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Les Innommables

Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 14:48

Monte des profondeurs l’intenable marée,

Flamboiement de l’attrait en quête de plaisir,

D’une effleure ta peau, d’opale chamarrée,

Papillonne au toucher de l’intense désir…

 

De ton sein palpitant je ressens la brûlure,

Fier, son bouton éclos sur la courbe du mont,

J’en caresse, ébloui, l’ineffable luxure,

Pris de fièvre gémit l’adorable démon…

 

Furtivement la fleur se gonfle de nectars,

Sensuelle, l’effluve, alanguie à la source,

Exalte la saveur aigre des nénuphars,

De ses fruits octroyés ma bouche se ressource…

 

Voluptueux, le grain, sous mes doigts papillon,

Se distend et frémit, réclame son offrande,

Comme un claveau tendu, de sa lèvre gourmande,

Il implore lascif le divin aiguillon…

 

Il brille au firmament de douces lunes d’eau,

Sublimes, deux oiseaux dans mes yeux se reflètent,

J’apprivoise ma soif au sillon de ta peau,

Aux ressacs de tes reins, je serpente et j’halète…

 

De soupirs embrasés naît la félicité,

Prodigue enlacement, d’un abandon mystique,

D’un long cri partagé s’ouvre l’éternité,

L’extase nous saisit de sa main fantastique…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 14:36

Que font les immigrés sur le quai d’une gare… ?

La valise à la main, ils guettent l’avenir,

Tout le monde promis comme un vieux souvenir,

L’omnibus en partance et l’étoile d’un phare…

Où vont les goélands, tous les oiseaux migrants…,

Que l’inflexible hiver repousse des rivages ?

Ils vont vers le levant, vers d’autres paysages,

Quérir le ciel clément dont rêvent les errants…

 

Que font les exilés, si loin à la dérive… ?

Ils tentent d’oublier les murs d’une prison,

Les rires des geôliers…, sous un autre horizon

Cherchent la liberté que les livres décrivent…

Où vont les affamés, tous les enfants perdus

Qui languissent la mort comme une délivrance…

Ils quémandent le grain, une once abondance,

Et sèment leurs douleurs sur des sentiers ardus…

 

Que font les orphelins abîmés par l’absence… ?

Ils rêvent à l’amour, au soleil qu’ils n’ont pas,

Cheminant esseulés sur la voix du trépas,

Ils remontent muets jusqu’aux puits du silence…

Où vont les matelots par le flot submergés

Malmenés par la mer, d’ouragans en tempêtes… ?

Ils glanent dans le ciel des plumes de mouettes  

Ils songent à la terre et s’échouent naufragés…

 

Que font tous les vieillards assis dans la pénombre… ?

Du regret de jeunesse, ils dorment sans dormir,

Le regard dans le vide, absents au devenir,

Ils captent la lueur dont ils ne sont pas l’ombre…

Où vont les miséreux et tous les survivants

Boudés par le destin, que le bonheur délaisse… ?

De chagrins en sanglots, ils traînent leur détresse,

De ce monde cruel, ils sont les morts vivants…


 

Que font les éléphants, tous les peuples nomades,

Que la guerre a chassés du paradis premier… ?

Espérant le repos, la fraîcheur d’un palmier,

De désert en exil, tous leurs pas sont maussades…

Où vont tous les nantis, tous les hommes bien nés

Que la chance a bénis le jour de leurs naissances… ?

Quelle conscience ont-ils, du monde et ses souffrances,

De tous ceux qu’en chemin, ils ont abandonnés… ?

   

…………………….

    

A ma muse…

 

Apaise mes tourments de ses infects tyrans,

Prohibe mes démons, ma terrible indigence,

Fustige leurs humeurs, ma triste intolérance

Apprends-moi la vertu des nobles sentiments,

Offres-moi tes regards, tes hybrides moissons,

D’une larme d’espoir, de plus tendres saisons,

L’intime volupté sur le rasoir de l’âge,

Ressuscite l’amour, tous ces vœux de partage…

 

………………………….. 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poetes Maudits
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 14:19

Des mes égarements, j’établis l’inventaire,

Dans mon cœur, tout est froid, d’une maigre couleur,

Sur d’ennuyeux chemins je rode solitaire,

De mes rêves d’enfant j’ai perdu la chaleur…

 

J’arpente le ruisseau d’une morte mémoire,

De ci de là glanant de pauvres sentiments,

Je rumine sans fin toujours la même histoire,

Je me perds, je me noie en de vains boniments…

 

Poète, que nenni ! Dérisoire, ma rime

Ne fait que maquiller ma besogneuse humeur,

Sous mes airs affectés, sans talent, je m’escrime,

Emphatique, j’accouche une piètre clameur…

 

L’étroitesse d’esprit, lentement, m’empoisonne,

Il n’est point de regards qui me soient superflus,

Je ne sais plus parler de l’herbe qui frisonne,

Dites-moi la beauté que je n’entrevois plus…

 

…………………………….

 

 

      

Etranger à ces temps corrompu par l’image,

J’avive les couleurs de l’encre sur la page,

Fragments épars d’émois rapiécés par hasard,

Mots écrits, délivrés, défeuillés du regard,

Souvenirs imparfaits allaitant ma mémoire,

O ! Livre inachevé, conte moi mon histoire…        

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Poé-vie
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 13:33

Réduit à l’esclavage, il reçoit le mépris,

De son appartenance, il supporte le prix,

Sous d’odieux crachats réservés aux parjures,

Il tente simplement de survivre aux injures…

 

Il apparaît fautif car il est étranger,

D’être venu d’ailleurs, il devient un danger,

Banni par l’ignorance et objet de tumultes,

Du rejet, du racisme il subit les insultes…

 

Aveugle, le regard des sinistres bourreaux

Le condamne à jamais à l’ombre des barreaux,

L’indifférent passant l’entrave sans clémence

A l’inhumain fardeau d’une basse existence…

 

Le charbon de sa chair, sous le fer de l’affront,

Clame l’égalité, la fierté sur son front

Emousse de son sang la raison de la haine,

Apprivoise le feu, l’étreinte de la chaîne…

 

Sur son corps écroué, la neige du coton

Se fane tristement, le dédain du maton

Ravive le prurit, la douleur de l’offense,

Humiliation, il sait la déchéance…

 

Il porte sur le dos la rude obscurité,

L’empreinte du fouet en montre l’âpreté,

Pour un maigre tribut se prolonge l’outrage,

Moins que rien, il rugit comme un félin en cage…

 

Aux tréfonds de son cœur subsistent des oiseaux,

Il dessine un monde où les hommes sont égaux,

Libéré, son esprit offre sa différence,

Et assigne les dieux à plus de tolérance…

 

Il implore à la nuit, des brins d’humanité,

La force de trouver l’essentiel dignité,

Il chante son nom d’homme, éprouve l’évidence,

Le chemin décousu de la saine espérance…

 

Sous le ciel, affranchi, sans rancœur ni drapeau,

Son regard porte loin la couleur de sa peau,

De respect et d’amour, dans ses yeux, l’étincelle

Orne de sa beauté l’étoile universelle…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : au fil des mots
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 13:21

A quoi çà sert de courir après la lumière,

A quoi çà sert…, ma petite Claire,

A quoi çà sert tout n’est qu’éphémère,

Ton fragile sourire se fige immobile,

Le soleil baille d’ennui et s’écoule ta vie,

D’un rêve ombrageux déjà…, le jour s’achève…

 

Singulière enfant aux heures particulières,

Tu hantes le silence de ta frêle existence

Et…, habille l’absence d’une possible présence,

Dans le vide de ton regard, soupirent des chrysalides,

De maigres lueurs dansent sous tes paupières,

Tu veux croire, toujours, à des jours meilleurs…

        

Mais…, ton souffle d’amour est un souffle trop court,

Par hasard, il s’estompe dans le bleu de tes yeux,

La buée en efface le trop faible contour

Et le temps…, ignore ce que l’espoir adore…

       

A quoi çà sert de courir après la lumière,

A quoi çà sert…, ma petite Claire,

A quoi çà sert, tout n’est qu’éphémère…

Ta chaise est vide et sur me lèvres livides,

L’écho lointain de tes rires enjolive mes mots,

Tu ne me connais pas et pourtant…,

Il me semble t’avoir, longuement bercé…,

Tendrement, longuement, aimé…

Tu ne me connais pas

Mais…, de t’avoir longuement regardé…,

Pour toi, ma petite Claire, j’ai le cœur qui bat…           

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : La voix du coeur
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