avoir perdu la raison,

Héra réside dans sa tête,

Avec soin, verse son poison…

Âcre, le venin se propage,

Goutte à goutte, dans son esprit,

Façonne les fers d’une cage

Dès lors l'horizon se flétrit...

 

Sous l'influence maléfique

Pauvre petit oiseau, son cœur

Chavire soudain chaotique

Dans les limbes de la rancœur…

 

Victime, elle nourrit la flamme

Tumultueuse du brasier

Qui consume sa beauté d’âme

Et lui donne un regard d’acier…

Face à la catharsis tenace,

Je reste les yeux clos. Surpris,

Je titube sous la menace ;

Tombent l’injure et le mépris…

Triste, sur ma joue une larme,

Crucifié sur le repoussoir,

Sa violence me désarme ;

Il pleut des lames de rasoir…

Taciturne, l’effroi me glace,

Reclus, je cherche le sommeil.

Sous le poids des mots, l’humeur lasse,

Je dors sans regarder le ciel…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poétiquement vôtre !
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 18:55

Tandis que je marchais le long d’une rivière

Et sur l’eau regardais sautiller la lumière

Qui semblait sur la rive effleurer les roseaux,

Dans un nid de verdure où chantaient des oiseaux,

   À l’écart des rochers, parmi les herbes folles,

Des papillons bleutés en maintes farandoles

Egayaient le chemin qui s’ouvrait sous mes pas.

Arc-en-ciel frémissant en robes d’apparats,

De bosquets en buissons, aux contours du rivage,

La nature m’offrait ses trésors en partage…

 

La vie, enluminée, exaltait ses couleurs,

Sur l’instant j’oubliais la mort et ses douleurs,

Tout n’était que douceur, souvenir et tendresse

Et mon cœur retrouvait son ancienne jeunesse.

En ce lieu de mémoire à la marge du temps,

Résonnait dans ma tête une valse à quatre-temps,  

 Merles et sansonnets d’infinis babillages

Embaumaient la futaie. À l’abri des feuillages,

Sous un ciel immobile, un beau matin d’été,

Sur tapis de fleurs, je me suis alité…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 18:48

Souviens-toi du malheur qui jadis t’a frappé

Et dévide le fil des anciennes blessures,

La maladie et la mort, comme des moisissures,

Enferme ton esprit dans un gouffre escarpé…

 

Il te semble, sans cesse, être montré du doigt,

Une ombre te poursuit, son chagrin est palpable,

Une voix t’interpelle et tu te sens coupable,

Coupable de survivre à cette histoire en toi…

 

Tu es seul dans le noir et tu ne comprends pas

Le pourquoi, le comment, le sentiment étrange

Qui te ronge le cœur et que rien ne dérange,

Tu as peur de savoir et tu comptes tes pas…

 

Embastillé, reclus, sans mémoire, éprouvé

Par un long cauchemar, dés ta première enfance,

Tu te sens différent et cherche subsistance

Dans les yeux de ta mère à l’azur délavé…

 

L’on peut dire et vouloir, voyons la vérité ;

Chacun porte sa croix, ses secrets, son mystère…

Connaître d’où l’on vient forge le caractère,

Le chemin parcouru nous donne identité…

 

 Projeté dans le monde avec brutalité,

Il m’a fallu trouver la clef de ma souffrance,

Redescendre à la source où l’être prend naissance,

Affronter mes démons tapis dans l’obscurité…

 

Je n’ai pas de regrets car ce que j’ai vécu

Naguère, m’a permis d’être, avec le temps, l’homme

Sensible à fleur de peau que je suis devenu ;

Humaniste mais libre aujourd’hui je me nomme !...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Les artistes engagés
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 08:20

L’une me dit des mots qu’une autre contredit

Et puis une autre encore arrive antimonique,

Me désigne du doigt sur un mode emphatique,

Je cherche qui je suis homme seul et maudit…

Je vais et je divague au gré de mes fléaux,

Il m’arrive parfois parmi la multitude

D’entrevoir le chemin de la béatitude,

Un éclair de conscience assis entre deux eaux…

Fragments de vérité dans un monde confus,

J’ai l’esprit en lambeaux et je me sais malade,

Contemplant mon destin je reste sur la rade,

Enfermé dans ma cage, indigent et reclus…

Puisque revient la bête encore et puis toujours…

Misérable fardeau pour mes parents, mes proches,

L’âme et le cœur usés, laminés de reproches, 

Il est sans doute temps de mettre fin aux jours…  

Comme je suis venu, je pars dans la douleur

J’aurais pourtant voulu conjurer l’anathème,

Je ne peux rien y faire, étreint par le blasphème,

Je demande pardon de semer le malheur…

Sur le seuil du néant, animal éperdu,

De l’acte accomplissant le caractère ultime,

Malgré moi, le bourreau devenu la victime,

Schizophrène, Je suis la corde et le pendu !...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poetes Maudits
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 18:10

Le souffle de mon cœur, comme une guêpe prise

Au piège d’une cage en verre dépoli,

Bat des ailes en vain, bourdonne et puis s’épuise :

Ta porte reste close et l’horizon pâlit…

 

Sur le bord d’un trottoir, je retourne ma poche.

Avec soin conservé sous un mouchoir froissé,

Ramassé dans la rue, un objet plutôt moche,

Alambiqué, sans doute un vieux ressort cassé,

 Comme mon cœur, rouillé. Pas plus gros qu’un poix-chiche,

Un morceau de métal que personne ne veut

Ni voir ni posséder, devenu mon fétiche,

Lorsque le ciel est gris je lui confie un vœu…

Négligeable et commun, un peu à mon image,

Invisible à vos yeux, vagabond sans le sou,

Tout juste toléré, c’est dans le paysage

Un petit rien perdu qui ne vaut pas un clou

Raflé je ne sais où. Seulement une chose

 Avec qui je converse et délire la nuit

Quand l’envie est trop forte et mon âme morose,

   Quand l’instant se suspend aux branches de l’ennui,

Quand je vais, au hasard, me perdre, solitaire

Dans la ville et surtout, pour ne pas sangloter,

Qu’il me faut, à quelqu’un parler, ne plus me taire

Replié sur moi-même en proie à l’anxiété.

Quand mon attente est vaine et la vie incertaine,

Quand la douleur revient nourrir le sentiment ;

C’est comme une présence à qui dire « je t’aime !... »

Un ami dont j’ai fait mon dernier confident…

 

Accrochée à mes pas, nébuleuse compagne,

Les jours ont beau passer, fidèle à mon émoi,

Le temps est immuable et sa main m’accompagne,

Solitude m’exile au plus profond de moi…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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