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Les correspondances...

Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /2010 12:27

Ouï-dire autours de moi, réminiscence ancienne,

Arrivent les clameurs du monde en file indienne,

Des êtres différents passent j’en ressens l’émoi

Et je sais sans les voir ce qu’ils pensent de moi…

 

 Une voix me chuchote en secret la sentence

L’un me traite de fou, l’autre reste à distance,

Il me pointe du doigt, me regarde interdit  

Et marmonne un juron. Pourquoi m’a-t-il maudit ?

 

Qu’importe le verdict, plutôt que condamner

Le ciel depuis longtemps m’enseigne à pardonner,

D’un battement de cils une étoile la nuit

M’apprend des mots d’amour et comble mon ennui…

 

 Je regarde l’espace à travers ma lorgnette,

L’infini m’interpelle et l’effroi me rejette,

J’entrevois le passage où le songe oublié

Donne une âme et un corps à l’esprit éveillé…

 

Je flotte entre deux eaux transporté par la vague,

Sur un fil distendu, j’oscille, je divague,

Funambule, je danse avec les papillons

Que la lumière enfante au gré de ses sillons…

 

Ne laissant sur mes pas qu’un murmure dans l’ombre,

Je suis l’homme improbable issu du plus grand nombre,

J’ai franchi la limite et perdu la raison ;

Seul le rêve me dit la ligne d’horizon…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Communauté poétique
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 02:27

J’ai suspendu le monde au vouloir de mon être,

Rien ne peut exister si je ne dis peut-être,

L’essence poétique, humaine abstraction

Est calligraphiée en simple impression…

   

 Tout est originel dans la métamorphose

Car tout est là transcrit au cœur de chaque chose

Libre de tout symbole et ancien préjugé

Acquis, seul l’inné donne effigie au projet…         

 

  Dans l’attente d’un mot l’horizon me regarde

Et titube indécis vers la nuit par mégarde,

Enténébrant ses yeux dans un miroir sans tain ;

J’en estompe la lèvre effilée au lointain…

 

J’ai peint le ciel d’un noir si profond que le vide

Lui-même disparaît, nulle clarté livide

Ne vient dilapider l’ample conception

Assujettie au pouvoir de l’inspiration…

 

Puisque ma vision commande l’apparence,

Je bâtis mon poème absous d’interférence,   

Ce n’est pas le ciel qui me dit ce qu’il est : mais

Moi qui le ressuscite autrement désormais…

 

J’en façonne le corps d’un ruisseau d’encre agile,

Cent fois, sur le métier, j’en malaxe l’argile

Puis de le baptiser, bravant l’éternité,

J’en féconde l’œuf d’un verbe inusité…

  

Il me reste à donner une forme, un visage,

Une nature inédite à l’obscur paysage,

De ce que j’imagine esquisser les contours

Et, fil à fil, l’orner de mes plus beaux atours…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 04:46

Mes yeux sont des miroirs où le ciel se dépose

Et cherche les couleurs que mon âme compose,

Il est là suspendu sage comme un marmot

Indécis, nébuleux, dans l’attente du mot,

Qui, du jour, lui dira la soyeuse parure   

Dont il doit se vêtir pour combler ma nature

Et répondre à l’humeur dont j’esquisse l’aveu.

D’un soupir éthéré, filiforme cheveu,

Au bout de mon regard, expression première

Immanente à l’éveil, d’un besoin de lumière,

Diadème doré, féal à l’oraison

De mon cœur renaissant, je trace l’horizon

Et délimite ainsi l’extrémité du monde

Sur le cercle duquel je pose, bleue et ronde,

Une nappe de soie aux reflets cristallins

Que tout autre que moi trouverait sibyllins.

A l’unisson du vent que j’imagine libre,

Oracle de mes sens dans l’espace je vibre,

Informelle substance au verbe fondateur,

Pour désigner d’un nom l’image et son auteur,

Il me reste à trouver dans ma blanche mémoire

L’argile sans passé, vierge sans ombre noire

Où je façonnerais l’être dont j’ai rêvé

Lorsque j’agonisais le corps inachevé…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Terre de lumiére
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /2009 02:29

Sur le fil d’un baiser, monte des profondeurs      

La vague, l’océan qui sur la route emporte

Tout, lève l’interdit, les miettes de pudeurs

Résidus d’un passé dont je ferme la porte…

 

Volupté des sens, empreinte du désir,

A fleur de peau, frissons, pétales de caresses

Parfumés des senteurs immanente au plaisir

Dont le cœur s’éblouit empourpré de tendresses…

 

Vertige du toucher, du geste retenu,

Effleure de la main, intime confidence

Des amants dont le souffle haletant, suspendu,

Attise le brasier sensuel du silence…

 

Libre conscience d’être épris du sentiment,

J’alimente le rêve oubliant l’impossible

Et roule vers l’abîme au lieu du firmament,

De l’amour je ressens la blessure sensible…

 

Une rose au matin, d’un soupir exhalé,

Me chuchote à l’oreille, ineffable je t’aime,

De sa lèvre à ma lèvre, effluve acidulé,

La douceur de son corps, les mots clef d’un poème…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Inspirations poétiques
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 16:06

Aléatoire jeu, destinée ou hasard,

Les runes et les mots s’émiettent sur la table,

Il suffit simplement de croiser un regard

Et l’esprit, d’un frisson, imagine la fable

 

Inscrite en filigrane au détour d’un chemin

Et l’horizon alors, d’un soupir délectable,

A l’oreille murmure, exhalé de jasmin,

L’indicible beauté de l’âme charitable

 

Qui de l’amour viendra, d’une fleur à la main,

Enluminer les yeux de l’homme solitaire

Qui dans l’obscurité rode sans lendemain

Espérant sans y croire une aube salutaire…

 

Elle semble flotter, aérienne, danser,

Son pas glisse furtif, sa brune chevelure

Ondule sous le vent qu’elle semble épouser

Et sa robe de soie, improbable voilure,

 

Sous le souffle folâtre, attisant le désir

Dévoile de son corps les courbes hédonistes

Pleines de voluptés soumises au plaisir

Dont le charme éblouit mes sens opportunistes…

 

Par le rêve conquis, je dépose mon cœur

A ses pieds, chevalier désarmé je m’avance

Vers elle et dans ses yeux je regarde, vainqueur

Ce rire auquel je fais le serment d’allégeance…

  

Comme l’on cueille un brin de muguet au printemps

A sa lèvre, douceur pleine de tempérance,

D’un geste délicat, suspendu dans le temps,

J’ai butiné timide un baiser d’espérance…  

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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