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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:38

À l’ombre des lilas grimpant en espalier,

Au bas de volets bleus nimbés de citronnelle,

Éclairé seulement par un vieux chandelier,

Je passerai, mes nuits, assis sous la tonnelle…

Sous un rayon de lune, attablé sous l’auvent,

En sirotant le vin rosé des souvenances,

J’écouterai frémir les ombres sous le vent

Et attendrai l’instant des grandes transhumances…

En regardant nymphéas, lentilles d’eau, roseaux

Danser un vieux tango sur un air d’opérette,

Sur les berges du fleuve où nichent les oiseaux,

Je cueillerai sur l’onde une plume d’aigrette…

J’irai le cœur léger, demain comme jadis,

Ramasser le bois mort sur l’herbe velouteuse.

Tout le long du jardin des envolées d’iris

Enjôleront rêveurs la rose capiteuse…

À l’heure, où au lointain, sonnera le clocher,

Je fumerai alors d’ultimes cigarettes

Et puis je partirai simplement me coucher

En effeuillant des yeux de douces pâquerettes…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:35

Brins de laine tissés sur les rouets du temps,

Des elfes ciselés de soie et de dentelles

Enfantent chaque jour des nuées d’étincelles ;

Sous les doigts de l’hiver chantonne le printemps…

Sur la roue au zénith, l’Hermite des tarots,

Tout le long du voyage allume des lanternes

Et des souffles de vie aux arches des poternes ;

Sous la lune, la nuit, voltigent des pierrots…

Comme barque amarrée auprès d’un batardeau,

Je contemple rêveur les méandres du fleuve.

Au chant de l’hirondelle émerge une aube neuve ;

Parmi les nymphéas glissent des lunes d’eau…

Je sais de grands soleils nichés au creux des cœurs

Et des bouquets de fleurs sur les pierres tombales.

Sous les ailes du vent, tambourins et cymbales

Accompagnent en chœur de beaux merles moqueurs…

Déjà brunante tombe à la pointe du soir

Ma jeunesse s’enfuit à tire, tire-d’aile

Mais la ride embellit mon âme d’asphodèle ;

À l’ombre d’un tilleul demain j’irai m’asseoir…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:34

Initié par la voix de l’auguste prophète

Qui porte la parole humblement en esthète,

Je clopine pensif le long d’un corridor

Et cherche l’énoncé qui mène au nombre d’or…

Une empreinte de pas éclaire le passage

Du maçon fondateur estampant son message.

Du bout des doigts, j’effleure, un à un, les secrets

Que la pierre conserve en ces lieux consacrés…

Funambule penché sur la table d’écriture,

Je vois ces fils d’argent qu’étoile la nature.

Encensoirs ciselés dans le noble métal,

S’évadent des parfums de musc et de santal…

En cercle autour de moi, les filles d’Harmonie

Pastichent en chantant l’humaine comédie.

Posés sous la clé d’arc ceinte de capitels

Simples tables de bois se dressent des autels…

Comme venu d’ailleurs, j’entends le magistère

D’une voix solennelle énoncer ce mystère ;

À droite un livre ouvert, sur la gauche, un godet

De terre ; entre les deux un arbre torsadé…

Immuable chemin de la métamorphose,

La souche et le bourgeon musardent en osmose.

Même au creux du silence, impérissable halo ;

La vie, une et entière, émerge au fil de l’eau…

Depuis les temps premiers, spiralé sur lui-même,

Tout être porte en lui les mots clefs du poème :

Abolissons la peur, ignorance et rancœurs ;

Ce que nous quémandons est inscrit dans nos cœurs…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:31

Le graveur a rejoint l’antique sanctuaire.

Des anges sont venus au matin l’emporter.

Ailleurs, il est parti peindre l’éternité

Emportant avec lui son monde imaginaire…

Au puits de la mémoire, il reste l’alchimiste.

Mains et cœur grands ouverts, homme passionné,

Ce maître incontesté du livre enluminé

Dont l’œuvre inachevée enchante le puriste…

À tout jamais présents dans la clarté des lampes,

Ouvrages ciselés restant à préfacer,

Dans les sillons en creux des pointes à tracer

Le ciel s’est entrouvert sur des nuées d’estampes…

Les mots jadis aimés, coiffés de capelines,

Cheminent à pas lents sur le chemin du deuil.

De toutes les couleurs, couchées sur un linceul,

Languissent au soleil des encres orphelines…

Published by Philippe Lemoine - dans Vaincu par l'orage...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:30

Je sais à l’horizon la turquoise tisser

Sur les rouets du ciel des anneaux d’aube claire.

De vermeil, fil à fil, le soleil les éclaire ;

À pas de loup, le jour s’éveille vernissé…

Le coq en chef d’orchestre affute son clairon.

Bergères des jardins, corolles de pétales,

Tout le long des murets dansent des digitales ;

Des nuées de moineaux s’ébrouent sur le perron …

Éparpillant l’ombrée autour de la maison,

Lutine, la lumière emperle les persiennes

Et porte dans son sein ces mélodies anciennes,

Que reprennent en chœur le merle et le pinson…

Une brise marine enivre les buissons.

La rosée au matin chromatise platanes,

Oliviers et grands pins de teintes océanes ;

Des elfes de cristal voltigent polissons…

Aux détours d’un chemin, bouquets désenclavés

Sous un ciel améthyste, embruns de porcelaine

Mouchetés de saphirs, fleurit la marjolaine ;

S’exhalent des parfums à jamais emblavés…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:28

Sur des chemins de sel flânent des coquillages…

Irisé du souvenir, dans un coin du jardin,

Les ailes déployées en joyeux babillages,

Le rire d’une enfant enjôle un baladin.

Avec elle, le vent fait de la balancelle…

Légère comme l’air, pieds nus sans escarpins,

En ce lieu de mémoire où la vie étincelle,

Il la revoit danser sous l’ombrage des pins.

Dans sa petite main de soie et de flanelle,

Des crayons de couleurs griffonnent le bonheur.

Un rayon de soleil s’assoit sous la tonnelle.

Le chant de l’hirondelle éveille le rêveur.

Silhouette d’argile enchantant la charmille,

Jeunesse fait son nid. En des bosquets fleuris

Bruisse un doux parfum de pomme et de vanille ;

Un tendre colibri lutine les iris…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:27

Vieux philosophe assis sur les rives du temps,

Retrouvant sans effort sa jeunesse au printemps,

Cheveux livrés au vent l’olivier centenaire

Trône à fleur de coteaux comme un roi solitaire …

De grenats incarnats, les fleurs du grenadier

Flamboient la feuillaison. La vigne et l’amandier

Batifolent le long des sentes rocailleuses

Où veillent des murets de pierres argileuses…

Rouges mouchoirs, rubis de soie albuminés,

D’étincelants pavots voltigent chiffonnés.

Sous un ciel bleu limpide aux doigts de porcelaine,

En bouquets emblavés, fleurit la marjolaine…

Sur l’ile Saint-Martin, labyrinthe d’isbas

Marqueté de canaux, plus loin, en contrebas,

Feu-follets au pays fabuleux des licornes,

Emperlées de cristaux dansent des salicornes…

Le long de la saline où nichent les oiseaux,

Rêve de sable fin aux limites des eaux,

Câlinées par l’écho des brises occitanes,

Sur des chemins de sel, sommeillent des tartanes…

Résonne dans mon cœur un monde immaculé

Moucheté de saphirs. Paysage exhalé

De thym, de romarin et de menthe sauvage ;

Un coin de paradis accoudé au rivage…

Published by Philippe Lemoine - dans Les chemin de l'amour...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:24

À l’heure où l’écureuil se grise de rosée,

Rossignol, au matin, éveille le jardin.

Chevelure de nacre, ondoyante, irisée,

L’aube claire s’emperle aux doigts d’un baladin…

Le lys et le lilas se font la courte échelle.

La rose refleurit parmi les épineux.

Sur sa tige, l’iris joue à la balancelle.

Le printemps fait son nid sur un sol limoneux…

Le merle et le pinson chantent des vocalises.

Sur les marais salants s’embrasent des cristaux.

Les oiseaux migrateurs ont posé leurs valises.

Mille paillettes d’or mouchètent les coteaux…

L’abeille, de senteurs, remplit son escarcelle.

Petit grain de soleil ourlé d’accroche-cœurs,

Sur les bourgeons en fleur se pose l’étincelle ;

L’amour universel bourgeonne dans les cœurs…

De naguère à demain, le temps se superpose.

Maints gazouillis d’eau fraiche affleurent les buissons.

Sur les rives du fleuve un cygne blanc se pose ;

Une graine frisonne aux creux des frondaisons…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:22

Rrésonance d’un monde éthéré, naturel,

À l’heure propice où les ondines lutinent,

Mutine la lumière enfante l’immortel,

Cette roue au zénith que les flots dodelinent …

De célestes soupirs, estampés d’aquarelles,

Fascinent le regard tourné vers l’infini.

Voilages lactescents, des nuées de dentelles

Moutonnent mollement dans l’espace assaini…

J’en respire les embruns que les brises marines

Chuchotent aux rêveurs. Aux limites des eaux,

L’horizon et le sel composent des rimes

Que chantonnent en chœur d’éphémères oiseaux…

Ineffable présence ondulatoire, un cygne

Blanc glisse indolemment sur l’onde. Bois-flotté

Sur les pages du livre, inscrit dans l’interligne

Le temps suspend son vol, tout n’est que volupté…

En bas maillés de bleus et soyeuses guêpières,

Éventail torsadé de coulures de miel,

À l’infini le ciel maquille ses paupières,

Sous ses doigts l’indigo se nimbe de vermeil…

Souffle lent sur le sable, enlacé à l’écume

Des vagues, coquillage adossé à la mer,

Tous les sens en éveil et léger comme plume ;

Je dérive ébloui sous la voûte outremer…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:20

Malgré le froid, le vent, les rudesses du temps,

Considérant l’hiver comme simple anicroche,

Souffle lent sous le givre, une graine s’accroche

À la vie. Elle porte en son sein le printemps

Renaissant, l’avenir, les enfants de demain.

L’espérance est son bien et l’amour sa parole.

Elle proclame sa foi en versant son obole

Et nous désigne ainsi les beautés du chemin.

Exaltant les couleurs du monde en devenir,

Éveillant les parfums contenus aux rivages,

De l’ombre à la lumière, elle traverse les âges

Sur les pas du soleil, sans jamais se flétrir…

Cette graine est en nous, elle n’attend pour germer

Dans nos cœurs, nos esprits que les hommes soient frères,

Que la paix, le respect deviennent ordinaires,

Que l’on sache en tous lieux simplement l’essaimer…

Il suffirait de peu pour en faire un destin ;

De tuer le veau d’or, de donner davantage,

De bonnes volontés, d’un peu plus de partage ;

D’une graine à semer, je rêve d’un jardin…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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