D’étincelles de sel en prismes éclatés,
Furtifs attouchements de prunelles complices,
À l’ombre de nos cils, intimistes clartés,
Expression du cœur, nos yeux, avec délices,
Se reconnaissent puis se caressent troublés
Alors le temps s’arrête à la marge du monde,
Le bruit des voix s’estompe et seuls restent les blés
De nos iris ondoyants. Chaque frêle seconde
S’éternise sur l’eau trouble de nos regards
Qui se frôlent brûlés par la flamme limpide
Où couve ce désir qui nous transporte hagards
Vers l’horizon tremblant sur les rives du vide…
Enchaînés aux miroirs nos corps, discrètement,
Dérivent l’un vers l’autre à la fois immobiles
Et fiévreux sur le fil tendu du sentiment
Dont nous tissons déjà les liens indélébiles…
Sortilège des sens, subtils effleurements
Tactiles et secrets, magiques estampilles,
Prémices du plaisir, de maints frémissements
L’oracle de cristal dilate nos pupilles…
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