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Vaincu par l'orage...

Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 18:10

Le souffle de mon cœur, comme une guêpe prise

Au piège d’une cage en verre dépoli,

Bat des ailes en vain, bourdonne et puis s’épuise :

Ta porte reste close et l’horizon pâlit…

 

Sur le bord d’un trottoir, je retourne ma poche.

Avec soin conservé sous un mouchoir froissé,

Ramassé dans la rue, un objet plutôt moche,

Alambiqué, sans doute un vieux ressort cassé,

 Comme mon cœur, rouillé. Pas plus gros qu’un poix-chiche,

Un morceau de métal que personne ne veut

Ni voir ni posséder, devenu mon fétiche,

Lorsque le ciel est gris je lui confie un vœu…

Négligeable et commun, un peu à mon image,

Invisible à vos yeux, vagabond sans le sou,

Tout juste toléré, c’est dans le paysage

Un petit rien perdu qui ne vaut pas un clou

Raflé je ne sais où. Seulement une chose

 Avec qui je converse et délire la nuit

Quand l’envie est trop forte et mon âme morose,

   Quand l’instant se suspend aux branches de l’ennui,

Quand je vais, au hasard, me perdre, solitaire

Dans la ville et surtout, pour ne pas sangloter,

Qu’il me faut, à quelqu’un parler, ne plus me taire

Replié sur moi-même en proie à l’anxiété.

Quand mon attente est vaine et la vie incertaine,

Quand la douleur revient nourrir le sentiment ;

C’est comme une présence à qui dire « je t’aime !... »

Un ami dont j’ai fait mon dernier confident…

 

Accrochée à mes pas, nébuleuse compagne,

Les jours ont beau passer, fidèle à mon émoi,

Le temps est immuable et sa main m’accompagne,

Solitude m’exile au plus profond de moi…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 01:46

Les hommes ont les pieds carrés, triste univers,

Ils marchent sur la tête et pensent à l’envers,

C’est ainsi que toujours ils dévastent le monde,

De la cause à l’effet, la terre n’est plus ronde…

Funestes tourbillons de sable et de poussières,

Les souffles de l’enfer, en cohortes guerrières,

Déferlent du désert et laissent derrière eux

Qu’aridité, misère et spasmes nauséeux…   

Innommables péchés, des nappes de goudron

Divaguent sur les mers. Comme dans un chaudron

Le climat se détracte, ouragan et tornade

S’en donnent à cœur joie et portent l’estocade…

Hier encore jardin peuplé d’oiseaux, de fleurs…,

Sous les poings de l’humain, la planète est en pleurs ;

Terrible vérité, la nature agonise

Et la foule s’en moque éructant sa bêtise…

S’érodent doucement les neiges des glaciers,

Saumâtres, pollués, les fleuves nourriciers

Deviennent des égouts. S’étend la sécheresse ;

Les peuples affamés sombrent dans la détresse… 

Le plomb et le mercure altèrent le limon,

Les eaux venues du sol, pleines de goémon,

Émétique bourbier, croupissent dans la fange

Et rien ne peut survivre au phénomène étrange…

 Le ciel a les couleurs de ses gouffres profonds

Où l’œil ne voit plus clair, sous de mornes plafonds,

Chaque jour plus épais, les astres disparaissent :

Nous sommes sans futur ! Crient les enfants qui naissent…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Les artistes engagés
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 14:05

Depuis la nuit des temps, depuis la nuit première,

Muni d’un arc tantôt, tendre et courtois, seigneur

Ou cruel prédateur en habit de lumière

Nimbé d’ombres, musarde un habile chasseur…  

Immolés, sur l’autel, misérables trophées

Palpitants dans la main de cet archer moqueur,

Les êtres suppliciés, délaissés par les fées,

S’enivrent du venin qu’il distille en plein cœur…

Ses victimes sont là, comme des coques vides 

Echouées sur le sable, émues sur le carreau,

Elles crient en silence et attendent livides,

Juste un geste, un regard, entichées du bourreau…

Criminel endurci, blasé, sans état d’âme,

Ne laissant derrière lui qu’un sourire narquois,

Lorsque l’amour s’en va sans bagage ni flamme,

Meurtrissure et couteau sont faits du même bois !...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 13:56

Je voudrais délaisser les heures ténébreuses,

Tous les objets falots des années ennuyeuses

Où chaque jour nouveau, semblable aux précédents,

S’éternise morose à distance du temps…

De-ci, delà parfois des souffles éphémères

Mais en tous sens, sans force aux grands yeux de chimères,

  S’époumonent pour rien en marge du destin

Car mon rêve est avare et s’achève au matin…

Assise sur le seuil d’une sinistre porte,

La vieillesse m’attend pareille à cette eau morte

Qui s’enlise et croupit dans les bras du néant,

Dont je vois s’évaser le vaste trou béant…    

Aussi pesant, prostré qu’une blanche frégate,

Lorsque tombe le vent sur l’océan d’agate,

Je regarde passer la vie en catharsis,

Faut-il me souvenir de naguère et jadis ?...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poétra
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 13:02

 Les vignes de l’amour n’ont plus de frondaison,

Nul printemps ne viendra leurs redonner une âme,

Un lourd et froid caban en étouffe la flamme,

Le paysage est nu, c’est la morte saison…

 

Indifférent, cruel, l’hiver bâtit son nid,

Au contact de ses doigts le sentiment expire,

Avant qu’il ne s’installe, évitons en le pire,

Mon cœur s’apaisera quand tout sera fini…

 

Tu pars vers d’autres lits, sans doute as-tu raison,

Fais vite ta valise et quitte le navire,

Ne reste pas ici déjà le ciel chavire,

La neige a recouvert le toit de la maison…

 

Et même si je vais, en ce jardin fané,

Quelquefois sangloter solitaire, qu’importe,

Il restera toujours, couché devant ma porte,

Un chat qui dormira sans être chagriné…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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