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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 03:57

Tailleur et bas de soie, elle marche dans mon ombre,

En cadence, son pas martèle le pavé.

Je frémis. Dans mon cou son souffle dépravé,

Aiguisé comme un dard, m’invite au désir sombre

De franchir la limite inscrite en majuscule  

Dans la mémoire humaine. Éludant l’interdit,

Je pivote vers elle en quête d’inédit,

Dans un gouffre sans fond ma conscience bascule…

 

Elle est là, devant moi, proche et pourtant lointaine,

Ténébreuse une flamme embrase ses yeux noirs

Et m’incite à me perdre en ses troubles miroirs

Mais je ne sais que dire à cette femme hautaine…

Grisé par son parfum je sens venir l’ivresse,

Me laissant suspendu, pitoyable et hagard ;

Echancré son corsage enjôle mon regard

Qui n’ose, en son sillon, déposer sa caresse…

 

Sans même en avoir l’air, sa brune chevelure,

D’une valse aguicheuse, effleure doucement

Le verso de mes doigts attisant brusquement

De l’amour retenu la sublime brûlure…

Mais voilà que soudain, elle tourne la tête,

Sur sa lèvre pulpeuse un sourire étonné,

Elle regarde ailleurs et me laisse benêt

      Sur le bord d’un trottoir guigner sa silhouette...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : vos poèmes
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 03:34

L’orgueil est son royaume et l’enfer son destin :

Tout juste éclos de l’œuf son Ego versatile,

Assoiffé de pouvoir, se comporte en catin,

Victime du bourreau qu’il enfante servile.

 

Il ne peut accepter de se dire mortel,

Pour répondre au néant qui dans le fond demeure

Il devient ce tyran se voulant éternel ;

Sur sa nature humaine évidemment se leurre…   

 

De manier, avec art, la dague et le poison,

Simulacre égaré dans les limbes du pire

Il méprise la vie… Au gré de sa raison ;

Tout être qu’il coudoie incessamment expire…

  

Criminel simplement pour combler ses désirs,

Il ne peut s’empêcher de se montrer cupide,

De torturer son frère il succombe aux plaisirs

De se prendre pour un dieu s’en se croire stupide.

 

A qui sait le nommer arrogant il répond :

Je suis l’homme sans âge ou bien la bête immonde,

N’attendez pas de moi l’aumône d’un  pardon,

Appelez-moi César, je règne sur le monde !...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Les artistes engagés
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 02:59

Sortilège des sens, arc-en-ciel des saveurs,

De l’amer au sucré, la goûteuse palette

Dont les tanins mêlés nacrent la violette

Robe de sang, de pourpre et d’ocre avec ferveurs.

 

 Etincelles de joie, annonce du plaisir,

Fruit gorgé de soleil, liquide enluminure, 

Beauté, senteurs, lumière, intime éclaboussure

D’allégresse et d’amour Immanente au désir.

 

Symphonique prélude au partage du sang,

Quand le cristal rougeoie et s’irise de flammes,

Lorsque la découverte ensorcelle les âmes,

Et que vient le moment où l’œil brille impuissant

 

Sous les feux du nectar, sémillante la main 

Vers le verre se tend déjà muse l’ivresse

Et quand le goût délivre au palais sa caresse

L’homme devient poète et célèbre l’humain.

 

Mâchouillé, mis en bouche, amplement dégusté,

      Si je devais d’un mot baptiser l’ineffable,

 Le bien-être octroyé par le vin mis à table,

Sans hésitation je dirai volupté...

Par Philippe Lemoine - Publié dans : In Vino Véritas - Communauté : IMAGE.POESIE
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 00:50

De la pluie et du vent qu’importent les raisons,

Car la terre agonise et les hommes s’en moquent,

 Assoiffés de pouvoir les Ego s’entrechoquent, 

Tout commence et s’achève au rythme des saisons…

 

L’orage a beau frapper, dévaster la maison,

Toujours les mêmes jeux, la carte détestable 

Augure le désastre exposé sur la table,

Vois, la dame de pique endeuiller l’horizon…

 

Existe-t-il un lieu préservé des rumeurs,

Un modeste carré vêtu de mousse tendre

Enrobé de silence où je puisse m’étendre,

Sans plus penser, absous du monde et ses clameurs…

 

Je cherche dans le ciel une escadre d’oiseaux,

Une blanche nuée ou la trace d’un ange

Mais seul, à mes appels, répond un rire étrange,

Le démon dans mon cœur a planté ses ciseaux

 

Et mon âme d’enfant déchirée, en lambeaux,

S’époumone à rester accrochée aux balustres

De l’espoir déjugé par le souffle des rustres

Qui déportent le rêve en de sombres tombeaux…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 18:53

Lorsque l’orgueil blessé je me sens en danger,

Solitude, château de mon âme meurtrie,

Je fumige en ton sein la meurtrissure aigrie

Et je rode aux pourtours de ce monde étranger…

 

Pour mieux me protéger j’érige des remparts

Où viennent se briser d’épouvantables lames,

Le cœur régénéré par l’horizon en flammes

Je bâtis mon domaine à l’abri des regards…

 

Halluciné, je vais sur des glaces sans tain

Dans le noir dessiner les contours de cet être

Qui me mange le foie et qui me dit peut-être

Suis-je autrement que moi sous un dôme lointain…

 

  Ô ! Funeste miroir aux maints reflets trompeurs,

Toi qui seul sait combien l’obscurité me ronge

Apaise mon tourment délivre ton mensonge,

Roi d’un pays rêvé j’abroge toutes peurs…

 

Je, replié sur lui-même, apprivoise ici

L’eau trouble des étangs où, vive sous la vase,

L’intime boursouflure évidement s’évase.

Que voulez-vous, je meurs et ressuscite ainsi…    

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poetes Maudits
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