Lorsque la poésie ensorcelle mon âme,
Les voix de l’au-delà me confient leurs secrets,
Moi-même et différent, consumé par la flamme,
Je perçois l’invisible et les spectres discrets
Qui, dans l’obscurité, donnent une substance
Organique au silence, à ces êtres cachés
Dont les yeux du profane ignorent l’existence
Mais que mon cœur respire aux versos des clichés.
Grisé par les parfums des ondes souterraines,
Je sillonne d’un mot le sensible et le beau,
Parmi les nymphéas glissant sur les futaines
Le corps désincarné, sans regret ni fardeau,
Je suis l’homme multiple au pays des oiseaux,
La musique et le vent, l’impalpable matière,
Les arbres et les fleurs, le babil des ruisseaux,
La pierre de granit, l’ombre et la lumière,
D’une confidence ou de furtifs bruissements
D’ailes, d’un chuchotis m’enseignent le langage
Universel qui bruisse au creux des sentiments…
Bouleversé par l’aubade émanent des étoiles,
Entiché, subjugué, comme happé par la main
D’une entité céleste à l’abri de grands voiles,
Tous les sens éveillés, je découvre l’humain
Et le souffle de vie inscrit en toutes choses…
Bohème et musicien, d’un battement de cil,
Dans l’empreinte du père et des anamorphoses,
Funambule et rêveur, suspendu sur un fil
D’or entre ciel et terre aux frontières du monde
Tangible où l’infini transparaît fragmenté,
Poussière d’oxygène intuitive et féconde ;
J’enfante mon poème en toute liberté…
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