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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:44

Bois de santal, musc noir, nuées de poivres fins,

Au bout des encensoirs, s’évadent sous la voûte.    

Fumerolles au vent, tout le long de la route,

Des bâtonnets d’encens consument leurs parfums…

 

Sous un saule-pleureur ou un palétuvier,

Valses à quatre temps, du printemps à l’automne,

Sur un vieux piano oscille un métronome ;

Des oiseaux de papier s’envolent du clavier…

 

Déjà sur les pavés se posent des pluviers.

Sur les toits de la ville une cloche résonne.

Longuement sa rumeur aux fenêtres frisonne ;

Sur le haut du beffroi veillent des éperviers…

 

Une femme descend l’ancestral escalier

Et désigne du doigt la voie universelle.

Pauvres ou bien puissants s’inclinent devant elle

La terre, au soir, s’évide au pied d’un olivier…

 

Le temps sur ses rouets tisse des écheveaux.

Les moineaux se sont tus, au loin un chien aboie.

Une nouvelle étoile, au firmament, flamboie ;

Un corbillard avance aux pas lents des chevaux…  

 

Published by Philippe Lemoine - dans Je reviens d'un pays...
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:40

Silhouette éphémère, entre vie et trépas,

Un homme au regard clair chemine à la lisière

Intangible du monde. À chacun de ses pas

S’égaient derrière lui des oiseaux de poussière…

 

Nul ne sait qui il est, d’où il vient, où il va,

Simplement il est là ! Sur les rives du vide,

Il flâne bercé par la voix d’une diva

Dont nul autre que lui n’entend le chant vivide…

 

Libre de s’envoler, l’âme en apesanteur,

Il lui importe peu de mourir ou de vivre.

Appréhendant le sens du verbe fondateur,

Une douce clarté l’auréole et l’enivre…

 

Tout au bout de sa route aux limites des eaux,

Sur le sable estampée affleure une épithète

Divine, des colliers de novas en faisceaux   

Dessinent la maison du sublime architecte…

 

Au fronton de sa porte oscille une clef d’or,

Sitôt le seuil franchit, une aube spiralée

Entrouvre sa paupière et le néant s’endort ;

La clepsydre s’enroule à la voûte étoilée…

 

 

Published by Philippe Lemoine - dans Je reviens d'un pays...
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:35

Tout le long des chemins, les légendes résonnent.

Murets de pierres d’Oc, la flèche d’un clocher,

Un calvaire, une croix et les âmes frissonnent

Au souffle incandescent d’un antique bûcher…

 

Les cendres des martyrs ensemencent la terre.

Lors du prêche le soir, le thym, le romarin

Accueillent en leur sein les mots du magistère ;

La rocaille palpite au pas d’un pèlerin…

 

Empreinte digitale à nulle autre pareille,

La voix des troubadours s’emperle de blasons.

Fils tissés, retissés, de la bouche à l’oreille,

La mémoire résiste aux rondes des saisons…

 

Des cohortes de ceps verdoient l’argile sèche.

Lorsque le souvenir se voile d’organdi,

Seulement affublé d’une tunique rêche,

Une ombre déambule au soleil du Midi…

 

Inscrite dans le roc l’histoire des cathares

Étend ses ailes d’or. Parmi les oliviers,

De cimes en vallons, les cordes des cithares

Chantent aux quatre vents l’envol des éperviers…

 

 Aux limites du ciel, éblouis de lumière,

Sommeillent sur les hauteurs de fiers et vieux châteaux. 

Dans le soleil rasant, tourbillons de poussière,

Au loin un chevalier dévale les coteaux…

Published by Philippe Lemoine - dans Je reviens d'un pays...
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 23:04

Parmi les nymphéas fleurant le firmament,

Une étoile filante ondoie un pas de danse.

J’effeuille délicat, les fleurs du sentiment,

Amouraché mon cœur hésite et puis s’élance…

 

L’essence d’un parfum éclaire un encensoir,

Sous la tonnelle assise, une rose au teint pâle

Fredonne une chanson. Dans la douceur du soir,

Ma lyre se suspend à ses cheveux d’opale…

 

Vestale, la nuée embaume les buissons,

Envols de papillons en gerbes d’aubépines,

Des ailes de cristal bisent les frondaisons

Et tissent des colliers d’iris et serpentines… 

 

Capeline de soie et masque de velours,

Arlequine s’enroule aux doigts d’une comète,

Et charme d’un regard les astres troubadours

Qui aux balcons du ciel jouent de la clarinette…

Published by Philippe Lemoine - dans Je reviens d'un pays...
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 23:00

Posées sur l’horizon, empreintes digitales

Emperlées de vermeil, à pas d’oiseaux, l’été

Entoile l’aube claire et sur l’immensité,

Étoilés en faisceaux, dépose ses pétales… 

 

Le long des frondaisons, nuées de cascatelles,

En coulures de miel, caressent les chemins. 

Éparses dans l’éther, mille petites mains

Habillent les feuillus d’éphémères dentelles…

 

Comme fétus de paille, émiettés par la brise,

S’envolent lestement lors des fenaisons, 

La lumière voltige au sein des feuillaisons ;

D’un pichet de soleil la nature se grise…

 

Des rinceaux de lumière énouent les pierres grises

Et des fils indigo spiralent sous les cieux. 

Dans les vergers fleuris, elfes malicieux,

Gourmets des passereaux picorent des cerises… 

 

Coquelicot froissé tapi dans l’herbe folle,

Enivré des senteurs d’un merveilleux verger,

J’ai le cœur qui frisonne aux doigts du vent léger,

De futaies en buissons, l’abeille batifole…

Published by Philippe Lemoine - dans Intime confidence...
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 22:43

Vieux philosophe assis sur les rives du temps,

Retrouvant sans effort sa jeunesse au printemps,   

Cheveux livrés au vent l’olivier centenaire

Trône à fleur de coteaux comme un roi solitaire …

 

De grenats incarnats, les fleurs du grenadier

Flamboient la feuillaison. La vigne et l’amandier

Batifolent le long des sentes rocailleuses

Où veillent des murets de pierres argileuses…

 

Rouges mouchoirs, rubis de soie albuminés,

D’étincelants pavots voltigent chiffonnés.        

Sous un ciel bleu limpide aux doigts de porcelaine,

En bouquets emblavés, fleurit la marjolaine… 

 

Sur l’ile Saint-Martin, labyrinthe d’isbas

Marqueté de canaux, plus loin, en contrebas,

Feu-follets au pays fabuleux des licornes,

Emperlées de cristaux dansent des salicornes…

 

Le long de la saline où nichent les oiseaux,

Rêve de sable fin aux limites des eaux,

Câlinées par l’écho des brises occitanes,

Sur des chemins de sel, sommeillent des tartanes… 

 

Résonne dans mon cœur un monde immaculé

Moucheté de saphirs. Paysage exhalé

De thym, de romarin et de menthe sauvage ;

Un coin de paradis accoudé au rivage…

 

 

Published by Philippe Lemoine
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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:51

Initié par la voix de l’auguste prophète

Qui porte la parole humblement en esthète,

Je chemine pensif le long d’un corridor

Et cherche l’énoncé qui mène au nombre d’or…

 

Une empreinte de pas m’indique le passage.

Du maçon fondateur décryptant le message,

Du bout des doigts, j’effleure, un à un, les secrets

Que la pierre conserve en ces lieux consacrés…   

 

Funambule penché sur la table d’écriture,

Je vois des fils d’argent tissés par la nature.

Encensoirs ciselés dans le noble métal,

S’évadent des parfums de musc et de santal…

 

En cercle autour de moi, les filles d’Harmonie

Pastichent en chantant l’humaine comédie.

Posés sous la clé d’arc ceinte de capitels 

Simples tables de bois se dressent des autels…

 

Comme venu d’ailleurs, j’entends le magistère

D’une voix solennelle énoncer ce mystère ;

À droite un livre ouvert, sur la gauche, un godet

De terre ; entre les deux un arbre torsadé…

 

Immuable chemin de la métamorphose,

La souche et le bourgeon musardent en osmose.

Même au creux du silence, impérissable halo ;   

La vie, une et entière, émerge au fil de l’eau…

 

Depuis les temps premiers, spiralé sur lui-même, 

Tout être porte en lui les mots clefs du poème ; 

L’ignorance et la peur nourrissent nos rancœurs,

Ce que nous quémandons est inscrit dans nos cœurs… 

Published by Philippe Lemoine - dans Je reviens d'un pays...
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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:22

Dans la bibliothèque, à l’heure du goûter

S’exhalaient des parfums de menthe et d’oranger.

Tout en buvant le thé avec ma châtelaine,

Je regardais rosir son teint de porcelaine…

 

La clepsydre s’enroule aux doigts du vent léger.

Qui d’elle ou bien de moi, de l’autre est l’étranger ?

Autours des abat-jours toupillaient des phalènes.

Je chuchotais en vain de vieilles cantilènes...

 

Des nuées de coton épincent les buissons.

La neige cette nuit voltige en colimaçons.

Dans la trouble clarté des flammes, Marjolaine,   

Assise près de l’âtre, échevèle la laine…

 

Tout le long de l’hiver, en un secret verger,

Je la savais rêvée à ce charmant berger

Dont les moutons, l’été, transhument dans la plaine ;

Quant à moi je lisais quelques vers de Verlaine…

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:18

J’ai posé sur le seuil mon sac et mon manteau

Et puis je suis entré dans l’antique oratoire. 

Anges ou bien démons sculptés sur un linteau

De marbre, dès l’entrée illustrent l’histoire…

 

Sous la clé d’un arceau m’accueille un bénitier.

S’évadent des ambons l’écho de voix divines.

Diffuse, une clarté glisse au bas d’un pilier ;

La clepsydre s’enroule aux doigts des angevines…

 

Les travées de la nef convergent vers l’autel.

Modeste silhouette à coté d’une aiguière,

Une femme à genou s’adresse à l’immortel ;

Des anges bienveillants bénissent sa prière…

 

Sur la table de bois recouverte d’un linceul

De soie immaculée étincelle un ciboire

Finement ciselé. Dans un coin d’ombre, seul

Un chandelier d’argent éclaire un vieux grimoire….

 

Du livre consacré, je feuillette des yeux

L’écriture serrée. Épitres symboliques,  

L’alpha et l’oméga s’élèvent vers les cieux ;

Tout s’achève et commence en lettres prophétiques…

 

Sur des charbons ardents, de musc et de santal,

Des parfums capiteux s’évadent sous la voûte.

À fleur d’âme ou de ciel, envolées de cristal,

Lancinante, le chant d’une diva m’envoûte…  

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:14

Quand le peintre s’expose aux regards du profane,

On ne fait qu’effleurer le tissu de son âme.

Sur la pointe des pieds au cœur de ses couleurs

Musent à mots feutrés des échos de douleurs…

 

Des nuances de gris toutes en demi-teintes

Enchatonnent le ciel d’ineffables empreintes, 

Cristalline, une voix fredonne une chanson ;

La nostalgie affleure au fond de l’horizon…

 

Palette en éventail, semant des grains de sables,

L’artiste retranscrit les choses insondables.

Sa peinture est un chant. Lumières en rinceaux,

Le temps qui passe vibre au bout de ses pinceaux…  

 

Un voile de pudeur dérive sur sa toile,

Nul ne connaît vraiment sa muse, son étoile.

Courbes, lignes, dessins fleurissent son cahier ;

S’envolent déguisés des oiseaux de papier…

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