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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 12:54

Chaque jour, elle court d’un travail précaire

À un autre, toujours ! Tous les mois c’est pareil,

Débourser le loyer, dénicher l’essentiel,

Compter le moindre sou, trouver le nécessaire,

Optimiser le peu de ses maigres ressources,

Vivre sans superflu d’un rien à partager,

Surtout ne pas rêver, avoir de quoi manger, 

Éviter l’inutile, aller faire les courses ;

Une miche de pain, trois ou quatre tomates

Du riz, des spaghettis, quelques fruits de saison,

Du lait pour les enfants et parfois du poisson… 

Comparer les prix, se priver d’aromates,

Regarder les abats, ignorer le fromage

Et puis l’œil aux aguets sillonner les rayons,

Du café, le moins cher, et quoi d’autre voyons ?

 Chercher la bonne affaire et surtout rester sage :

Juste l’alimentaire !…Acquitter les factures

Et vivre au minimum avec peu, sans plaisir…

Dans la précarité, pas le moindre loisir,

Juste le droit de pleurer devant les devantures…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poésie 21
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 03:11

Pleine lune rousse, ce soir,

Chemise blanche et jabot noir,

Je vais danser dans les clairières

Ombragées au bal des sorcières…

Dans un brassier incandescent,

Je brûle mon cœur sénescent…

Sur mon front une diablesse

Pose ses mains avec souplesse

Puis, en récitant d’étranges mots,

Elle prépare dans des pots

Rouges sang de terre argileuse

Une mixture enjôleuse,

Mélange d’herbes et de fleurs

D’où s’échappent ensorceleurs,

Parfums de plantes insolites,

Des effluves hétéroclites…

J’ai l’impression de sombrer

Et j’entends des voix palabrer,

Longs murmures incantatoires,

Elles racontent des histoires ;

Toutes parlent d’un corridor,

D’une table et du nombre d’or…

Dans mon rêve, un nouveau visage

Apparait, l’on me tend un breuvage,

Assis dans l’ombre en contre-jour

Je sirote un philtre d’amour…

Homme rajeuni par la flamme,

À l’incube je vends mon âme...

Immergé, couché dans un lit,

Je cueille le fruit interdit

D’un baiser troublant qui m’aimante

Aux lèvres d’une femme amante…

Dressées les pointes de ses seins

Frissonnent sous mes doigts, ses reins

Se cambrent. Comme sous l’emprise

De son désir, je lâche prise…

Les étoiles au firmament

Vacillent. Divin sentiment

De renaître, emporté par l’onde

Chaotique, au centre du monde…

Plaisir et sensualité

M’enfantent dans la volupté ;

Le corps et l’esprit en osmose,

J’en bénis la métamorphose…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 00:23

De la vie à la mort, la fusion des astres,

Tout le long de la route et de joies en désastres,

L’immanence vitale et la couleur des cieux,

Le visage de ceux que l’on désigne dieux,

Le chaos, le néant, les mauvaises fortunes

Et si tout dépendait du bon vouloir des runes ?

Créateurs d’infinis, poètes décidés,

Lancez autant de fois que possible, les dés

Sur la table et s’il le faut, trichez ! L’imaginaire

Se moque et méconnait le hasard arbitraire !

Alchimistes des mots, puisez la liberté

À la source de l’art où l’œuvre, en aparté,

Brise chaque maillon du cycle despotique ;

    Transmutez la poussière en miroir prophétique…

Au carrefour des vents, souffles phosphorescents,

Ensemencez le ciel d’éclats incandescents, 

D’encre et de sang, tracez les routes admirables

Et donnez consistance aux voix impénétrables….

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : IMAGE.POESIE
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 00:56

Lorsque rose se fane au velours de ta peau

Le miroir de tes yeux, jaspé d’ardoises grises

Et de brumes, ressemble à ses eaux indécises

Qui sommeillent la nuit auprès d’un batardeau

Et tu sembles flotter, tristement dériver,

Vers des ailleurs lointains, ces horizons de givre

Où ton cœur effrayé cherche la route à suivre ;

Le jour n’attend que toi pour enfin se lever

Pourtant tu ne vois pas, doucement, se poser

Les oiseaux pèlerins aux pourtours des futaines 

Et le soleil danser sur le bord des fontaines,

Tu ne sens pas le vent t’effleurer d’un baiser…

Lentement, sur ta joue, un sillon de sel

Glisse jusqu’à l’ourlet de tes lèvres trop sages,

Tu regardes passer, dans le ciel, les nuages

Et marmonne en secret les mots saints d’un missel…

Quand ton regard se perd sur des quais ivoirins

Sans savoir où aller. Quand simplement tu pleures,

Quand au clocher le glas éternise les heures ;

Tes plus humbles douleurs sont mes plus grands chagrins !...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Intime confidence... - Communauté : Poé-vie
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 04:30

J’ai l’âme suspendue aux voiles des frégates

Et je rêve à cette île aux contours incertains

Dont parlent les pêcheurs lors de ces nuits d’agapes

Où le cœur nostalgique enchante les putains

 Qui dans l’ombre du port, en des bouges minables,

Pour deux ou trois billets consolent les marins

De leur dernier naufrage et pertes effroyables

Les soirs de solitude embrumés des chagrins

Que fredonne la mer les nuits de lune rousse…

Rêves de boucaniers emportés par le sort,

Sur la crête des flots divague une voix douce,

Une sirène chante aux liserés du port…

Capitaine, il est temps d’écouter les étoiles,

D’apprivoiser les vents sauvages, sur le pont   

De chevaucher la vague à l’ombre des grands voiles…

Cap sur l’Orient, sur les quais, l’orphéon

Annonce le départ et l’horizon chavire

À l’autre bout du monde entre le ciel et l’eau.

Sur les pas du soleil, vogue mon beau navire

   Et découvre au matin un rivage nouveau,

Un pays parfumé de jasmin et d’épices

Où la soie et l’or fin scintillent sur la peau

Des femmes dont les yeux, taquins et complices,

D’une œillade de braise, invitent à l’amour  

Pars mon grand bateau, va sur les gerbes d’écume

Cueillir la fleur de sel jusqu’au lever du jour

Et laisse derrière toi les saisons d’infortune…    

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Souffles d'encre... - Communauté : IMAGE.POESIE
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