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Les Innommables

Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 16:05

  A quoi bon, de mes yeux, assécher le ruisseau,

Si je ne puis trouver la vertu du courage,

Il me faut résister aux douleurs de l’outrage,

De mon cœur, extirper la lame du ciseau…

 

Ma volage beauté, sur ton aile d’oiseau,

Emporte mon tourment, offre moi ce partage,

De ton souffle inconstant, je demeure l’otage,

Sans tes bras pour m’aimer je ne suis qu’un roseau…

 

Le joug de ton absence évase la blessure,

Absous de mon sanglot la rude meurtrissure,

D’un regard, d’un baiser, blanchis le sentiment…

 

De ta chair sur ma chair je préserve l’empreinte,

Abroge du fardeau le présent de la plainte,

De ton corps alangui je veux rester l’amant…

 

………………………

 

Montre-moi mon orgueil que j’en fasse le deuil,

Epure son dédain, voit le d’un mauvais œil,

De tes effluves d’encre essarte sa superbe

Trace-lui des chemins, fais le renaître au verbe… !

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : au fil des mots
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 15:52

Au gibet du destin, ô ! Combien de blessures,

D’improbables bonheurs et d’espoirs clandestins,

Suspendus, moribonds comme menus fretins,

S’épuisent, sans espoir, atteints de moisissures…

 

Sournoisement, guettant de moindres vomissures,

Arpentant la douleur, de saumâtres catins

Rançonnent le passant en quête de butins,

Ne reste de l’amour que des éclaboussures…

 

Sur le sable, échoués, par le flot, apportés,

Quand le ciel tout entier gémit sa solitude,

S’époumonent, muets, des oiseaux mazoutés…

 

Lorsqu’à l’ultime verre échoit l’incertitude,

L’on entend seulement, tristement nasillard,

Le long gémissement d’un sombre corbillard…

 

………………………………   

                      

J’emporterai dans mon cœur la misère du monde,

Dans ce triste caveau, j’enfermerai l’immonde,

Allez ! Riez, chantez, prenez vous par la main,

D’allégresse, dansez ! N’attendez pas demain… !

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Sonnets et beaux vers
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 15:45

Le vide comme effroi, d’un rêve, énamouré,

Le besoin de paraître épouse des chimères,

Tout le long du chemin, par la mort, apeuré,

Famélique, l’esprit se nourrit d’éphémères…

 

Pourquoi donc le désir d’exister, autrement… ?

A quoi bon quémander le plaisir élitaire,

Tout espoir est douleur, qu’étranger sentiment,

C’est un autre, il te ment ! Et te rend solitaire…

 

Qu’importe le reflet, le visage sur l’eau,

Il se trouble, il se perd…, il n’est pas séculaire,

A l’endroit, à l’envers, il ne fait que le beau,

Futile, d’un revers, il n’est pas solidaire…

 

A quoi bon définir, conjuguer l’imparfait,

Le verbe être au futur, aujourd’hui s’éternise,

L’avenir est absent, le regret contrefait,

D’oublier le moment, l’existant agonise…

 

Apocryphe est le temps, tout demeure, constant,

Chaque chose s’épand…, d’une quête d’osmose,

Tout s’éteint, tout renaît, tout s’unit dans l’instant,

Seul, le regard humain en perçoit l’ecchymose…

 

Tout juste éclos, déjà s’enfuit l’étonnement,

De désir en désir s’énonce le caprice,

A peine satisfait qu’il se montre inclément,

Illusoire, la quête en accroît la matrice…

 

Encore ! dit l’Ego, sa raison pour autel,

Epoumoné, le cœur objecte, je m’essouffle,

Laisse-moi respirer, tu n’es pas immortel,

Frivole, sans répit, ton orgueil te boursoufle…

 

De la vie, oubliant l’ineffable cadeau,

Exigeant toujours plus, déclamant ta démence,

De la soif, constamment, tu portes le fardeau,

Au chagrin, adossé, tu corromps la semence…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : au fil des mots
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 15:36

 Le divin aurait t’il décidé de mon sort ?

Une porte s’entrouvre et m’invite, intraitable,

Devant moi, un chemin se dessine, impalpable,

Je sillonne, ébahi, l’indécis corridor…

 

J’émerge, interloqué, d’un terrible sommeil,

A l’oreille, une voix, une femme, un archange ?

Me parle de ma peur d’une façon étrange,

J’ai beau levé les yeux, je ne vois plus le ciel…

 

Sur la berge, d’un fleuve, immense et limoneux,

Une barge, amarrée à un ponton de glace…

De l’obscur, le laquais me convie à ma place,

De lui, je ne perçois qu’un regard lumineux…

 

Comme entravée à l’encre opaque de la nuit,

La rive, lentement, s’édulcore et s’efface,

La barque, sans bruit, fend l’immobile surface,

Monocorde, le temps s’époumone d’ennui…

 

Flegmatique, à la proue, indolent, le passeur

Epouse la noirceur de son ombre muette,

J’augure sans la voir sa morne silhouette

Godillant sur le flot d’une calme lenteur…

 

Venus des profondeurs, d’une extrême pâleur,

Flottent de ci delà, des miettes de mémoire,

Sous l’aile de l’oubli s’estompe mon histoire,

De présent en ces lieux, je n’entends que mon cœur…

 

Homme d’un froid métal, le sens tu palpiter ?

D’un écho rebondir…, animer d’une ride

L’eau triste de l’aven, il n’est pas que timide,

Nulle douleur, nul deuil ne peut le garrotter…

 

Sans dieu ni suzerain, rêvant d’éternité,

Il puise son ardeur aux sources primitives,

Insoumis aux tyrans, à leurs lois punitives,

De son souffle de vie il maudit l’effronté…

 

D’une vive étincelle il corrode ses fers,

Il pleure, il marivaude et nargue les ténèbres,

Défunts ! Pour vous gardez, vos éloges funèbres,

Voyez-le ! Gai pinson survivant aux enfers…

 

………………………………

 

D’un rêve…

 

A toi, je veux paraître,

De toi, je peux renaître,

En toi, je veux exister

Et…, ne plus jamais pleurer…

 

Ne plus connaître le deuil

Et sentir battre ton cœur

J’aime t’écouter,

Tu me fais rêver…

 

Tes rêves sont mes rêves,

J’en désire la trêve,

Aux aurores qui s’achèvent,

D’autres…, déjà se lèvent…

            
……………………..

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : vos poèmes
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 15:08

Devant moi, le chemin se perd dans les roseaux,

Un amas de rochers enlace la rivière,

Glissant entre les joncs s’éloignent les oiseaux,

Aux pieds du vert coteau, l’eau s’allie à la pierre…

 

Sur le rivage, assis…, je demeure indécis,

Sur ma gauche, discrète, une trouée étroite…,

Vers où guider mes pas… ? Tout s’énonce, imprécis,

Un rang d’arbres, penché, converse sur ma droite…

 

Dans mon dos, un clocher, d’un écho faiblissant,

M’apostrophe un instant, déjà…, le jour s’efface…,

Couperosé, le ciel, d’un carmin vieillissant,

Trébuche moribond et l’obscur prend sa place…

 

Coupable du déclin, d’un doigt d’encre, la nuit

Grignote le géant…, sur ses pas, circonspecte,

D’une extrême pâleur, une opaline luit…,

Je fouille du regard l’opacité suspecte…

 

 

L’ombrage des buissons me désigne, étranger,

Embrumé, son visage épaissit le mystère,

Dans les taillis voisins…, quelque chose à bouger,

Devant moi, la colline est devenue austère…

 

Epelant l’alphabet de l’espoir, déjugé,

Egaré sur le fil d’un chemin sans empreinte,

Entre doute et clarté, par la nuit submergé,

D’un poème, ânonné, j’apprivoise ma crainte…

 

…………………..

 

           

D’un sanglot, d’un écho, d’une larme en ruisseau,

D’un envol, d’un credo chante comme un oiseau…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Trouvères et troubadours
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